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La surface du fleuve se t rouvoi i , le 17 prairial [ 5 juin ], à p" , ! 27 au-dessous de
l'arête supérieure de sa berge ; ce qui s'accorde assez avec l'observaiion que nous
avions faite à Syout.
A cinq cent sept mètres de distance du Ni l , on creusa un premier puits dans
lequel on trouva une couche de limon de 2",7 d'épaisseur, reposant sur un banc
de sable gris, où l'on s'enfonça de 4'">729 avant d'être arrêté par l'eau , qui parut
à cette profondeur.
Un second puits fut creuse à quatre cent cinquante mètres du premier, en descendant
vei-s le Ni l , et à cinquante-sept mètres de sa rive : on y trouva d'abord
une couche de d'épaisseur de l imon, et au-dessous 7'",559 de sable gris,
profondeur au-delà de laquelle l'eau qui commença à surgir empêcha de fouiller.
O n retrouve ici , comme on voi t , les mêmes substances semblahlemcnt disposées
que dans la plaine de Syout. La couche supérieure du soi est formée d'un
dépôt de limon ; la couche immédiatement inférieure est un sabJe gris quartzeux,
mêlé de mica en plus ou moins grande proportion,
Quant à l'inclinaison de la nappe d'eau souterraine par rapport au niveau du
Nil, si l'on prend pour repère un plan passant à cent mètres au-dessus de la
surface de ce lleuve, les hauteurs respectives de cette nappe dans les deux puits
qu'on vient de décrire, seront indiquées ainsi qu'il suitj^^^^. iTJ:
7"',429. 96^20.
99' 75-
Ainsi, à cette époque, la nappe souterraine s'inciinoit du pied de la montagne
vers le milieu de la vallée.
Après avoir passé environ un mois à Qené , nous en partîmes pour nous rendre
à Esné, où nous arrivâmes le 12 messidor [ 3 0 juin]. Pendant notre séjour dan-
. cette ville, on fit le nivellement transversal de la vallée, et l'on creusa trois puits
sur chacune des deux rives du Nil. Voi c i le résultat de ces opérations 7J.
La bande du terrain cultivable de la rive droite est séparée du désert par un
canal de dix mètres de largeur et de deux mètres de profondeur. L e sol de la plaine
s'élève d'environ un mètre, à partir du Nil jusqu'au pied des montagnes qui bordciii
ia vallée.
Nous rappelons ici cette observation, parce qu'elle donne un résultat diflcTeni
de celui auquel on étoit parvenu par le nivellement transversal fait à Qcnc. Gdeux
opérations prouvent que, suivant les localités, le niveau de la plaine s'abais>e
ou s'élève en allant du Ni l vers Je désert.
Je fis ensuite creuser trois puits sur sa rive gauche, le premier à trois milit'
trois cents mètres de distance, à la limite du terrain cultivable. Oj i fut arrêté par
SUR LA V A L L E E D ' E G Y P T E . 3 6 3
l'eau après avoir fouillé de 5'",973 dans une masse de limon dont toute l'épaisseur
ne fut point traversée. L'eau de ce puits étoit très-saumâtre.
La sonde n." 2 fut faite à quinze cents mètres de distance en descendant vers
le iTeuve. On trouva une couche de 4"',88'/ d'épaisseur de limon portée sur un
banc de sable gr i s , que l'on traversa de i ^ o S ô avant que l'eau parût au fond de
la fouille.
A six cents mètres plus loin et h. douze cents mètres du Ni l , on creusa le puits
n," 3. On traversa d'abord une couche de limon de 3",80 d'épaisseur, et l'on arriva
au niveau de l'eau après avoir fouillé 2^3 15 dans un banc de sable gris.
On passa sur la rive opposée : le fleuve avoit déjà commencé à croître; sa surface
étoit de 8^50 au-dessous de l'arête de sa berge,
A soixante-seize mètres de cette berge, on ouvrit le puits n.® 4 , dont la fouille
présenta une couche de limon de i ' ^ M j d'épaisseur, et un banc de sable gris,
dans lequel on ne put pénétrer que de 2"',7i5 avant d'arriver à l'eau.
A douze cents mètres au-delà, en allant du côté de la montagne Arabique, on
trouva, dans le puits n," j , 702 d'épaisseur de l imon, et au-dessous 2"",443 de
sable gris, profondeur à laquelle l'eau commença à se montrer.
Enfin, à douze cents mètres plus loin, on creusa le puits n.° 6 sur la limite des
terrains cultivés. Il fut fouillé dans une masse de limon du Ni l , de 7"',3 30 au-dessous
du sol. L'eau qui surgit à cette profondeur, fut trouvée extrêmement saumâtre,
comme celle du puits de l'autre rive le plus voisin du désert.
Ces observations furent faites pendant les six jours qui s'écoulèrent du 24 messidor
au I t h e r m i d o r [ du i 2 au i 9 juillet ].
Si l'on rapporte, comme nous l'avons fai t , la surface de la nappe d'eau souterraine
et celle du Nil à un plan de repère élevé de cent mètres au-dessus de
celle-ci, on trouvera leurs hauteurs respectives ainsi qu'elles sont indiquées dans
le tableau suivant (Ji^. 7 J:
N." PROFONDEUR DES PUITS ABAISSEMENT DU NIVEAU DE L'EAU
Rivû gauche.
r.973-
5- 97Î-
6, 516.
7, 602.
8. .45-
7. 330-
9r.o7-
77.
96, 56.
100, 00.
97.
97. 432..
On remarque, parla comparaison de ces différentes hauteurs, que la nappe d'eau
souterraine s'incline sur la rive gauche, depuis le désert jusqu'au Ni l , d'environ
cinq mètres, tandis que cette inclinaison n'est que d'environ 2"",50 sur la rive
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