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grès, c'est-à-dire, sur une distance d'environ vingt-cinc] lieues, le long des rives
du Nil, ce n'est que vers la partie moyenne des deux chaînes que les Égyptiens
ont donné une grande suite à leurs travaux et forme de vastes exploitations :
mais proliablement celles qui sont situées vers les extrémités sont du nonitre des
plus anciennes, c omme les plus favoratleinent situées; au midi, potn les monumens
J e Syène, d'Élcphantine, &c., et au nord, pour ceux de la partie inférieure
de la Tliébaïde.
Les couches de giès sont d'une qualité t i en meilleure aux environs de Syènc
que vers leur extrc])iité septentrionale; mais aussi l'on ne peut pas dire que
leur limite soit réellement à Syène, puisqu'elles reparoisscnt à quelque distance
au sud de Pliila:, s'appuyant sur les montagnes primitives, et que là aussi se
trouvent de vastes carrières qui ont fourni des matériaux pour les monumens de
la Nubie.
Plusieurs Français ayant trouvé l'occasion de remonter dans la Nubi e , à
quatre ou cinq lieues au-dessus de Pliila;,nous ont remis quelques fragmens pris
dans des édifices anciens et dans les rochers qui bordent la rive droite du fleuve.
Ces grès sont d'un gris très-clair un peu jaunâtre, d'une dureté médiocre, et assez
semblables à celui du grand temple de Pliila:, dont nous parlerons dans le chapitre
suivant.
Quelque considérables que soient les exploitations que nous avons rencontrées,
comme nous n'avons vu qu'un certain nombr e de points dans les deux chaînes,
que nous n'avons pas visité les vallées et les gorges nombreuses dont elles som
entrecoupées, il en est beaucoup sans doute qui ne nous sont pas connues; il
en est probablement aussi dont les traces ont disparu pour toujours, parce que
des rochers isolés et de petites collines ont été entièrement rasés par les travaux
anciens, comme il est arrivé pour les exploitations de granit et celles de pierres
calcaires. Quelques vestiges de ces rochers isolés, anciennement exploités, se
voient encore sur les deux rives dans la plaine située entre le Nil et les montagnes.
Vis-à-vis des grottes d'el-Kâb, près de l'emplacement de l'ancienne ville
SElcihyii, à un myriamètre au-dessous d'Edfofi, on a exploité tout alentour un
énorme roclicr séparé de la montagne, afin d'en dresser les côtés. Il est percé a
jour dans son épaisseur, de manière à figurer une porte colossale, et fait de loin
une illusion coinplète. Nous avons indique ailleurs un rocher semblable, isolé de
la montagne et taillé en forme de colonne, qui atteste l'existence d'une ancienne
colline {I ). Les Égyptiens n'ont laissé subsister que ces témoins de l'ancienne
élévation du sol ; mais d'autres rochers sans doute ont été enlevés sans (|u'il eu
reste aucun vestige.
Je m'abstiens de tout détail sur les carrières et sur les procédés d'exploitation,
que l'on peut voir dans les Descriptions d'antiquités (2). .l'ajouterai seulement une
réflexion, c'est <[ue la nréthode anciennement employée par les Egj ptiens de
couper des blocs réguliers dans la montagne même , quoique plus hmgue dabonl
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DE L ' ÉGYP T E . F IR rARTIE. J G ,
que celle que nous suivons communément , de les arracher pour les tailler ensuite
en entier, abrégeoit pourtant l'ouvrage en somme totale, puisqu'elle èvitoit la peine
de dresser ces blocs et de les èquarrir. En coupant un premier bloc, on formoit
en même temps le parement de ceux que l'on détachoit ensuite, et les parois se
trouvoient toujours dans l'état le plus favorable pour en continuer facilement
l'exploitation. Par ce moyen, il y avoit très peu de déchet de la pierre : aussi ne
voit-on pas dans ces carrières, comme dans les nôtres, ces amas considérables
de débris qui encombrent les exploitations. Quand on étoit tombé sur un bane
(le bonne qualité, on l'employoit en entier.
CHAPITRE 111.
Okemtwnssur ksdiverses Variétés degrh employées dans Us anciens Édifices.
EN rapprochant des constructions anciennes les échantillons pris dans les
carrières, on reconnoît bientôt l'extrême difficulté de déterminer avec précision
Je quel endroit proviennent les matériaux de chaque édifice, parce que leur nature
varie dans un même édifice, et qu'elle varie aussi dans des carrières trèsvoisines
; de plus, les diverses couches de grès superposées dans une même
carrière offrent aussi des différences ; j'ai cru toutefois pouvoir hasarder queiijues
aperçus sur ce sujet. L'intérêt de ces rapprochemens consiste moins dans la
solution précise de cette question que dans les moyens qu'ils peuvent fournir
pour comparer entre eux les matériaux des principales constructions, pour apprécier
leurs légères différences, et l'influence que ces différences ont pu avoir sur
l'exécution des détails et la conservation des édifices. Cet examen comparatif,
<|ui ne pouvoir entrer dans le plan des descriptions des monumens et que je n'ai
pu qu'ébaucher, servira peut-être un jour à diriger des recherches plus précises
ou plus complètes sin- un point qui n'est pas sans utflite pour l'histoire des édifices
de l'ancienne Egypte: il importe de distinguer les causes particulières qui
ont contribué à leur état actuel, afin de mieux apprécier les effets qui tiennent
aux causes plus générales de dégradation.
S. I . "
Apollinopolis parva.
C'EST des montagnes situées entre Edfoil et Esné , c'est-à-dire, de ia partie
septentrionale du terrain de grès, que paroissent provenir les matériaux des anciens
édifices situés au nord de Thèbe s , tels que ceux îXApolhmpcln p„rvn, à en juger
par les foibles restes que l'on y voit encore.
Quant aux temples de Denderali, je remettrai à en parler dans un autre para-
Svapiie, ayant à exposer quelques observations qui seront mieux placées de cette
manière. ¡i:!