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par les insectes qui y Jcposent leurs oeufs ; leur pi(|ûre liàte seulement la maturlif
du ii-uit sans rendre la graine propre à reproduire son espèce.
Lorsque les dattiers commencent à lleui ir en mecfyr, partie de février et dt
mars, on coupe sur les miles les spatlies qui doivent Ijiemôt s'ouvrir; on recon.
noît en les pressant, au truit qu'elles font sous le doigt, que les fleurs sont près de
jeter leur poussière. On sépare les divers brins ou rameaux de la gra|ij)e ; et un
homme les portant devant lui dans sa robe qu'il a relevée et rattacliee sur ses reins
grimpe jusqu'au sommet des dattiers : il secoue la i>oussière de quelques pciie
nuneauK mâles sur chaque grappe femelle, et place ensuite ces rameaux au cenirt
de la grappe, ayant soin de la nouer toute entière par le bout avec un fil, qui C5[
ordinairement une lanière déchirée de quel(|ue foliole de dattier.
Les écailles des troncs de dattier présentent autant de degrés propres à retcnit
les pieds. L'ouvrier, en montant, s'est servi d'une ceinture de corde |)assée autoui
de ses reins, et qui embrasse son corps et le tronc de l'arbre. Cette ceinture est
finte d'une large tresse de corde de dattier dans la partie qui pose sur les reins, cl
n'est qu'une simple corde tordue en devant ; elle forme le cerceau, ayant beaucoup
de soutien par elle-même, et est assez longue pour que l'ouvrier placé dam
cette ceinture puisse se tenir incliné en arrière, tandis que ses pieds touclicm
l'arbre : un léger effort des mains, en tirant de chaque coté l'anse de corde qui embrasse
le tronc, sufiît pour rapprocher le corps près de l'arbre, et permet de faire
sauter la corde un peu plus haut qu'elle n'étoit ; les pieds se placent en même
temps plus haut. Parvenu au sommet de l'arbre, et toujours soutenu par sa ceinture,
le cultivateur coupe à volonté les spathes de (leurs mâles, les descend a.
moyen d'une corde dont il s'est muni , va les secouer ensuite, et les laisse pir
brins sur les fleurs des dattiers femelles. On féconde de cette manière, à quelijuo
jours de distance, les diverses grappes d'un dattier, qui ne s'épanouissent pas tonto
en même temps.
Les grappes commencent à fléchir sous le poids des dattes à la fin de juin ; on
lie ces grappes à la base des feuilles, pour éviter que les fruits ne soient froissù
contre l'arbre. Les dattes mûrissent à la fin de juillet. A cette époque, les mardiii
du Kaire commencent à en être garnis. 11 y a d'autres dattes tardives produites
dans la basse Egypte, et qui sont apportées fraîches au Kaire jusqu'à la fut de
décembre.
Les dattiers sauvages femelles donnent des fruits, lorsqu'ils ont été fécondti
naturellement par les pieds mâles. Il n'en est point ainsi des dattiers cultivó:
leurs fruits dépendent des soins de l'agriculteur, et ne nouent point si l'oni
négligé, au temps de la floraison, d'apporter et de secouer sur leurs ovaires les
rameaux mâles.
Les dattiers ne donnèrent point de fruits aux environs tlu Kaire en l'année 18oo,
parce qu'ils ne purent être fécondés comme île coutume. Les troujjcs Françai.-o
et Musulmanes avoient été en guerre au printemps, et s'étoient ré|jandues dans
la campagne, où les travaux agricoles avoient manipié. Les grappes des dattiai,
ayant fleuri, ne furent point artificiellement fécondées, et restèrent sans fruits su
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les arbres : la poussière des fleurs de quelques dattiers mâles cpars ça et là, chassée
par les fleurs et portée dans l'air, n'avoit r endu féconde aucune grappe femelle.
Cepentlant cette poussière légère, en volant fort loin, sulîît pour f é conde r les
dattiers sauvages, dont les fruits petits et acerbes ne sont point bons à manger.
Les variétés très-nombreuses de dattes difrèrent par leur forme, leur qualité,
leur couleur II en est qui, en miirissant, se dessèchent sur l'arbre, et dont la pulpe'
est pâteuse ou coriace; les plus communes deviennent molles et mielleuses. On
les cueille lorsqu'elles sont encore fermes et acerbes, et on leur fait éprouver, en
les mettant en tas, uji degré de fermentation qui les amollit. Les ilattes rouges précoces,
IMhhiyâny, et les dattes jaunes mielleuses, A,/«/, mm'âl, sont les variétés
de dattes fraîches les plus abondantes débitées au Kaire par tous les marchands,
qui les font miirir comme il vient d'être dit.
On traite différemment les dattes qui ne doivent point être mangées fraîches:
on les expose sur des nattes pour les faire sécher au soleil, ou bien on fes réduit
en une pâte fortement pressée dans des paniers de feuilles de dattier. On fait
provision, pour voyager, des dattes sèches deSâlehyeh et deSyouah. Les premières
sont entières, comme les dattes de Barbarie que l'on connoît en France; les dernières
sont des dattes mises en pâte à Kousis de Syouah.
On fait en Egypte de bonne eau-de-vie de dattes, en mettant fermenter ces
fruits avec une certaine quantité d'eau dans des jarres, et en distillant la liqueur
(Jn'on a obtenue par fermentation. L'alambic qu'on emploie consiste dans une
draudière à laquelle s'adapte un tuyau coudé de roseau, qui aboutit à une cruche
refroidie par un bain d'eau fr-aiclre qu'on renouvelle. L'cau-de-vie qui est le
produit de la distillation, se condense dans cette cruche.
, On fait^aussi en Egypte beaucoup de vinaigi-e avec les dattes fermcntécs ; on
n'y connoît presque point d'autre espèce de vinaigre.
Le vin de dattier, ou la liqueur enivrante^roduite par la séve de l'arbre, et
qu'on recueille dans plusieurs pays où croît le dattier, n'est point en usage en
%pte, mais n'y est pas inconnu. On me dit que cette liqueur s'appeloit i iUf y .
Pi'osper Alpin (r), en ilonnant un tableau des articles de la nourriture des Égyptiens,
y a fait mention de vin de dattes qui étoit appelé sui,.,. et qui provenoit
peut-être des fruits plutôt que de la séve écoulée du sommet de l'arbre.
Le coeur ou chou du dattier, bon à manger, est la partie intérieure du bourgeon
caché sous la base ties feuilles, et qui, étant enlevé, fait périr l'arbre ; ce cceur,
fenne et charnu, a la saveur de la cliâtaigne crue ; je ne l'ai vu recueillir que sur
les dattiers qu'on étoit dans la nécessité d'abattre en détruisant des plantations.
Un dattier porte de deux à six et même jusqu'à plus de douze grappes. Lorsquil
en porte environ une douzaine, on en coupe quelques-unes pour ne pas
cpiriser l'arbre, qui pourToit être abattu par le poids, ou dont le fruitseroh toutrfait
médiocre. Un dattier peut produire quatre q,mtàr de fruits (2). Le poids
(0 Pr. Alpin. Her. ^^vp. tom. 1, pag. 70.
(=) UiipeumoinsdequiitreqiiiiKaQï.poidsJc mar
Cavanilles rappotit que les daiiiers produisent quel(¡u<
fois deux et
Vaienee ; ei ,
annuelle de chaque arbre.
de dalles dans le