
93° SEL
■ font brillantes en font chargées. Cela n’eft point fur-
prenant , puifque l’acide vitriolique eft répandu dans
notre atmofphere 6c dans le fein de la terre, qui
contient d’ailleurs un grand nombre de «lubftances
calcaires auxquelles cet acide peut s’unir. On pour-
roit conjeélurer que c’eft à une combinaifon fembla-
ble,aidée de quelques circonftances qui nous fontien-
core inconnues, que le gyple ou la pierre à plâtre
doit fon origine.
SÊLENOGRAPHIE , f. f. (.Aflron.} eft la defeription
de la lune.
Ce mot vient des mots grecs « a»™ , lune, 6c yp*tp<*3
je décris. ,
La defeription de la lune confifte dans la.repre-
fentation de fon difque , avec les taches , 6c les autres
endroits obfcurs ou lumineux cju’on y apperçoit,
foità la vue fimple, foit avec le télefeope.
On joint à cette defeription les noms qui ont ete
donnés à ces différens endroits , 6c qui font pour la
plupart des noms de philofoplies , foit anciens , foit
modernes. Ces noms font fort utiles dans la defeription
des éclipfes pour marquer les endroits ecliples de
la lune ; ainfi on d i t , tycho eft entré dans l’ombre à
telle heure ; c’eft-à-dire , que l’endroit appelle tycho
a commencé à s’obfcurcir ; 6c ainfx des autres. Voye{
L une. (0 )
Deptfisi’invention du télefeope, la félenographiea
été confidérablement perfectionnée. HevcLus , célébré
aftronome 6c bourguemeftre de Dantzick, qui
a publié la première filmographie, avoit donne aux
différens endroits de la lune des noms pris des lieux
de la terre : c’eft Riccioli qui leur a donné les noms
des philofophes 6c des aftronome^ célébrés ; ainfi , ce
que l’un appelle mont Porphyrites, l’autre l’appelle
A r if arque ; 6c ce qui eft appèllé par l’un Ætna, Si-
nai, Athos> Apenninus , &c. eft appelle par 1 autre
Copernic, Po(Jidoniusy Tycho , Gajfendi, &c. Les noms
donnés par Riccioli ont prévalu. Voye{ Lune.
S E LE NUS I A , ( Géog.anc.} c’eft-à dire le lac de
La lune \ lac de l’Afie mineure , dans l’Ionie, près de
l’embouchure du Cayftre. Ce la c , félon Strabon ,
l. X IV .p .G q z3 étoitformé par les eaux delà mer.
(D . J.}
SÉLEUCIDE, LA, ( Géog. anc.} Seleucts, contrée
de la Syrie. Elle prit fon nom de la ville de Séleucie
de Syrie. Strabon , l. X V I. remarque que
cette contrée étoit la plus belle 6c la plus confidéra-
ble de ces quartiers, 6c qu’on l’appclloit Tetrapole,
à caufe des quatre villes célébrés qu'elle renfermoit,
lavoir Antioche ad Daphnen , Séleucie in Pieria ,
Apamée 6c Laodicée. 11 met bien d’autres villes dans
la Séleucide; mais il diftingue ces quatre qu’il appelle
feeurs, parce qu’elles a voient été fondées par Se-
leucusNicator. Cette contrée s’étendoit du cote du
midi jufqu’à la Phénicie ; de forte qu’elle avoit des
bornes plus vaftes qife celles que lui donne Ptolo-
mée, qui en fépare la Cafîiotide. ( D . J. }
SELEUCIDES, f. m. ( Hijl. anc. Chronologie.} on
dit l’ere des Séleucides , ou l’ere des Syro-Macédo-
riiens ; c’eft une époque ou un calcul de tems, qui
commence depuis l’établiffement des Selèucides ainfi
nommés de Seleucus Nicator ou le victorieux, un
des fucceffeurs d’Alexandre, qui régna en Syrie,
comme ont fait les Ptolomées en Egypte. Voyt{ Epoque.
On trouve cette ere exprimée dans le livre des
MaCchabées, 6c dans un grand nombre de médailles
grecques que les villes de Syrie ont fait frapper ; les
rabbins 6c les juifs l’appellent Y ere des contrats, parce
qu’étant alors fournis aux rois de Syrie, ils furent
obligés de fuivre cette méthode de compter dans
leurs contrats ..Les Arabes l’appellent thcrikdiskarnein,
l’ere des deux cornes : ce qui fignifie, félon quelques
uns , l'ere d'Alexandre le grand, parce que ce prince
S EL
* eft repréfenté avec deux cornes de belier fur des médailles
, à l’imitation de Jupiter Ammon dont il vou-
loit qu’on le crût fils. Mais d’autres l’entendent beaucoup
mieux des deux royaumes de Syrie 6c d’Egypte
qui furent alors féparés ou divifés, 6c d’un feul empire
partagé en deux monarchies.
* Le point important eft de connoitre l’année oit la
féparation s’eft faite; o u , ce qui eft la même chofe,
de favoir en quel tems Seleucus Nicator, un des capitaines
d’Alexandre, 6c le premier des Séleucides ,
fonda fon empire en Syrie. Sans entrer dans le detail
des différentes opinions des auteurs qui ont écrit
fur cette matière , il fuffit d’obferver, que luivant
les meilleures hiftoires, la première année de cette
ere tombe l’an 311 avant Jefus-Chrift, 12 ans après
la mort d’Alexandre, 3692 dit monde , 441 de Rome
, 4402 de la période julienne, la, première année
de la cxvij. olympiade, environ 872 ans après la
prife de Troie. Voyt{ Epoque.
SÉLEUCIE , ( Géog. anc. } Seleucià; il y a plu-
fieurs villes qui ont porté le nom de Séleucie ; on en
comptoit jufqu’à neuf, ainfi nommées par Seleucus
Nicator.
La plus confidérable eft i° .la Séleucie fur le Tigre,
Seleucià ad Tigrim. Seleucus la bâtit dans la Méfopo-
tamie, l’an 293 avant J. C. à quarante milles de Ba-
bylone, fur la rive occidentale du Tigre , vis-à-vis
de l’endroit où eft aujourd’hui Bagdad. Elle devint
bientôt une très-grande ville; car Pline,/. VI. c. xxvj.
dit qu’elle avoit iix cens mille habitans. Elle attira
dans fon fein tous ceux de Babylcne; fa firuation
étoit des plus heureules ; Seleucus en fit la capitale
de toutes les provinces de Ion empire au-delà de
l’Euphrate, 6c le lieu de fa réfidence , quand il ve-
noit de ce côtérià de fes états, comme Antioche l’é-
toit en-deçà de l’Euphrate. Ainfi les Babyloniens fe
jetterent en foule à Séleucie , d’autant plus que les)
digues de l’Euphrate s’étant alors rompues, avoient
rendu le féjour de Babylone très-incommode.
D’ailleurs Seleucus ayant donné fon nom à cette
nouvelle capitale , 6c voulant qu’elle fervît à la pof-
térité de monument à 1a mémoire, lui accorda des
privilèges fort au-deflùs de ceux de toutes les villes
de l’Orient, afin de la rendre d’autant plus floriflan-
te. Il y réuffit fi bien, que peu de tems après la fondation
de Séleucie3 Bàbylone fe trouva délèrte & fans
habitans, difent Pline, Strabon 6c Paufanias ; c’eft
pour cela qu’ elle eft nommée par quelques auteurs
Seleucià Babylonis. Ammian Marcellin, l. X X I I I .
c. xx. la peint en deux mots, ambitiofum opus Ni-
catons Seleuci. '•
Elle fut prife par Lucius Verus , ou plutôt par
Caftius fon général, & ruinée contre la foi du traité.
Elle ne fut rétablie qu’aprè,s le tems de Julien; elle
devint un archevêché dans le quatrième fiecle , 6c
fut de nouveau ruinée dans le huitième. Ses prélats
eurent les premiers la qualité de catholiques ou archevêques
autocéphales ; mais ayant embraffé le nefto-
rianiime , ils transférèrent leur fiege à Bagdad, 6c
font aujourd’hui ceux qu’on nomme patriarches nejlo-
riens.
Diogene fiirnommé le babylonien naquit à Séleucie
fur le Tigre. Jofephe, l .L c. ij. nous apprend qu’il
fut précepteur de cet Antipater, qui fit relever les.
murs de Jérufalem.
20. Séleucie, ville de la Perfide dans l’Aymaïde.
C ’étoit, félon Strabon, /. X L une grande ville fituée
fur le fleuve Hédyphonte qui eft l’Hedypnus de Pline.
' 3°. Séleucie, lieu fortifié dans la Méfopotamie,
près du pont Zeugma, fur l’Euphrate. Il en eft parlé
dans Polybe, l. V. c. xliij. 6c dans Strabon, qui dit,
l. XVI. que Pompée donna ce lieu à Antiochus, roi
de Commagène. •
40. S ileude-Tradiée, en latin SeLucia-Afpera, ville
de
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SEL
de la Cilicie-Trachée, fur le fleuve Calycadnus. On
la nommoit Holmia, avant que Seleücus Nicator
lui eût impofé fon propre nom.
Cette ville fut libre fous les Romains, 6c elle con-
ferva cette liberté fous les derniers empereurs de Rome.
Nous le voyons dans une médaille de Philippe
l’arabe, e-iXtumm tw trpoi ku. tMonpaç, & dans un 'de
Gordien , l'.iXtumuv *tw vpoç y.aXvnaS'fo iXiuStpaç , Seleit-
cienfium , qui ad CalycadnUmJunt, libéra ( civiiaïis ).
Etienne le géographe, & la plûpart des écrivains
eccléfiaftiques mettent la Séleucie-Trachée dans l ’Ifiiu-
rie , 6c l’appellent Séleucie à?Ifaurie, parce que de
leur tems l’Ifaurie comprenoit une grande partie de
la Cilicie. Cette ville fut en effet métropole de l’Ifau-
r ie , dans l'e patriarchat d’Antioche. Elle eft aujourd’hui
dans la Caramanie, 6c entièrement délabrée;
On l’appelle Sélefchie.
50. Séleïùie de Pifidie, Seleucià-Pijîdioe , ville de
l’Afie mineure dans la Pifidie ; 6c comme la Pifidiê
s’étendoit jufqu’au morit Taiirus , cette ville fut encore
nommée Seleucià ad Taurum. Elle eft aujourd’hui
ruinée.
60.Sé!eucie-PiérieiSeleucia^Pieriaiville de Syrie fur
la mer Méditerranée, vers l’embouchure de l’Oron-^
te. Appien l’appelle par cette raifort Séleucie fur là
mer. S. Paul 6c S. Barnabé étant arrivés dans cette
ville , s’y embarquèrent pour aller en Chypre, actes,
c. xviij. Nous avons un grand nombre de médailles
de cette ville. M. Vaillant les a recueillies. Séleuciê-
Piérie étoit de la première S y r ie , dans le patriarchat
d ’Antioche. C ’eft aujourdhui un.village nommé Sè-
leucie-Jelberg, à l’embouchure de l’Oronte dans là
mer.
70. Séleucie fur le Belus , Seleucià ad Belunt, oli
Seleuco-Belus, ville de la haute Syrie; Voye^Se l e u -
c o -Be l û s .
8°. Séleucie , ville de Céléfyrie ; c’ëft la ville dé
Gadara fituée au-delà & à l’orieht de la mer dé T ibériade.
Seleucus Nicator la fit âppeller de fon nom.
90. Séleucie de Pamphylie , ville de laPamphylie,
à laquelle le même Seleucus donna fon nom pour
l ’avoir bâtie.
Jofephe, antiquit. I. X III. c. xxiij. 6c ailleurs, parle
aufli d’une Séleucie, ville de la Gaulanite fituée fuf
le lac Semechon.
Enfin Pline, l. V. c. xxiyt. dit qu’on donna le nom
de Séleucie à la ville de Tralles ou de Trallis en Lydie.
(D. J.)
SÉLEUCIENS, f. m. pl. ( Hift. eccléf. ) hérétiques
qui parurent dans le quatrième fiecle, 6c eurent pour
chefs Seleucus 6c Hermias : ce qui leur fit aufli donner
le nom d'Hermianiens ou Hermiens, Hermiam.
Foye[ H e r m i e n s .
Ces deux héréfiarques 6c leurs feriateurs enfei-
gnoient, comme Hermogenes , que la matière étoit
eternelle, que Dieu étoit corporel, que les âmes
avoient été tirées de la matière , ou au moins qu’étant
compofées de feu 6c d’efprit, elles ne dévoient
point être baptifées par l’eau. C’eft pourquoi pour
adminiftrer leur baptême, ils ufoient d’un fer chaud
dont ils imprimoient la marque fur le front de leurs
profélytes. Ils ajoutoient que le mal vient de Dieu ou
de la matière , qu’il n’y a point de réfurreûion, ou
qu’elle n’ eft autre chofe que la génération continuelle
des hommes , que le paradis eft vifible, 6c enfin que
J. C. reffufeite n’eft point aflis à la droite dè fon pe*
re , mais qu’il avoit abandonné cette prérogative
pour fixer fon trône dans le foleil. Dupin, bibliot. des
ant. eccléf. des trois premiersJiecles.
SELEUCOBELUS, ( Géog. anc.} ville de la haute
Syrie. Théodoret dit que S. Bafile avoit mené la
vie monaftique dans cette ville. C’eft la Seleucià, ou
Seleucus ad Belum de Ptolomée, /. V. c. xy. St de Pline
, l. V. c. xxiij. C’eft le fiege épifcopal que les no-
Tome XIV»
S EL
tices appellent Séleucobelos, 6c dont l’évêque eft ap-
pellé jeleucobelitantis epifeopus dans le premier concile
de Conftantinople; mais oii ne fait pas au jufte ce
qiie ‘c’eft qiié ce fürnom de Belus, 6c l’on ignore ce
qu’on doit entendre par ce mot ; eft-ce une riyiere }
oü line montagne de ce nom ? ( D . J. }
SE LG A , ( Géog. aiïc. ) ou Selge, ville de l’Afié
mineilré dans la Pifidie. Elle étoit confidérable du
tems de Dénis le périégeté, vers 860, qui lui donna
l’epithete de /j.tyctXavv//.oç, rnagni nomittis. Il en fait
une colonie des Amycléens, ainfi nommés d’A/nidce^
lieu du Példporinèfe dans le territoire de Lacédémone
: ce qüi fait que Strabon 6c Etienne le géographe
difent que Se/ga étoit une colonie de Lacédémoniens;
Le même Strabon ajoute que c’étoit une ville forte,
bien peuplée, & où l’on avoit vu quelquefois jüfqu’à
20 mille hommes. Il dit encore qiie les habitans de
Cette ville éfoierit les plus cônfidérables d’entre les
Pifides, & Polybe, l. V. les repréfente comme uti
peuple guerrier.
On trouve divëffes médailles avec cè mot :
6c l’on en a erttr’autres une de Decius , où ori lit ces
mots i e'ehXa.K.tS'ctif/.oviov (riXytm o/j.ivcix , Lacedoemomo-
tum Selgenfiumque concordia. ■
Zozime, L. V. c. xv. qui riôùs apprèrid que Selgà
étoit fituée fur urte colinë, èrt fait une petite ville dé
la Pamphylie : oppidulum Pamphilioe eß in colléfitum.
Il l’appelle petite ville, parce que de fon tems elle
étoit fort déchue de ce qu’elle avoit é té , 6c il la met
dans la Pamphylie* parce que, comme nous le voyons
par les notices, la partie inférieure de la Pifidie fé
trouvoit alors renfermée dans la Pamphylie. (D. J.}
SELGIUCIDES, ( Hiß. orient.} nom d’urte dyriaf-
tie puiflante qui a régné dans l’Orient, 6c dont le
chef fe nommoit Selgiuk. Cette dynaftie a étédivifée
en trois branches; la première des Selgiucides de Per-
fe , dans laquelle on compte quinze empereurs ; là
fécondé des Selgiucides du Kerman , qui a eu onze
pririces ; la troifieriie des Selgiucides de Roum, qui
a duré 220 ans fous quinze fultans. (Z>. /. )
SELIMNUS, f. m. ( Mythol.} flêuvë de l’Achaïe,
qui a fort embouchure près d’une fontaine appelléé
Argyres. Sélimnus, difoit-on, fut autrefois Un beau
jeune berger qui plut taht à la nymphe Argyre, que
tous les jours elle fortoit de la mer pour le venir trouver.
Cette paflionne dura pas lortg-tems; ilferiibloit
à la nymphe que le berger deVenoit moins beau ; elle
fe dégoûta de lu i, 6c Sélimnüs en fut fi touché qu’il
mourut de déplaifir. Vénus le niétamorphofa en fleuve;
mais tout fleuve qu’il étoit, il aimoit toujours
Argyre ; la déeffe ayant dohe pitié de lui encore une
fois, lui fitperdre entièrement le fouvenir de la nymphe.
« Aufli croit-on dans le pays, ajouté Paufanias3
» que les hommes 6c les femmes, pour oublier leurs
» amours, n’ont qu’à fe baigner dans le Sélimnus ; ce
» qui rendroit l’eau d’ün pri£ inèftimable, fi l’oii
» pou voit s’y fier ». ( D . J. )
SELING , f. m. ( Comtii. } poids 6c monnoie dont
on fe fert, 6c qui a cours dans le royaume de Siam ;
il fe nomme mayon en chinois. Voye[ Ma y ON.
Dicfiohh. di Comrtierde & de Trév.
SELINGA, ( Géog. mod. ) ville dé l’émpire ruflien,
dans la grande Tartarie, fur la rivierè qui lui donne
fon nom.' Voyè{ Sélinginskoy.
Quant à la rivière même, elle fôrt de diverfes
fources vers les 46 d. de latitude 6c les i i 5 d; dë longitude.
Elle va fe décharger dans le lac Baikal, à 5 5
degrés de latitude. Ses deux bords, depuis fön origine
jufqu’à une journée de Sélinginskoy, font aux
Monugales ; mais depuis Sélinginskoy jufqu’à fon
embouchure, tout fon rivage appartient aux Ruffes.
( / > ./ .) .
SELINGINSKOY, ( Géog. rhod. ) ou Selinga i
ville de l’empire ruflien, dans la grande Tartärie »
B B B b b b *