
E X P L I C A T I O N D L S P L A N C H H S D U M I N É R A L O G I E
C f t f c grande co(|uille existe en ahonJ anc e dans ia vallcc de l'Égarement, qui
traverse la cliaîne du Mo( |atam, au-dessus du Kaire, Vers le milieu de ia vallée,
est un plateau peu élevé, où les eaux se partagent pour se rendre vers l'Egypte
et vers la mer Rouge : dans cet endroi t , où sont les j)uits de Gaiidely, le sol esi
f o rme , sur une grande étendue, de sable ou de gravier jaunâtre assez fin, partie
calcaire, partie quartzeux, dans leciuel sont enve loppé e s , mais sans aucune
adhérence avec lui, ces grandes coquilles non pétrifiées et souvent bien intactes.
On trouve quelquefois les deux valves encore réunies; elles sont souvent enfoncées
presque verticalement dans ce sal>Ie. L'intérieur des coquilles a conservé
encore son tissu organique et son aspect nacré. De petits coquillages non pétrifiés
j sont adliérens, principalement des vers à tu) au, de petites huîtres, et
quelquefois des balanes.
P L A N C H F , 1 2 .
ARABIE F É T R É E
( V A L I . É K D E PHARAN, M O N T HORE 1 Ì ) .
I (). Roches porphyr'iques. — lo. Roche de filon.
Fie. I. SlNAITE-PORPHrRE.
L e feldspath de couleur brune qui fonne sa base, est presque compa c te, et laisse
voir seulement une disposition confuse en lames rhomboïdales. Les cristaux, bien
prononcés , sont blancs : leur forme générale est le rhombe tronqué sur ses deux
angles aigus ; ce qui leur fait prendre la forme d'un hexagone compr imé. De s
lames d'un rouge pâle et d'un tissu moins cristallin que les précédens forment
la nuance entre c e u x - c i et le fond. L'amj)]iibole est répandu dans toute la
masse en petits cristaux noirs, lamelleux : quelquefois réunis en certaine (juantité,
ils forment des taches noires, dans lesquelles se distinguent des écailles de mica.
De s roches analogues existent aux environs du mont Hor eb et dans la chaîne
de montagnes qui est au nord de T o r . Celles qui forment la base du mont Sinai
n'en diffèrent que par la couleur du feldspath, qui est d'un rouge de brique.
f'g- 2. T t P H R O P H Y R L .
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Base d'eurite de couleur cendrée, nuancée de brun, et petits cristaux de feldspath
blanc rosé distribués par groupes assez rares. L e nom de tcj'/irite ( dérivé
de cendre, ou de ret^i, cendre), propos é par Laméther ie pour les bases
de couleur gr i se, donne , en suivant l'analogie des autres dénominat ions de ce
genre de roche , le nom de léphrophyre, qui équivaut ù cette périphrase, porphyre
à base de couleur de cendre. On pourroit peut-être trouver un nom plus
A P P E N D I C E A U M É M O I R E P R É C É D E N T . 7 ' i
leureux; mais il importe de maintenir au moins la distinction qu'établiroit cette
dénominat ion.
Ftg. KÉRATITE l'ORI>HYROÏDE.
Sa base, plus siliceuse que l'eurite proj)rement di t , est d'un violet foncé. L e s
cristaux épars sont , les uns, du quartz; les autres, une matière d'un vert sombre,
assez tendre, montrant quelque tendance à la forme hexagonale : probablement
c'est une variété de mica mêlée de parties talqueuses. On n'y volt point de
cristaux de feldspath.
Cet te roche , ainsi (jue la pr é c édent e , viennent de la chaîne primitive qui
s'étend au sud de T o r , à peu de distance de la mer.
DIABASE l'ORPHYRlQUE.
On rencontre des montagnes presque entièrement formées de cette ma t ière,
à une journée de marche au nord du mont Sinai. L e s cristaux de feldspath y deviennent
souvent fort rares, ou manquent tout-à-fait. L a couleur ordinaire de la
masse est le vert grisâtre, qui passe quelquefois au vert obscur : elle renferme
de la pyrite disséminée, et quelquefois en assez grandes masses.
Nota. La teinte trop grise de ce morceau est une méprise faite dans l'iinjiressioa;
les diverses couleurs de tous les autres échantilions de cette planche soni très-justes.
Fig. CHLOROl'HÏKE.
L e nom t^Lophite donné à la belle roche à fond vert et à grands cristaux verdàtres,
travaillée par les anciens, devroit être réservé à cette seule mat ière: l'étendre
indistinctement à toutes les roches porphyriques à fond vert ou verdàt re, seroit
s'ôter le moyen de désigner avec précision la roche ant ique, sans aucun avantage.
L e n om de cldorophyre me semble plus propre à recevoir cette extension
et à désigner en général toutes les roches porph) r iques à base de couleur verte.
Fig. (T. OPHITE.
Cet te mat ière, sans être identique avec celle qui a été travaillée par les anciens ,
s'en rapproche assez pour qu'on puisse lui appliquer le même nom. L a disposition,
la forme et le ton de couleur des cristaux de feldspath sont presque semblables;
mais ils sont moins grands. Sa base, ([ul est de même nature que celle de l'ophite,
renferme c omme elle, ainsi que la variété précédente, de ¡jetits cristaux d'amphibole
d'un noir luisant. Ces roches viennent de ia vallée de Pharan, à deux
journées au nord de T o r .
Fig. J . lOPHYRE.
Base violette tirant sur la couleur chocolat. Entre les cristaux de feldspath fort
nombreux, tantôt isolés, tantôt g roupé s , et qui participent de la couleur du
f ond, on voit une grande (juantité de petits cristaux d'amphibole ; la pâte est
une espèce de cornéenne.
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