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6 8 2 C O N S T I T U T I O N P H Y S I Q U E DE L É G Y l ' T Ï .
amère, cjue celie de l'Océan et celle de la Méditerranée. Ces différences, comme
faits géologiques, seroient des choses, je crois, trcs-intéressantes à constater. Nous
manquons de bonnes analyses des eaux de la mer , prises dans des localités variées
et bien déterminées. Ces analyses devvoient être multipliées, dans chaque contrée,
sur diverses côtes et à de grandes distances en mer, comme aussi à de grandes profondeurs;
et peut-éti-e ne seroit-ce pas une entreprise indigne de nos premiers chimistes,
de commencer ce travail et de donner au public, outre leur exemple, les
méthodes les plus sûres et les plus promptes pour obtenir un grand nombre de résultats
comparat i f ( i ). Les voyageurs s'empresseroient de seconder les cfibrts des
physiciens : ils recueilleroient dans les mers éloignées et vers les côtes peu fréquentées
les sels que les eaux tiennent en dissolution, à des distances, des profondeurs
connues, et avec les précautions qui leur seroient indiquées. Bientôt les différences
qui seroient constatées, et les rapprochemens auxquels ces faits donncroient lieu,
conduiroientàdes considérations importantes pour la géologie et la phvsique géné
raie. J'ose assurer que le muriate de soude joue dans la nature et dans les faits généraux
de la météorologie et de l'hydrographie un ])lus grand rôle qu'on ne se le
persuade communément et qu'il n'est possible même de le soupçonner dans nos
climats humides et tempérés, mais qui devient plus sensible sous le ciel ardent de
l'Afrique, où règne une sécheresse habituelle, où l'influence de certains phénomènes
naturels s'exerce sans être jamais troublée, et produit des effets sensibles,
en s'accumulant, pour ainsi dire, sans terme.
Nous nous proposons de réunir ces faits dans une notice particulière où seront
rassemblées nos observations sur les différens gisemens du sel gemme dans les déserts
qui environnent l'Egypte, et les circonstances géologiques des lacs salins dont cette
contrée abonde. Il convient peut-être à un voyageur de faire de ces sortes de rapprochemens
et de présenter en même temps les vues qu'ils lui ont suggérées, afin
de les soumettre au jugement des personnes plus éclairées, qui démêleront ce
qu'elles peuvent renfermer d'utile, et jugeront des changemens qui doivent ré
sulter dans les mers par l'effet non interrompu de la décomposition du muriate
de soude.
La p/ésence des muriates terreux dans certaines eaux minérales, et même celle
du sulfate de soude dans beaucoup d'autres, doivent être attribuées sans doute aussi
à la même cause, à l'action plus ou moins lente, mais toujours efficace, du car
bonate de chaux en poudre sur les dissolutions de muríate de soude.
(1) Nous devons fair« remarquer que cet écrit, rédigé très-anciennement, a été livré à l'impression en 1818.
E X P L I C A T I O N D E S P L A N C H E S
DE MINÉRALOGIE,
PAU M. DE R O Z I È R E ,
I N G É N I E U R KN C H E F D E S M I N E S ;
A P P E N D I C E AU M É M O I R E P R É C É D E N T .
OBSERVATION.
COMME plusieurs localités des environs de l'Égypte qui ont été visitées
dans le cours de l'expédition Française, ne se trouvent pas décrites d'une
manière spéciale dans les Mémoi res de minéralogie, je donnerai , pour suppléer
.1 ces omissions, quelques détails sur ces localités, en parlant des roches
qui en proviennent et qui ont été gravées. Par ce mo y e n , cette explication
des planches formera le complément des IVIémoires déjà publiés sur la minéralogie,
et principalement de celui qui a pour titre, de la Consiiiution physique
de l'Egypte: c'est ce qui m'a déterminé à le joindre à ce dernier écrit sous
le titre ^Appendice.
P L A N C H E I.
SYÈNE ET LES CATARAC TES .
I , 2, 3 , 4 et 7. Variétés du Granit Oriental ou Syénit des Andens.
— 5 , 6, 8, Diverses Roches primitives.
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Fig. J. S Y É N I T R O S E C O M M U N .
Cette roche, connue sous le nom ¿tgravit rouge Orientai, est la plus abondante
à Sycne, aux environs de la cataracte et au-delà, en remontant le cours du Nil :
elle formi- la base principale du terrain primitif, dans une largeur d'environ un
mille sur la rive droite du fleuve, et dans la plupart des îles dont son cours est
embarrassé dans cette région. Aucune n'a fourni plus de monumens à la sculpture;
la plupart des statues colossales, tous les grands obélisques qui existent encore
à Thèbes, à Alexandrie, sur les ruines d'Héliopolis, et ceux qui ont été transportés
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