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4 6 R E P R É S E N T A T I O N DE S R O C H E S DE L ' ÉGYP T E
sous tous les rapports. L'ainpliibole y est assez r a r e : le mi c a , au cont r a i r e , fort
abondant, s'y présente dans des états variés, et il est vraiment essentiel i sa composition;
le q u a r t z , quoique moins a b o n d a n t , y manqu e r a r ement ; le feldspath s'y
montre toujour s en cristaux très-nets, très-grands et très-bien f o rmé s ; la roche a
entièrement la contexture granitique, et nullemeijt celle des syénites de M. We r n e r :
e t ce qu'il faut sur-tout cons idé r e r , c'est que son gisement n'est pas du tout le
même; elle n'appartient point à la forma t ion porphyr i t ique : on ne r encont r e
même aucun porphyr e dans les environs de Syène ni dans les déserts voisins,
mais, c omme on pour ra le voir dans les planches de miné r a logi e, une mul t i tude
de granits à petits grains, des granits veinés, des gneiss, des roches feldspathiques
semées de gr ena t , et toute s espèces de roches étrangères à la forma t ion porphyritique
(1).
On voit par-là c omme n t les mo n umc ns peuvent induire en e r r e u r , parce que
la même r o c h e s'y présente sous divers é t a t s , et qu'un accident peut être ¡¡ris
pour sa manière d'être cons t ant e ; a jo u to ns que d'ailleurs on ne connoissoit nullement
jusqu'ici le gisement des roches antiques. On voit aussi qu'il faut avoir
recours à d'autres moyens p o u r é t a b l i r , d'une manière c e r t a ine , de nouvelles
idées sur la nomenc l a tur e des roches.
C e n'est pas que je me propos e d'entrer dans de t r ès -gr ands détails sur la
nomenclature des r o c h e s ; ce travail s'écarteroit t rop du but de n o t r e ouvr age ;
j e me bornerai à ce qui sera indispensable; mais d'autres, plus capables que mo i
d'ailleurs de remplir cette t â c h e , l ' ent r epr endront p e u t - ê t r e , et ils p o u r r o n t
trouver p o u r cela quelques secours dans une collection de roches assez n ombreuses
, d o n t les figures sont représentées avec t o u t e la fidélité possible ; not r e
collection leur offrira quelques-uns de ces points qu'il faut choisir par convent ion
pour en faire les tipes des dénomina t ions et y rap])orter les roches intermédiaires.
Ces mêmes figures répandues dans les .liverses contrées de l 'Europe , p o u r r o n t
ê t r e consultées par tous les naturalistes; et les exemplaires en étant tous parfaitement
conforme s ent r e eux et accompagnés d'indications précises, suppléeront
jusqu'à un certain point aux collections des roches elles-mêmes, qu'il seroit impossible
de multiplier a u t a n t , et peut-être de choisir de manière qu'elles fussent toutes
parfaitement semblables.
Nous venons d'exposer quelle pouvoi r ê t r e , par rapjiort à la géologie , l'utilité
de la représentation des miné r aux; nous avons indiqué également l'intérêt qui
pouvoit en résulter, à ne les envisager que sous leurs rapports avec la connoissance
de l'Égj'ptc , de ses moni imens et de certains iàits historiques ; et nous avons
fait sentir la convenanc e particulière que l'ouvrage sur l'Egypte ofl'roit p o u r une
( ! ) J epuî s invoque r , à l'appui de ce que je dis. plusieurs
témoignages qui ne seront pas suspects. ¡Vl.de Humb o l d t ,
si célèbre par ses travaux et par les connoissances minéralogiques
qu'il a recueillies à Frayborg, a examiné avec
attention les diverses roches prises à Syène ; il a reconnu
qu'elles appartenoient à on système de montagnes tout-àiaildliTércnt
de celui qui renferme les syénites de Werner.
M, Daubui s son, ingénieur des mines, dont le zèle pour
la doctrine de M. Werner est bien c o n n u , et qui d'ailleurs
a composé, d'après les leçons et sous les yeux de ce professeur,
un Tr a i t é des roches, dont un extrait est inséré
dans l'ouvrage de Brochant, a partagé la même opinion,
et m'a autorisé à le déclarer.
PAR LA G R A V U R E . 4/
telle entreprise. T o u t cela suppose que cette représentation aura été exécutée
avec un certain degré de précision. Ce sont les gravures que nous pr é s entons ,
qui peuvent mettre à por t é e de juger si cette condition est remplie.
Sans dout e ce genre de figures n'offre pas à l'inspection le même intérêt que
celui des figures d'animaux, de pl ant e s , de coquillages et de be aucoup d'autres
objets qui peuvent plaire à la vue par leurs forme s , et d o n t il suffiroit souvent
de tracer les contours extérieurs p o u r en donne r une idée assez nette : mais il ne
(àut pas oublier que les gravures offertes par nous , ne sont qu'un mo y e n auxiliaire
pour faire eonnoître les objets représentés; que leur principal objet est, c omme
dans les plans et quelques autres genres de de.ssins, de suppléer à l'insuffisance du
discours, et de fixer dans la mémoi r e les idées que l'on se sera faites en lisant les
descriptions ; que souvent même on n'a eu en vue que de rendre quelques circonstances
importantes à r ema rque r , et sur lesquelles on appellera particulièrement
l'attention du lecteur dans les descriptions qui a c c omp a g n e r o n t chaque
roche.
Du reste , on se convaincra, je crois, en examinant les pl anche s, que l'exécution
de cet ouvr age , eu égard aux difficultés qu'il présentoir , n'est pas inférieur
à ce qui a été exécuté jusqu'ici avec le plus de précision dans tout e aut r e partie
de l'histoire naturelle.
Les imperfections que peuvent renfermer les gravures, seront d'ailleurs scrupuleusement
indiquées.
Au fond , voici à quoi tiennent les difficultés que nous venons de r ema rque r ,
et comment on peut les surmonter.
La première chose à r e n d r e , dans les roches compos é e s , est la nature de leurs
divers élémens ; et le discours, j'en conviens , remplit très-bien ce premier o b j e t ,
beaucoup mieux même que la représentation par la peinture ou par la gravure :
mais les proportions de ces élémens ne peuvent être exprimées, par le discours,
d'une manière précise; et la peinture le fait très-bien, dès que l'on a l evé , par
une indication é c r i t e , les incertitudes qui peuvent exister à cause de l'analogie
d'aspect qu'ont certaines matières.
La forme particulière et le volume de chacun des élémens ne peuvent être rendus
d'une manière détaillée qu'en les figurant tous ; il y a d'ailleurs, dans la structure
des roche s , une infinité de circonstances curieuses qu'on n'est pas même condui t
à observer, lorsque l'on se borne à des descriptions ; et il seroit imposible de les
rendre, à moins il'entrer dans une mul t i tude de détails qui deviendroient trèsfastidieux,
inconvénient qui n'existe point dans la r epr é s ent a t ion, parce qu'en
examinant un dessin, on est toujour s le maître de borne r son a t t ent ion aux circonstances
qui peuvent intéresser pour l'instant.
Comment r e n d r e , sans le secours de la jieinture , les couleurs et jusqu'aux
nuances différentes qu'olFrent souvent les divers cristaux de même espèce î Ce l a
n'est jamais indifférent par r appor t aux a r t s , et ne l'est pas toujour s en géologie.
Les accidens particuliers que présente chacun des é l émens , ne peuvent être
rendus, par des paroles, avec quelques détails; mais rien de plus facile par le dessin.