
6io DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE
donij'ai parlé; il a été exploité par les Égyptiens pour des monoiltlies d'un petit
volume (i) : 2.° un autre grès quartzeux à grains moyens, d'une couleur jaune de
rouille, qui <liiîcre des brèches siliceuses, non-seulement par sa contexturc, mais
aussi par l'absence des gros grains du quartz, des silex et des agates, qui aI)on([ent
dans ces brèches. Les Égyptiens ont fabrique avec cette matière, qui est d'une grande
tlureté, divers monuniens, et principalement plusieurs statues colossales, dont on
voit encore ies débris dans l'île d'ÉJcphantine, à Thebes sur la rive gauclic, près du
colosse de Memnon, et sur ia rive droite, parmi les monumens de Karnak, &c.
J'ai trouvé aussi sur le sol d'une de ces vallées quelques fragmens d'un grès à
petits grains rouge de sang, dont je fais mention parce que cette matière a été
travaillée parles anciens. Plusieurs échantillons semblables ont été recueillis parmi
les ruines des monumens qui existent dans la Nubie, au-dessus de Pliihe; l'un se
trouvoit parmi quelques objets d'antiquité rapportés par le général Belliard (zj,
J'ignore le gisement précis de cette matière; mais je pense qu'elle doit exister au
nord de Syène, et peut-être aussi dans les montagnes de la Nubie.
DE L L G Y P T t . T/ ¡'ARTIE. 6l I
garnies de <iendrites plus marquées que dans la première. Aucune de ces trois
roches ne renferme d'amphibole; mais il faut remarquer que ce sont des couches
ou des masses subordonnées et encaissées dans les gneiss.
Nous avons indique déjà, à la suite des variétés de syénit rouge, un granit de
mêjne couleur, mais qui offre, outre l'absence de l'amphibole, des différences
très-prononcées avec la roche de Syène. Nous aurions pu multiplier davantage
ces indications; mais nous nous bornons à ce qu'il y a d'essentiel, pour faire connoitrc
les relations gcognostiques du banc de syénit dans sa partie septentrionale.
C H A P I T R E III.
À perçu sur la Géographie physique des Déserts h l'orient du Nil.
Il i
\ .
§. U N I Q U E .
Des Granits.
QUELQUES roches granitiques sans amphibole se trouvent dans la même localité.
a . GRANI T B L ANC .
Cette variété est principalement formée de feldspath blanc et de quartz transparent;
il s'y joint un peu de mica jaune ou de mica argentin, et quelques grenats
très-petits, de couleur bnme. Nous ne l'avions d'abord vue qu'en fragmens roulés;
mais nous l'avons retrouvée formant des collines entières à quelques lieues dans les
déserts qui sont à l'est. Une roche de cette espèce, recueillie dans la route de Syène
à la montagne de Baram, est représentée phmche fig. iS'
I ) . GRANIT QUARTZEUX.
Dans la partie la plus au nord, on remarque un granit d'un blanc sale, trèsabondant
en quartz et semé de paillettes rares de mica jaunâtre. Outre sa couleur
peu agréable à l'oeil, cette roche, quoiqu'assez dure et bien agrégée , renferme
des fissures qui la rendent susceptible de se diviser, et ne permettent
guère de l'employer dans la sculpture. L'intérieur de ces fissures est quelquefois
ta])issé de dendrites jaunâtres très-légerement marquées.
Une autre roche analogue offre un feldspath rouge, des cristaux de quartz plus
gros, très-réguliers, et presque pas de mica. Elle renfermeaussi des fissures intérieures.
Dans une troisième variété, le feldspath est d'un jaune pâle, et les fissures sont
(1) Cegr«s est rt^rtitmé planche ^, fii- n.
(2) Un autre m'a été remis par i\i. Necioiix, memhre
de la Conimisiion des sciences, ciui a
dans la Nubie
pionne diverses rocii
i une journée de Sjcne, et qui
> recueillies Juiis ces lieux.
Disposition générale du Terrain.
LA chaîne Arabique, élevée entre l'Egypte et la mer Rouge, forme une bande
de terrains ajides et montueux, qui descend depuis le tropique jusqu'au trentième
degré de latitude, espace de cent soixante lieues de longueur, variable en
largeur de vingt-cinq à cinquante lieues. La côte de la mer Rouge, droite et peu
découpée, décline vers le nord-ouest; et le méridien qui passe par Héroopolis, à
l'extrémité de ce grand golfe, vient passer à l'ouest de Syène, coupant diagonalement
toute cette chaîne. Le Nil a une direction bien moins constante que la côte
de la mer, et c'est ce qui produit les variations de largeur de la chaîne Arabique.
Depuis Syène jusqu'à l'extrémité du terrain de grès, vers laquelle sont situés les
bourgs de Redesyeh, d'Edfoû, et l'ancienne Elcthyïa, il se dirige exactement vers
le nord. De là un pli profond dans l'ouest le porte, par Esné et le Gibleyn, jusqu'à
l'ancienne ville de Tuphium ; il revient, en traversant Hermonthis et Thèbes,
reprendre sa première direction, qu'il abandonne de nouveau après avoir dépassé
les villes de Qous, de Coptos et de Qenc, points où il est le plus rapproché de
la mer. Alors il se dirige à l'ouest pendant plus de cinquante lieues, traversant
Girgeh, Qâou el-Kebyr, Syout; il se courbe vers Antinoé, et décrit ainsi, à partir
de Coptos, un arc de cent vingt lieues de développement, qui le ramène vers
Memphis et le Caire, à vingt-cinq lieues de la mer Rouge : distance presque égale
a celle où il en étoit à Qené ou à Coptos. La flèche de cet arc, à partir d'Antinoé
ou d'Achmouneyn, est aussi de vingt-cinq lieues; de sorte que la traversée de
ces villes à la mer Rouge, vers le mont Ghàreb, aussi-bien que celle de S) out et de
Minyeli, seroit double de celles du Kaire à Suez ou de Qené au vieux Qoçeyr.
Si à la flèche qui j)ari d'Antinoé, et qui, ])rolongée d'une quantité égale, arrive
au mont Ghàreb, sur la côte de la mer, on ajoute une troisième fois sa longueur,
clic tombera au mont Sinaï; et ce centre de la presqu'île de l'Aralne pctrée
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