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J I O EXPLICATION DES PLANCHES DE MINERALOGIE.
gros iVagincns, est elle-même un poudingue à petits grains, forme de detritus de
ia même matière.
Les variétés de cette roche sont leiicment nombreuses, qu'il seroit impossii)le
de les décrire toutes ; cciies où dominent les fragmens de couleur verte, sont les
pJus abondantes. Comme ce sont aussi les plus connues et les plus répandues
dans les cabinets et les collections d'Europe, on a préféré de faire représenter
cclie-ci, qui s'éloigne un peu, pour les tons de couleur, du caractère commun.
Voyez , pour les détails et les relations de gisement, ainsi que pour l'emploi
dans les arts, la Description mincralogique de la vallée de Qoçeyr ( i ),
Flg. / . A U T R E V A R I É T Î .
Ce schiste, analogue au précédent, renferme une certaine quantité de fragmens
d'eurite vert et de kératite ou honistàn. Quelques portions sont même
formées d'une multitude de petits grains de la même matière : c'est une grnuwakc
schisteuse des Allemands, une espèce particulière de schiste intermédiaire. Il
contient aussi des no)aux d'un calcaire blanc et grenu, contemporain de la formation
de la roche, et de petits cristaux octaèdres de fer oxidulé. Cette roche, trèsabondante
dans la vallée de Qoçe) r, et qui oifre des variétés nombreuses, se lie
avec le poudingue à fragmens primitifs, nommé Ivcche Égypthme universelle, brèchc
antique de (¿ofcyr. Ces schistes à feuillets contournes sont souvent recouverts par
des phyllades de transition à feuillets plans, gris, verdâtrcs, jaunes, bleuâtres,
bruns, ócc.
Ft•¿. 6, BRÈCHE UNIVERSELLE.
Outre les fragmens indiqués dans la figure 4 , celle-ci présente une multitude
de fragmens arrondis de granits et de roches porph)riques de couleurs très-variées.
Quelques morceaux offrent aussi des fragmens de dial)ase verte granito'i'dc.
Le feldspath domine dans ces granits; les cristaux de quartz y sont quelquefois
assez multipliés, et le mica y est généralement en très-petite quantité.
Les variétés de granit vert dont on voit quelques fragmens, doivent cette couleur
à une matière mal caractérisée qui offre un aspect et des caractères mixtes
entre le mica et la chlorite.
L'ioph}re, ou porphyre violet, y est assez commun. 11 laisse distinguer plusieurs
variétés tant pour la nuance <le couleur que pour l'abondance des cristaux de
feldspath, et pour la nature plus ou moins siliceuse, plus ou moins amphibolitiue,
de la pâte.
Fig. y . A U T R E V A R I É T É D E B R E C H E U N I V E R S E L L E .
Indépendamment de plusieurs des matières que présentent les échantillons
ligurés sous les n."' 4 et 6 , celui-ci offre encore plusieurs autres roches grani
tiques et porpinriques, principalement deux variétés de porphyre dont la ])àte est
d'un rouge de brique, et différentes seulement par leurs cristaux, qui, dans l'une,
(1) H. N. lom. n.pag. 83.
AP P ENDICE AU MÉMOIRE PRÉCÉDENT.
sont très-petits, très-rapprochcs, d'une légère teinte rouge ; dans l'autre, beaucoup
plus grands, plus disséminés, plus lamelleux et presidue blancs. Cette dernière
renferme quelques cristaux de quartz.
Dans la {)ariie inférieure de ce morceau, on voit un fragment d'une roche
homogène violette : c'est la pâte de l'iophyre, ou porphyre violet. Le ciment qui
réunit toutes ces roches est formé, comme dans les n. " ¿i et 6, de petits fragmens
et de detritus de roches primitives.
P L A N C H E 1 0 .
VALLÉE ET PORT DE QOÇEYR, BIRKET QEROUN.
Fossiles et Concrétions.
Fig. I. C A L C A I R E O G L Ï T H I Q U E ;
Fragment détaché d'un banc de rocher qui s'étend à fleur d'eau dans le port
de Qoçeyr et le long de la côte vers le nord. Tout ce banc est formé de petits
grains arrondis, liés par un ciment calcaire. Sa surface, inégaie et caverneuse,
offre divers corps marins qui y sont adhérens. Plusieurs balanes ou glands de mer
sont fixés dans les cavités ; sur d'autres parties sont implantées diverses sortes de
coraux, les uns blancs, les autres rouges, dont cette mer contient une immense
quantité.
Ce banc de roches, recouvert ])ar les eaux à marée haute, et découvert à marée
basse, s'avance assez loin dans le port, où il est coupé à pic. On peut consulter, à
l'égard de ces diverses roches, la Description minéralogique de Qoçeyr.
Fig. 2. M A D R É I ' O R I T E .
Fragment provenant des rochers qui sont au sud du port de Qo ç e j r ; il n'est
pas complètement pétrifié. Les madrépores vivans ne sont guère moins communs
dans cette mer que les coraux. Ils forment des bancs à peu de profondeur
sous l'eau, et si fréquens, qu'ils entravent la navigation. C'est un fait remarquable
que cette quantité de coraux et de rochers de madrépores pétrifiés et non pétrifiés,
sur divers points des bords de la mer Rouge, à un niveau supérieur de cinq à six
mètres du niveau actuel des eaux. Ne semblent-ils pas indiquer qu'à une certaine
époque (antérieure, il est vrai, aux temps historiques) le niveau de cette mer a
été plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui!
L'élévation des marées ordinaires à Qoçe} r n'est que d'environ un mètre.
Flg. J . A L B Â T R E O R I E N T A L .
Nous ne connoissons pas le gisement des belles variétés d'albâtre Oriental; mais
nous avons trouve beaucoup de petits monumens fabriqués avec cette pierre, et
beaucoup de fragmens sur les ruines <les anciennes villes. Celui-ci a été recueilli
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