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4 i 4 D E C O N S T I T U T I O N P H Y S I Q U E
ou de commoditc ont fait adopter ce mode de division du cercle, à cause de
son rapport avec la division de l'année et du jour, on nous accorderoit ¡m
plicitement un principe fort important et qui forme le noeud principal de notre
système.
Cette division universelle en 12 et en 24 parties n'est pas, plus que celle en
360 et en 720, l'eifet du hasard : c'est une institution coirrmuniquée. et qui doit
par conséquent appartenir au peuple le plus anciennement civilisé. Le choix du
nombre 360 pour la division du cercle n'est pas di\ davantage, quoiqu'on le
répète perpétuellement, à sa commodité pour le calcul et au grand nombre de
ses diviseurs. Il ne faut pas se livrer à de longues méditations pour reconnoittc
qu'il a son type dans la nature, dans les 360 révolutions du soleil pendant le
cours de l'année (i). On verra par la suite que ce n'est pas un simple motif d'analogie,
mais une cause, pour ainsi dire, forcée, qui l'a fait adopter.
La plupart des faits que je viens d'exposer sont bien connus, bien avérés : il
y a peu de mérite sans doute à les remarquer ; néanmoins on n'a jamais essayé
d'en rien déduire, touchant l'origine et la communication des connoissances. On
pouvoir cependant aborder la question par cette face, et remonter, par une suite
d'inductions, jusqu'à cette origine ; mais, en toutes choses, les faits les plus familiers
, et qu'on a toujours sous les yeux, sont ceux qu'on remarque le moins.
D'ailleurs le fil des conséquences, facile à suivre quand le terme est signalé, échappe
aisément à l'observateur qui, au milieu du labyrinthe , ne voit pas le point vers
lequel il doit se diriger. Aussi ce n'est pas par cette voie que nos^ résultats ont
d'abord été trouvés. On va voir comment l'examen du sol de l'Egypte a pn
y conduire.
§. I I I .
Les observations sur la constitution physique d'un pays, quand elles sont sans
rapport à quelques questions importantes, ont en général aussi peu d'intérêt que
d'utilité. Il est rare même, comme je l'ai indiqué, qu'elles aient alors une parfaiie
exactitude : et trop communément, au milieu d'une foule de circonstances sltriles,
la seule vraiment trtile à considérer se trouve négligée. L'Egypte pouvoit,
comme tout autre pays, fournir une grande masse d'observations isolées et sans
but; mais l'extrême antiquité de ce pays, les relations faciles à apercevoir entre
les travaux de ses premiers habitans et la marche postérieure des phénoments
naturels, conduisoient à tirer parti de cette circonstance, pour déterminer, soit
l'étendue des changemens du sol dans un temps donné, soit la durée des effets
dans une étendue connue; et de la grande antiquité des points de repère devoil
résulter une vaste échelle pour remonter plus haut et apprécier plus sûremenl
la marche de lanature dans de longs intervalles.
( , ) L c , , i . o l . t i o n , c x e f d a m = , o . , i i i . i p m " . . " » "« Ccm elreom.nc. c»n,t..i= de. i™" •P"'";
o„ . di|S va, pour fom,r la pe.iie piriodt dn' ¡oan " . i " « " "M« déceler le pe.ple ou . m eusue,
épagomènes, que nous avioni reproduite wui le nom de l'origine, U division par 360.
Jourt Kmplé'niiilairts,
D E L ' E G Y P T E . 4 i i
D'après ces vues, j'avois conçu l'idée cfe résoudre diverses questions de géologie
par les seuls secours que pouvoieni fournir l'histoire et la géographie comparée,
afin d'arriver par-là à un degré de certitude et de précision que ne comportent
pas toujours les seuls moyens de la science naturelle; moyens un j)eu vagues, et
qui ont fait décrier quelquefois ses résultats avec une apparence de raison. Mais
j'ai vu qu'en bien des cas aussi les considérations de la géologie pouvoient, à leur
tour, suppléer aux données insuffisantes de l'histoire, diriger utilement dans l'exaffieii
de plusieurs faits obscurs, et corriger certains résultats fautifs de la géographie
comparée. N'eussent-elles servi qu'à écarter d'anciennes préventions, c'étoit déjà
Beaucoup. J'ai donc repris plusieurs questions avec des moyens qui avoient man-
(|uc jusque-là, et auxquels des connoissances très-étendues d'ailleurs et toute la
sagacité possible ne pouvoient suppléer. Quelques exemples expliqueront mon
idée ; les faits qu'ils rappelleront serviront pour la suite.
L'examen de l'isthme de Suez, parcouru dans cinq directions différentes, et
{¡es reiiseignemens qui méritoient la plus grande confiance (i). m'ont fait reconnoitre
que les grands changemens supposés par d'Anville dans l'état du pays et dans
l'extrémité du golfe Arabique, etoient contre toute vraisemblance, pour ne pas
dire physiquement impossibles. Les preuves du séjour de la mer dans l'intérieur de
l'isthme depuis les temps historiques, malgré des apparences séduisantes, sont sans
valeur pour le géologue; et, par leur état actuel, les lacs amers, qui occupent le
centre de l'isthme (2), cjuoicjue chargés d'une énorme quantité de matières salines,
n'ajoutent à cette hypothèse aucune probabilité. Leur état n'a rien de particulier
: ainsi le lac Moeris ou lac Kaioun, autrefois lac d'eau douce, se trouve
maintenant chargé de six ou sept fois autant de matières salines que les eaux de
lamer; et si les canaux qui y portent les eaux du Nil étoient trois ou quatre ans
sans y affluer, il ne différeroit point des lacs amers par ses circonstances physiques
et par la composition chimique de ses eaux. On ne verroit pas là des
preuves de la communication de la mer depuis les temps historiques ; car il
est constaté historiquement qu'à cet égard rien n'a changé. En Egypte et dans
tous ses environs, la salure d'un lac d'eau douce, après un grand laps de temps,
est un phénomène universel, un elTet nécessaire , dent on peut donner les
raisons. Elle ne prouve donc rien pour la communication de ce lac avec la
mer; et l'on ne pourroit pas l'inférer de là, quand même l'histoire et les circonstances
du local n'y seroient pas contraires.
Prémuni par ces considérations, on se trouve conduit par les auteurs anciens
à des résultats fort différens de ceux de d'Anville; et l'on voit clairement que
tous leurs renseignemens sont d'accord avec les circonstances du local, pour
prouver que l'extrémité du golfe Arabique n'a presque j)as changé depuis les
temps historiques (3). Des autorités modernes fort recommandables appuient
aussi cette opinion (4)- De là se détiuit la permanence du niveau de cette mer
de (1) Principalement MM. Le Père et du Boh
Aymt.
(i) Ces lacs ont été décrit» avi-c beaucoup de soin
ilitis dViceilent Mémoires. Vd/ez la l^tsctipiion de
IVgjpie (Ihat moderne) et la Décade Egyptienne-
(3) j'ai t.iché de le démontrer dans le premier Mémoire
sur la' géographie comparée de la mer Roiigc.
(4) Notamment celle de M. Gossellin. Cette siiuaiion
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