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j 0 4 DE LA C O N S T I T U T I O N P H Y S I Q U F .
ct'une question aussi importante pour les antiquités de l'Orient ; c'est ce qui m'engage
à entrer dans de plus grands dcveioppemens.
§. IH.
Division du Degré céleste en yio stades.
DE même que l'année partagée en 12 mois se divisoit en 7 2 0 révolutions
de 12 heures, et chaque révolution, en 7 2 0 minutes; de même le ciel, c'est-àdire
1 ecliptique, partagé d'abord en i 2 signes, ctoit ensuite divisé en 7 2 0 parties
ou diamètres du soleil; et chaque diamètre, divisé en 12 doigts, comme c'est
encore l'usage parmi les astronomes, se divisoit également en 7 2 0 parties ou stades
célestes, d'une minute chacun : mais, comme les notions sur l'Orient transmises
par les Grecs ont été accommodées à l'usage de partager en 360 degrés la
circonférence du ciel, on a compté dans le cercle deux divisions pour une ; les
stades célestes ont été portés à la 720.® partie du degré de 3 6 0 , ou à deux minutes,
comme on le voit dans Manilius, dont le témoignage est Lien positif et
mérite d'être pesé :
Nuik a g e , quot stadîis et q u a n t o t emp o r e surgant
Sidera, q u o i q u e c a d a n t , a n imo cognos c e sagaci.
Marc. Manil. Astron. lib. I i i , v. 274, edit. Paris. 1786.
Hxc erit horarum ratio ducenda pe r orbem ;
Sidera ut in stadiis oriantur q u i q u e , c adantque.
Qu« scptingtnta in numeris vicinague ciim sint... ( 1 ).
Ibid. V.4-J.
<lc la mer Rouge; puis les Mémoires déposés à i'Institul,
principalement la partie qui traite de la division du
temps dans l'Orient, et de la conformité de cette division
avec celle de l'espace, c'est-à-dire, des cercles
qui forment l'orbiie de ia terre et sa circonférence:
de cette dernière division sont déduites les mesures de
l'Orient, principalement les mesures Égyptiennes, dont
Héron a présenté un très-grand nombre, toutes parfaitemem
exactes. C'est ce principe de l'identité des primitives
divisions que je regarde comme l'une des bases des
connoissances positives que nous pouvons retrouver touchant
les anciens usages scientifiques de l'Orient.
A'. B. Les premiers chapitres du présent Mémoire ont
été imprimés au commencement de 1817.
( i ) « Sachez combien chaque signe a de stades, et
» combien de temps il emploie à se lever et à se coucher. »
<• Cette méthode du calcul des heures est universelle,
» et ¿oit s'appliquer aussi au calcul des stades que chaque
» signe parcourt en se levant et en se couchant. Les stades
»>dans le cercle soni au nombre de 72O. ••
Le traducteur ajoute cette note ; « Stade, dans la
»doctrine de Manilius, est un arc de l'éclipiique, qui
«j emploie deux minutes de temps à monter au-dessus dt
»l'horizon ou à descendre au-dessous.»
L'arc double ou la 360.« partie du cercle répond donc
à quatre minutes de temps. Cet arc renfermeroit deur
diamètres du soleil ou 24 doigts : il scroit donc représenit
par la coudée; c'est sur ce principe qu'étoit construit
en effet le fameux cercle d'or d'Osymandyas, cité par
Dioiiore. 11 est dit même que ce cercle, qui servoit aui
observations des prêtres de Th è b e s , étoit pariagi «n
36? parties ; c'est une circonstance qui n'est pas aussi
isolée qu'on pourroit le penser. Dans quelques pays it
l'Asie, sur-tout à la Chine , le cercle de l'écliptique st
divise encore en 36J degrés.
Nous reviendrons sur ce point, d'une application iresétendue
dans la métrologie; mais on conçoit que cent
question, et beaucoup d'autres de cette nature, sont trop
délicaies pour qu'il soit possible de les traiter d'ans
manière satisfaisante avant d'avoir établi solidemeni ie
système commun, fondé sur la division en 360 pariit'i
du cercle et du di-gré.
D E L ' É G Y P T E . m . ' PARTIE.
i V .
Division du Degré terrestre en y20 stades.
CHACUN des cercles de la terre, dans ce système astronomique, ctoit divisé
nécessairement comme l'écliptique. Chaque partie correspondoit à une division de
l'orbe céleste; les astronomes d'Alexandrie qui eurent des communications avec
laChaldce, portèrent à 720 parties le degré de 360.
On s'est persuade qu'Eratosihène et Hipparque partageoient toute espèce de degrés
en 700 parties ou stades. Cette opinion, quoique fort accréditée, n'est pas
exacte : l'un et l'autre n'ont jamais partagé le degré de l'équateur ou de l'cclip-
[i(|ue autrement qu'en 7 2 0 stades ; je puis citer à cet égard le témoignage de
Marcien d'fîéraclée. Ératosthène, dit-il, partageoit le plus grand cercle de la terre
(tuV /xiyi-^t •mfiipifiia.i, ce qui ne peut s'entendre que de l'équateur ou de l'écliptique)
en 259,200 stades. C'est Lien 7 2 0 stades par degré. Voici le passage de
Marcien :
'E^^idiôii'^i f^^^ ^ Kofuivctioi TTjv ¡u.eyiçvy mpi^epeiav ttjç ¿.miTT'f yvi eTvctf Aéya
çaiioti fivf. 3u' Kct} 9 (T. ëm Si Keif 0 Aiovtitne« 0 Tto A(o>ivifi âva.^/ieTÇ«xiv.
Eratosthenes quidein Cyrenoeiis dicit maximum totius terroe cognitoe circuitum esse
stadioinm 2^^,200. Similiter autcm et Dionysius Diogenisfdius dimensus est (il.
Suivant ce passage, d'autres auteurs encore comptoient 7 2 0 stades au degré,
ou 259,200 stades dans le plus grand des cercles de la terre ; c'étoit aussi ie
compte d'un certain Dionysius, auteur fort ancien.
Si quelquefois Ératosthène a évalué la circonférence du globe à 252,000
stades, ou seulement à 2 5 0 , 0 0 0 , c'est qu'alors il s'agissoit du méridien : cela est
évident, puisque l'arc compris entre Syène et Alexandrie en étoit la 50. ' partie;
notion qui, pour le dire en passant, vcnoit des prêtres Égyptiens, et qu'Ératosthène
a mal appliquée, comme bien d'autres choses qu'il a empruntées d'eux. La
50.' partie du méridien n'est pas l'arc de Syène à Alexandrie, mais bien l'arc de
Syène au parallèle de Canope , qui est rigoureusement de 7 degrés 12 minutes,
ou 129 y schcenes, comme le disoient les prêtres Egyptiens au plus ancien des
voyâgein-s Grecs.
On verra, dans la section II, qu'il est impossible que les anciens Égyptiens
aient choisi un autre point que Canope pour limite septentrionale du pays. Quiconque
connoît l'ancienne Égypte et y réfléchira, le reconnoîtra bientôt. Ce
point une fois admis, toutes les questions sur les mesures Égyptiennes sont faciles
à résoudre, f 29 ~ schcenes font, suivant les prêtres Égyptiens, la 50.' partie
du cercle; donc le schoene est de 18 au degré : tout le reste peut se déduire de là,
grandes et petites mesures.
On sait qu'Hipparque reprenoit Ératosthène de ne compter que 252,000 stades
à la circonférence de la terre. Pline rapporte son opinion d'une manière qui a
paru on ne peut pas plus obscure : «Hippa rque, dit-il, ajoutoit près de 25,000 stades
(i) Geogr. min. tnm. i, pag. 6.
H N. TOMF. II. S s s i
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