
85 | S E B
vent dans la matière de la fueur , & dans te lle delà
tranfpiration, de rendre la peau du vifage liffe-, p o
l ie , & d’empêcher l’excoriation des parties qui font
obligées de fe frçtter ; c ’eft pourquoi il fe trouve
beaucoup de-glandes fébacées dans le-, endroits fujets
au frottement-, tels que les jointures, le icrotum, les
aines, &c.
L ’humeur f&acée en fe defféchant forme les petites
écailles que font la craffe de la tête & de tout le corps.
Lorlque cette humeur eil; retenue dans la follicule,
©u dans la glande, elle forme les tubercules ou petites
tumeurs qui naiffent lur la peau , qu’on appelle
taupes à la tête, & tannes au vifage. Voyt{
T an n e .
Celle qui fort du conduit auditif externe de l’oreille
s’appelle cerumm, ou cire. Elle eft jaune &
amere ; elle décrépite , & s’enflamme fur le feu ; fi
•elle s’amaffe & s’endurcit dans le conduit, elle peut
caufer la furdité. 1
Les glandes méibomienes filtrent une matière fé-
%acée, dont l’ufage eft de s’oppofer à la chute des lar-
mes-fur les joues , de les déterminer vers le nez , &
de les faire paffer par les points lacrimaux. Lorique
cette humeur devient épaiffe, elle forme ce qu’on appelle
la chaffie des yeux. La Faye. ( D .J .)
SÉBANICOU, f. m. terme de relation ; efpece de
vin préparé en Ethiopie avec un fruit appelle J'eba-
nïcou ; le vin & le fruit portent le même nom.
S É B A S T E , ( Géographie ancienne. ) ville de la
Paleftine, dans la Samaritide. Hérodote augmenta
& embellit la ville de Samarie, & lui donna le nom
de Schüße ou d’Augufia, en l’honneur de l’empereur
Augufte, le nom de Sébafie voulant dire Auguflt en
grec.
20. Sébafie, v ille & île de la Sicile propre> félon
Ptolomée , l. V. c. viij. qui la marque après le promontoire
de Coryens. Cette ville n’eft autre chofe
que celle d’Eleula, dont Archélaiis , comme nous
l ’apprend Strabon, /. X IV . p. 6y i. fit fa rélidençe,
lorfqu’Augufte lui eut donné la Cilicie.
30. Sébafie, ville de l’Afie mineure, dans la Gala-
tie. On voit dans une ancienne infcription rapportée
par Gruter , p . 427. n°. 8. que cette ville de Sébafie,
•étoit le pays des Teétofages.
4°. Sébafie eft aufli le nom d’une ville du
Pont, fur le penchant du mont Paryadrès. C ’étoit
originairement un lieu bien peuplé , oh Mithridate
«voit bâti un palais. Pompée en fit une ville qu’il
nommaDiopolis,&c la reine Pythodoris qui l’augmenta,
l’appella Sébafi«,& y établit fa réfidence. C ’eft de
cette ville dont il eft parlé dans les martyrologes.
50. Sébafie eft enfin un liège épifcopal de l’Afie mineure
où naquit, au commencement du v. fiecle, At-
ticus, patriarche de Conftantinople. Les anciens parlent
fort diverfement de fon favoir, & le grand nombre
s’accorde à lui donner plus de naturel que d’étude
; ce qu’il y a de fû r , c’ eft qu’il n’étoit pas fuperf-
iitieux , & ou’il prit foin d’étouffer en particulier la
jfuperftition, qui confifte dans l’adoration des morts.
Sa charité s’étendoit également aux hérétiques
comme aux catholiques. Il écrivit à Calliopius : « J’ai
♦ > appris qu’il y a dans votre ville un grand nombre
» de perfonnes qui ont befoin du fecours des gens
J de bien : recevez ces trois cens pièces d’o r , pour
y> les diftribuer félon votre prudence, à ceux qui font
| j dans la nécefîité. Je ne doute point que vous ne
y, choififfiez les honnêtes gens que la honte empêche
» de demander, plutôt que ceux qui ne demandent
» que pour fe nourrir dans l’oifiveté. La feule chofe
» que je vous recommande , c’eft cjue vous n’ayez
» point d’égard à la différence de religion , je veux
» dire, que vous nourrifliez ceux qui ont befoin,
» fans confidérers’ils font de notre fentiment ou non».
Socrate, hiß. ecdéf. I. VH. c, xxy.
S E B
I l m’emporte peu de favoir à préfent, file p a t r ie
ehe Atticus étoit favant': dès que je vois en lui des
feritimens f i nobles, fi judicieux , & fi dignes d\m
chrétien, je m’embarraffe peu de fa fcience. Il mourut
en 425 , dans la dix-neuviem.' année de fon pa-
triarchat. ( D. J. )
SE B A S T 1A , ( Géog. anc.) ville du Pont polémo-
niaque : Ptolomée , /. V.c. vj. la marque dans les terres.
Elle eft mife dans la Colopene par Pline, l. VU
o. iij. ( D. J .)
SÉBASTIEN, s a in t , ( Géog. mod. ) ville d’Efpa-
gne,dans la province de Guipufcoa, au pié d’une
montagne qui lui fert de digue. Elle a un port fur l ’Océan
, à l’embouchure de la petite riviere Guruméa,
appellée par les anciens Menanum.
Cette ville eft à 18 lieues au levant de Bilbao , &
à 84 de Madrid ; fa grandeur eft médiocre, mais les
rues en font larges, longues, droites, Si bien pavées;
les dehors en font agréables : on y a d’un côté la vue
de la mer, & de l’autre on voit en éloignement les
Pyrénées au bout d’une campagne fablonneufè; ’
Sur le haut de la montagne eft une citadelle qui
commande la ville , avec une garnifon qu’on y tient*
Le port eft un baflin formé par l’Océan, Si agrandi
par l’art : les bâtimens y font généralement en fureté
au pié de la montagne, qui les couvre ; cependant
les vaiffeaux de guerre du roi d’Efpagne font à un autre
port fitué à un quart de lieue de la v ille , tirant
vers Fofttarabie.
Saint-Sébaftien eft peuplé , Si fait un grand commerce
de fer,d’excellent acier, Si des laines de la
Caftille vieille. D'ailleurs le féjour de cette ville eft
gracieux; c’eft un pays de bonne chere. Le poiflon S i
les fruits y font admirables. La ville eft fous la dépendance
de l’archevêque de Burgos. Long. i5. $5. latiti
4 3 - 24. (D .J .)
S é b a s t ie n yfaint, ( Géog. mod. ) vilfo de l’Amérique
méridionale, au B réfii, dans la capitainerie de
Rio-Janéiro , fur la côte occidentale du golfe formé
par cette riviere , dans une plaine entourée de montagnes.
Corréa, célèbre capitaine du xv. fiecle, fonda
cette v ille , que fon petit-fils augmenta Si embellit
dans le fiecle fuivant. Les Jéfuites & les Bénédi&ins
y ont des palais : c’eft le fiege d’un évêque fuffragant
de Saint-Salvador , Si la réfidence du gouverneur
de la province. Le commerce confifte principalement-
en coton, Si bois du Bréfii. Laut, méridion. 23. 4&,
{ D .J . )
SÉBASTIONIQUE, f. m. (Art numifmat.) Ce mot
fe trouve dans une infcription que rapportent Fabret,'
infer. c . j . p. 112. Si Spon, dans fes recherches. Gadius
avoit tiré cette infcription de deffus une urne de marbre.
C’eft l’épitaphe d’une chanteufe monodiaire
nommée fferia Thisbé, fille ou femme de Claudius
Glaphyrus , choraulce , aclionica & febaflionica, c’eft;
à-dire, joueur de flûte attionique Si fébaftionique*
Ces deux mots lignifient un vainqueur aux jeux aétia-
ques, Si aux jeux auguftaux. Cela nous marque donc-
que T . Claudius Glaphyrus avoit remporté le prix &
ces deux jeux. ( D . J. )
SÉBASTOCRATOR, f. m. ( Emp. de Confiantin
M. Fleury emploie ce mot dans fon hifi. eccléfiafiiquéÿ
tome XVIII. C’étoit le nom d’une dignité à la cour
des empereurs de Conftantinople. Le fébafiocrator
étoit inferieur au defpote, mais c’étoit une charge de
faveur que l’empereur ne donnoit qu’à des favoris ;
ils portoient des ornemens Si des vetemens particuliers
, pour marque de leur dignité. ( D . J. )
SÉBASTOPOLIS, ( Géog. anc. ) nom de trois différentes
villes d’Afie. i° . ville de l’Afie mineure dans
l’Æolide , dont le véritable nom étoit Myrina, comme
le dit Pline, l. V. c. x xx. 2®. ville de l’Afie mi-
ncure, 4ans le ïfont çappa4Q$i£n > Ptolomée,
S E B
I. V. c. vj. ou dans la Colopène cappadoeienne , fuivant
Pline,/. VI. c. iij. 30. ville d’Afie, dans là Col-
chide'; cette ville auparavant nommée Diofcuriade,
étoit le port le'plüs célébré de la Colcnide, Si celui
d’un des plus grands commerces qui fe fiffent du teins
des Romains. Là fe rendoient des marchands; de pref-
que toutes les nations. Pline affure-que l’on y- voyoit
des négpeians de trois cens,,langues différentes^, qui
trafiquoient enfemble fans s’entendre les uns les au- « B H ■ ■ jSÉBATy f. m. ( Calend. des Hébreux. ) cinquième
mois de l ’année civile des Hébreux , Si le onzième
de Tannée eccléfiaftique, qui répond à une partie de
notre mois de Janvier, Si à une partie de Février. Les
Juifs commençoient par ce mois à compter les années
des arbres qu’ils plantôient. Le dix de ce mpis
étoit un jour de deuil, pour là mort des anciens qui
vivoient fuccédé à Jofué ; le vingt-troifieme ils célé-
broient la mémoire de la réfplution qu’ils prirent de
venger l’outrage fait à la femme du lévite ; Si le trentième
ils pleuroient la mort de Simon Macchabée,
tué par Ptolomée fon gendre. ( D .J . ) £
SEBAUDUNUM. , ( Géog: anc. ) ville de l’Efpa-
gne tarragpnnoife. Elle eft donnée aux Çaftcllani
par Ptofomée , 7. II. c. vj. ( D . J . )
SÉBEN1C O , ( Géog. mod. ) ville de l’état de Ve-
aiife, dans la Dalmatie , capitale du comté de même
nom, près de l’embouchure de la Cherca, dans le
gôjfe de Yenife, à feize lieues au nord-oueft de Spa-
latro, dont fon évêché érigé par Boniface VIII. eft
fuffragant. Les Vénitiens qui elle appartient, l’ont
fortifiée. Le port formé par l’embouchure de la rivière
Cherca, eft fort grand. Longit. 34. iG. latit.
4 4 '
LeSchiavone (André) né dans.cette ville en 1511,
mort à Venife en 1582, apprit la Peinture pour fub-
fifter , ce qui ne lui permit pas d’étudier toutes les
parties de fon art. Son deffein eft incorreéf, mais fon
coloris .eft charmant. Sa touche eft facile , agréable ,
Si fpirituelle. L’Aretin étoit fon ami, Si lui fournit
des idées ingénieufes pour fes tableaux : de-là vient
qu’on en a gravé plufieurs. ( D . J . )
SÉ8ÏNICO, San Nicolo d i, ( Gèogr. mod. ) île du
golfe de Venife, fur la côte de la Dalmatie, au comté
de même nom ; c’eft la plus confidérable de ce comté :
on Ta joint à la terre ferme par,le moyen de Tart,
Si elle a tiré fon nom du fort Saint-Nicolas. ( D . J. )
SÉBENNYTE , NOME ,,( Géog. anc. ) Sebennytes-
nomus ; nome d’Egypte entre les bras du Nil, appelle
Phcrmuthiaque Si Atrhibitique, près de leurs embouchures.
Hérodote, /. II. c. clxvj. Si Pline, /. V. c.jx .
ne connoiffent qu’un nome-Sébennyte ; mais Ptolomée,
/. IV. c. v. le divife en inférieur Si en fupérieur, dont
le premier avoit la ville Pac/mamunis pour capitale,
& le fécond la ville de Sebennytus , qui donnoit ,1e
nom aux deux nomes, à une des embouchures du
N il, Sebennyticum ofiiurn, à un des bras de ce fleuve,
• Si à un lac. ( D. J.)
SE B EN N Y TU S, (Géog anc.) ville d’Egypte dans
le Delta, métropole du nome Sébennyte fupérieur.
Cette ville étoit dans le v. fiecle un évêché de la fécondé
Egypte ; c’eft à-préfent un bourg fur les bouches
du N il, oit fe paye la douane de ce qui va au
grand Caire. (D .J . )
SEBERO, le , ( Géog. mod. ) riviere d’Italie , au
royaume de Naples, dans la terre de Labour. Elle
prend fa fource à fix milles du mont Véfuve, au lieu
appelle Cancellaro, Si entre en partie dans les aqueducs
de Naples. Ces aqueducs, pour le dire en paf-
fant, font un ouvrage digne, de la magnificence des
anciens Romains ; ils ont en-dedans des galeries, Si
d’efpace en efpace des regards par lefquels on peut
ôter les immondices : de plus, ils vont en ferpentant,
afin que l’eau étant agitée, en foit meilleure. C’eft
Tome XIV.
S E B 85^
par ces aqueducs que le roi Alphonfe I. fe rendit maître
de Naples en 1442. (D . J. )
SEBÉSION, f. f. ( InJ'cript. antiq.) Ce-terme d’inf-
criptibn feul ou joint à un autre;, eft un des plus dif- .
ficiles à entendre. On n’a pas- été plus heureux à expliquer
ces deux mots , nama febefio , qu’on a trouvé,
dans le dernier fiecle fur un marbre antique.: tous les
gens de Tart paroiffent y avoir échoué.
Il faut favoir que parmi les figures de Mithra, ancien
dieu des Perfes, dont le culte fut porté à Rome
du terns de la guerre des pirates, il y en a une fur
laquelle outre Tinfeription ordinaire deo foli invicio
Mithra, on' lit ces mots barbares , nama febtfio , qui
ont mis à la torture les antiquaires. Leurs conjectures
ayant paru peu fatisfaifantes , M. le marquis MafFéi
en a propofé une nouvelle à l’académie des Infcrip- ,
tion en Tannée 1736. L’a&ion de ce bas-relief fait voir
le facrifice d’un taureau. ,
Il obferve que Ton a placé ces mots fous le fang
qui coule en abondance & avec impétuofité de la
bleffure faite au col du taureau, bid/ua <r£îmov, en bon
grec, fignifie, dit M. le marquis Mafféi, J'ource auguf- ,
te y Liqueur vénérable y fluide facrè. Or on ne pouvoit
rien mettre ici de plus propre ni de plus convenable.
On pourroit objefter au fujet de cette explication,
que la derniere lettre manque dans le mot febéfion;
mais on répond que c’eft parce qu’il n’y avoit plus de
place entre l’extrémité du col & le couteau.
. L’on pourroit oppofêr encore qu’à la vérité p£put
eft iifité pour-fignifier une liqueur qui coule ; mais qu’il
n’en eft pas de même de tnCv<nov, qu’on ne trouve
point dans les lexiques. A cela M. Mafféi répond que
nul dictionnaire , de quelque langue que ce foit, ne
comprend toutes les inflexions qu’on peut former ôc
tirer de,s verbes. Sur les marbres antiques on trouve
des verbaux qui ne paroiffent point dans les livres ;
& on fqroit. une longue lifte de mots grecs & latins
qui fe lifent dans les inferiptions-, & qui manquent
clans les auteurs. Sans doute , mais ce n’eft point par
des pofîiblesyc’eft par des faits qu’on appuie les explications
qu’on donne des marbres antiques. M. Mafféi
n’en cite aucun pour appuyer la fienne ; & quand
une lettre lui manque, il-s’en tire par une gentilleffe
d’elprit. (D . J . )
SEBES-KEREZ, ( Géog. mod. ) riviere de la baffe
Hongrie: elle a fa fource dans la Tranfylvanie , au
comté de Claufembourg, près du château de Sebès.
qui a fans doute occafionné fon, nom. Cette riviere
fe partage en trois bras ; & le troifieme après avoir
arrofé le grand Varadin , fe joint aux deux autres. ■ B ■: MH SÈBESTE, ou S e b e n ., ou C e b e n , ( Géogr. mod.)
& plus communément Hermanfiad, ville de Tranfylvanie
,.au comté du même nom, dont elle eft le chef-
lieu , mais un miférable chef-lieu fans défenfe &fans
murailles. Long. 4/. 14. ladt. 46'. 24. ( D . J. )
SÉBESTES, f. m. pl. ( Hifi. des drog. exot. ) fruits
étrangers nommés makeita, par les Arabes ; /xùÇa. ,
par Egihette ; /xv^apia. par Æ tius, nos Médecins leur
ont confervé ces deux noms grecs dans leurs ordonnances.
Ce font des fruits femblables à de petites prunes
noirâtres, faits en forme de poire, pointus à leur
fpmmet, ridés , à demi defféchés ; ils font appuyés
fur un calice , lequel cede facilement ; il eft comme
un vafe concave, prefque de couleur cendrée, enveloppé
d’une peau mince, membraneufe , & noirâtre.
Les fébefies font compofés d’une pulpe brune, vif-
quetife, douce au goût, fort adhérente à un petit
noyau.
Diofcoride & Galien n’ont rien dit des fébefies ;
on ne fait fi ce font les mêmes fruits qu*Athénée appelle
e-apapu^iç ; mais Ton fait du moins certainement
P P p p p i j '
9 '
4