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660 DE LA C O N S T I T U T I O N PHYS IQUE
de minéralogie I'atiesient assez, Né anmoins, c omme ces bois, bien (ju'assez abonclans,
n'existent pas indistinctement dans toutes les parties du désert, il est trèsfacile
qu'un voyageur fasse le trajet du Kaire à Suez sans en remarquer. Sur cinq
traversées que j'ai faites, je n'en ai rencontré que deux fois, et une seule fois en
très-grande quantité.
CHAPITRE VI.
Obsery(liions sur quelques autres sortes de Brèches cm-ployées par les Anciens.
PARMI ces notions sur les brèches et les poudingues de l'Egypte, je n'ai pas
parle de cette brèche universelle de Qoç eyr , si admirée pour la diversité infinie
des fragmens de roches primitives qu'elle enve loppe , dont l'éclat et la variété
des couleurs tranchent si heureusement sur les belles nuances vertes de son fond,
et n o n moins admirable pour les difficultés vaincues dans le travail des blocs de cette
matière, parce que cette brèche a été décrite dans un Mémoi r e spécial sur la
vallée de Qoç eyr ( i ) ; mais je crois devoir rappeler ici que les circonstances de
son gisement aussi-bien que la nature de sa p;îte, qui la rattachent d'une manière
évidente aux roches primitives et de transition, obligent, malgré les fragmens
roulés qu'elle r e n f e rme , de la rapporter aux derniers temps de leur "formation,
montrant ainsi que les causes créatrices qui ont formé les terrains pr imi t i f s,
continuoient d'agir encore sur quelques points du globe à l'époque où , sur
d'autres points plus élevés, déjà s'exerçoient les agens de dégradation qui travaillent
à les détruire.
Par toutes les circonstances de leur gisement, les différentes brèches siliceuses
dont j'ai parié se r appor t ent avec évidence aux dernières catastrophes qui ont
imprimé à nos continens leur forme et leur état actuel : voilà donc dans cette
contrée les termes extrêmes ( quant aux époques ) du produit de ces causes
puissantes et encore peu connues qui ont d o n n é naissance aux grands terrains
de poudingue.
Outre les brèches et poudingues ci-dessus décrits, il est presque certain que les
Égyptiens en ont employé d'autres espèces que nous ne connoissons plus aujourd'hui
: ce qui me le persuade , c'est la multitude d'agates oviformes ou en
cailloux un peu aplatis, répandues sur le sol des anciennes villes de la Théba ïdc ,
et qui ne sont point cependant des cailloux roulés, c omme on pourroi t le croire
d'abord à leurs formes et à leur apparence extérieure. Un e partie de ces pierre.';
appartient à la variété connue sous le n om ¿'dgatc Orientale (a).
D'autres, en plus petit nombr e , ne diffèrent de la cornaline que par une transparence
plus grande et une couleur plus délayée, qui tire davantage aussi sur la
(1) Description minéralogtque de !a vallée de Qoçeyr,
H. N. torn. Il, pag. Sj. Voyez aussi la ff.' planche des
gravures de minéralogie.
(2) Elles sont à zones concentriques , blanches et
grises, fort peu distinctes. Elles alternent quelquefois
g
?s zones couleur de rose, ou d'un gris pins foncé;
transparence esl plus ou moins troubk'c par une
: interposée qui leur donne un aspect plus ou
nuageux , caractère assez ordinaire de l'agate
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teinte violette du grenat. Les belles agates sont rares dans les deux variétés (1);
le plus grand nombre a une pute grossière , et se rapproche des silex argileux.
Tous ces cailloux, qui ont des rapports entre eux, paroissent avoir une même
origine ; et, comme ils n'ont pu être transportés sur le sol assez élevé des anciennes
villes par aucune cause naturelle, que nous les retrouvons spécialement
sur les buttes de décombres les plus hautes et formées de débris des monumen s
antiques, quelquefois même dans les îles du Nil qui renfermoient des villes
Égyptiennes et de grands édifices, telles que l'île de Philoe, et sur-tout fîle
d'Eléphantine , où elles sont semées en quantité très-considérable sur l'espace
jadis occupé par la ville Égyptienne, on ne sauroit guère expliquer leur présence
qu'en la rapportant à des blocs de poudingue anciennement employés par
les Ég\pticns pour la décoration de leurs édifices, mais qui, moins solides que
les précédens, et désagrégés par l'effet du temps et de l'influence atmosphérique,
auroient laisse isolés sur le sol les agates et les silex qu'ils renfermoient. Ce t t e
espèce de poudingue a dû être employée en quantité considérable, à en juger par
l'abondance de ces cailloux ; car ce n'est que la plus petite quantité que nous
voyons éparse aujourd'hui sur le sol ; la majeure partie doit être enfoncée sous
les décombres et les couches de graviers qui recouvrent l'emplacement de ces
ruines. A Karnak, sur la rive droite du Nil, où les agates sont plus abondantes
que par-tout ailleurs, on voit aussi une multitude de grains de quartz de moyenne
grosseur, tout-à-fait étrangers au sol envi ronnant , et qui semblent bien aussi provenir
de la décomposition des poudingues,
On pourroit soupçonner que ces agates, soit qu'elles proviennent ou n o n
de la décomposition d'un poudingue, ont eu primitivement leur origine dans
des roches volcaniques, telles que le basalte dé compos é , où se sont formées les
célèbres agates d'Oberstein ; mais cette opinion , o u , pour mieux di r e , cette conjecture,
est sujette à plusieurs difficultés. Les matières volcaniques de transport ne
manquent pas en Égypte; nous le ferons voir dans un écrit particulier : mais nous
n'avons, dans toutes nos courses, rien découvert qui nous autorise à adme t t r e ,
même c omme probable, l'existence d'anciens volcans dans le voisinage de cette
contrée, ni dans toute l'Arabie pé t r é e ; nous savons qu'il en existe sur la côte
occidentale de la me r Rouge , vers le t ropique , dans les déserts habités par les
Arabes Bicharyeh, qui apportent quelquefois à Syène des fragmens volcaniques,
et particulièrement des morceaux d'obsidienne. Jl existe aussi dans l'intérieur
de la Libye, à plusieurs journées de marche de l'Égypte, des montagnes basaltiques,
d'où l'on a tiré peut-être ces grands blocs de basalte qu'on voit encore
sur l'emplacement des p) r amidc s ; mais cette matière, très-solide , t r è s - d u r e ,
diffère beaucoup des roches qui peuvent servir de matrice aux agates. De plus,
ces cailloux, ([uoique formés souvent de couches concentriques, comme les
( I ) Une circonsiance assez singulière dans ces ag;
agates rouges portent quelquefois à leu
c'est que leur croûte grise et altérée peut-être par 1
ou deux figures irès-profondémenr gravées
lion de la matière qui les renfermoit est empre
hlables à une croix de Milte, fait dont la
d'une muliitude de peiiies marques demi - circulai
difficile à expliquer.
qui figurent assez bien des écailles de poisson.
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