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plus, cl ([uclquefoissur les localités (|ui les renfcrinent. Ces rcnseignemens <iispenseront
de recourir aussi souvent au texte de l'ouvrage, et diminueront les détails
descriptifs des roches, qui, trop multipliés, rendent les textes presque illisibles.
Ils abrégeront donc d'autant la description minéralogique de TÉgypte, dont ils
font d'ailleurs la partie principale, et, ainsi séparés, ils permettront de se livrer
d'une manière plus suivie, dans les autres parties du texte, au développement des
considérations générales et des questions relatives à l'emploi des matières minérales
dans les ans et les monumens de l'antiquité.
En présentant quelques observations sur la nomenclature des roches et ha
sardant quelques dénominations nouvelles, j'ai eu pour objet d'appeler fatten
tion sur deux ou trois principes qui m'ont semblé importans. On peut rejeter
ou modifier ces dénominations, les principes n'en subsisteront pas moins; et les
applications plus heureuses qu'on en feroit, auroient, je crois, une influence utile
sur cette partie de la science. J'ai insisté sur l'avantage d'avoir pour toutes les
roches tie même contexture une terminaison semblable, en réservant la première
pai tie du mot pour exprimer la nature ou la composition de chacune; principe
qui, sans avoir été indiqué par aucun naturaliste, n'a pas toutefois été méconnu
entièrement dans la pratique, et que je regarde comme la meillem-e base d'une
nomenclature géognostique. J'ai voulu faire sentir aussi que la précision ne peut
résulter de l'application des mêmes dénominations à des séries de roches trop étendues;
que les distinctions établies par des épithètes entre les substances variées et
difliciles à définir qui composent ces séries, ne sauroieni être aussi fixes qu'il conviendroit
pour bien s'entendre; que non-seulement elles sont d'un usage incommode
et à la longue très-fastidieux, mais qu'en outre, formant déjà des espèces de
phrases descriptives, elles font perdre un avantage important, celui de pouvoir,
dans bien des cas, distinguer les variétés nombreuses qu'offre chaque espèce de
roches, à moins de compliquer ces phrases indicatives, au point d'en faire des
descriptions très-alongées et d'un usage tout-à-fait impraticable dans le discours :
'de là résulte donc la nécessité de multiplier les dénominations spéciales et d'en
restreindre beaucoup davantage l'application ; c'est ce que j'ai essaye de faire
quehjuefois. Ces principes, et quelques autres que j'ai seulement indiqués, auroient
besoin, pour être mis dans une évidence plus grande, de développemens que ne
comporte pas la nature de ce travail. Ils auroient peut-être été déplacés dans un
ouvrage qui, malgré son étendue, ne doit présenter, avec de grands détails, que
des faits et des considérations qui concernent spécialement l'Egypte. Cependant
on trouvera, dans les autres parties de la Description minéralogique de l'Egypte,
quelques observations sur ce sujet. Les réflexions du lecteur suppléeront à ce
que nous n'avons pu développer, et nous aurons peut-être l'occasion de présenter
ailleurs nos vues avec plus d'étendue.
Toutes ces planches ont été destinées à être coloriées : l'impression en
noir ne sauroit remplir, à l'égard des roches, l'objet (¡u'on avoit en vue. Les
fossiles et les pierres figurées peuvent seuls se passer du secours des couleurs.
Comme l'aspect des roches est une chose absolument indéfinissable par le
discours; si l'on avoit une collection complete de roches gravées et coloriées,
les voyageurs trouveroient une facilite plus grande pour faire reconnoitre celles
qu'ils viendront à observer ; il sufliroit d'indiquer les figures gravées auxquelles
elles se rapj)ortent le mieux. La collection publiée dans la Description de l'Egypte,
purement locale, est loin d'être suffisante pour cela; mais la partie la plus difficile
est faite. Il reste à faire connoître, de la jnême manière, d'abord les roches
tirées des autres contrées, (¡ui ont été omjiloyées par les anciens dans les arts et
dans la construcdon ; on y joindroit par suite celles que les modernes ont fait
servir à des usages semblables, et enfin celles qui, n'ayant point été employées
jusqu'ici, présentent quelque jnotif d'intérêt pour la géologie. Le succès de
l'exécution étant maintenant assuré, les tàtonnemens épuisés, les méthodes trouvées,
et plusieurs artistes exercés à ce genre de travail, cette entreprise ne seroit
pas fort dispendieuse; elle mériteroit peut-être d'attirer l'attention des gouvernemens
jaloux de développer une branche de l'histoire naturelle qui a des rapports
avec les moyens de consacrer par des monumens durables les souvenirs intéressans
pour les nations et pour la civilisation.
Je ne terminerai pas ces observations sans rendre hommage à plusieurs personnes
qui ont coopéré à l'exécution de ce travail.
J'ai eu occasion de citer plusieurs fois l'un de mes collègues, M. Jomard, qui,
ayant recueilli diverses collections d'objets d'histoire naturelle, m'a laissé choisir
plusieurs exemplaires de fossiles plus caractérisés que ceux que je possédois, ou
dont j'avois perdu les analogues dans les evénemens de notre retraite d'Égypte.
J'ajouterai qu'outre les soins assidus qu'il a donné s , comme commissaire du
Gouvernement, à l'exécution de toutes les parties de l'ouvrage, il a bien voulu,
toutes les fois que j'ai été absent de Paris, se charger de revoir l'impression des
planches coloriées, qui exrgeoit une attention toute particulière ; et c'est à son
amitié et à ses soins éclairés que j'ai été redevable de la bonne exécution de
plusieurs planches importantes ( i ).
(i)La plus grande panie des dessins ont été faits par
M. Cloquet, ancien professeur de dessin à l'école royale
des mines, et les autres par MM. Ringuet et Araédée.
Chaque planche porte le nom des graveurs qui l'ont
exécutée; mais une révision de la plupart des planches a
été faite avec beaucoup de soin j)ar l'un d'eux, M. Allais.
On a employé souvent dans la même roche les différens
genres de gravures, la taille, le pointillé et la
pointe scxhe , le même genre ne pouvant suffire pour
bien exprimer la nature si diverse des surfaces qu'on
avoit à rendre. Quant à l'impression en couleur, on a
reconnu que la précision des détails ne pou voit s'accorder
avec le procédé de plusieurs planches; on n'en a employé
qu'une seule pour les objets mêmes dont les nuances
sont le plus diversifiées : chaque morceau, déjà imprimé
avec ses principales couleurs, a été ensuite retouché au
pinceau , suivant la méthode pratiquée par M. Redouté
l'aîné dans ses grands ouvrages de plantes coloriées.