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compofé par Afrid, religieux de Yiffembourg , qui
vivoit vers le milieu du neuvième fiecle ; c’eft du
franc tout pur, auquel nous n’entendons plus rien.
S M I • I ■
Rime, on fousentend longue, ( Marine.) commandement
à l’équipage d’une chaloupe, de prendre
beaucoup d’eau avec les pelles de rames, 6c de tirer
longuement delïus ces rames.
Rime bonne, ou Bonne rime , {Marine.') commandement
aux matelots du dernier banc d’une chaloupe
, de voguer ou de ramer comme il faut.
RIMEUR, f. m. ( Littéral. ) écrivain qui rime ou
qui compofe des vers rimés. Ce terme n’eft guere
nfité qu’en Poéfie, où il eft fynonyme à poète, &
fe prend ordinairement en bonne part, à moins qu’il
ne foit reftraint 6c déterminé par quelque épithete
de blâme. Àinfi M. Defpréaux a dit qu’Apollon
Voulant pouffer à bout tous les rimeurs françois,
Inventa du fonnet les rigoureufes lois.
Et ailleurs,
Gardez- vous d’imiter ce rimeur furieux ;
où il s’agit de Charles du Perier, un des meilleurs
poètes latins 6c françois que nous ayons eu.,
RIM1NI, ( Géogr. mod. ) en latin Ariminum, ville
d’ Italie dans l’etat de l ’Eglife 6c dans la Romagne ,
limée à l’embouchure de la Marecchia dans la mer
Adriarique , à 25 milles au fud-eft de Ravenne, 6c à
10 milles au nord-oueft de Pefaro. Long, 3 0. i j . lat.
fuivant des Places, 43.3,9. 28.
Cette ville étoit anciennement dans le pays dés
Sénonois d’Italie , 6c devint enfuite colonie romaine.
Tite-Live, l. X X V I I . la met au nombre des dix-huit
colonies qui affifterent la république de Rome dans
le tems des profpérités d’Annibal. Il paroît qu’elle
étoit chérie des Romains par les beaux relies d’antiquité
qui s’y voyent encore. Au°ufte y lit bâtir le
magnifique pont fur lequel on palTe la Marecchia.- Il
joignit à Rimini la voie Flaminienne avec la voie
Emilienne. Tibere contribua de fon côté à la conf-
tru.ffion de ce pont, c’elf-à-dire qu’il le finit. Les autres
antiquités de Rimini font les ruines d’un amphithéâtre
, celles d’un arc triomphal érigé pour Au-
gulte , 6c la tour de briques, qui étoit le phare de
l’ancien port ; mais la mer s’étant retirée a un demi-
mille de cet endroit, le phare eft préfentement environ
né de jardins.
Rimini fut fujette aux empereurs romains jufqu’à
la fin de leur empire. Elle obéit aux exarques de Ravenne
tant qu’ils fe maintinrent ; enfuite elle fubit le
joug des Lombards : après que ceux-ci eurent été défaits
par les François, elle reconnut les rois d’Italie ,
6c puis les Malateftes, vicaires de ceux-ci. Pandolfe
l’un d’eux, vendit la ville aux Vénitiens ; mais l’armée
de ces derniers ayant été défaite à Frivolta-Secca
par les troupes de Louis XII. roi de France, ce prince
mit le pape en poffeflion de Rimini, poffeflion qu’il
a gardée .jufqu’à ce jour.
Cette ville eft aujourd’hui petite, dépeuplée, pauvre
6c fans fortification ; elle n’a jamais été féconde
en favans, mais en quelques théologiens fcholafti-
ques, tel a été Grégoire dit de Rimini, furnommé le
doôeur authentique, 6c qui étoit général des Au-
guftins en 1357.
Battaglini (Marc) né à Rimini en 1645, s’ eft un
peu diftingué de fes confrères par quelques ouvrages
italiens, 6c entre autres par fon i(lori;a univerfale di
tulli i concilii générait particolari di fanta Chiefa. Le
pape Clément XI. le nomma à l’évêché de Cesène.
en 1716 ; mais il mourut peu de tems après âgé de
71 ans. Le P. Niceron a mis cet évêque au rang des
hommes illuftres. {D . J.)
RIMMAGEN, ou RIMAGEN, {Géogr. mod.) pe-
ÿte ville d’Allenjagne dans le duché de Juliers ? fur
le bord du Rhein. On a trouvé auprès de cette ville
quelques antiquités romaines, ainïi que d’anciennes
monnoies d’or 6c d’argent, ce qui joint à la reffem-
blance du nom, a fait regarder Rimmagen pour être
le Rigomagum de Tacite. {D . J.)
RIMOCASTRI, {Géogr. anc.) village de la Bæo-
tie : Y/heler, dans fon voyage de Grece, dit tom. II.
I. III. Rimocajlri eft fitué fur la croupe d’une montagne
, qui découvre une grande plaine au fud, 6c a
une vue fans borne vers la M orée, entre Hélicon 6c
Cythæron. Il eft partagé en trois petits groupes de
maifons,deux fur la montagne 6c une au-deflous, qui
peuvent faire en tout environ cent cabanes de grecs
6c d’albanois, tous chrétiens, excepté un fous-bacha
qui les gouverne 6c qui eft turc. La partie du village
qui eft fur la pointe de la croupe, paroît avoir été autrefois
fortifiée d’un folfé du côte du nord; le précipice'de
la montagne la défendant de l’autre côté,
quoique faris néceffité à préfent, leur pauvreté les
mettant à couvert de toute entreprife. Le vin eft ici
le meilleur & le plus fort de toute la Grece. Il y a au
pié de cette même montagne plufieurs grandes ruines
que quelques-uns croyent être celles de l’ancienne
■ Thefpia , 6c que d’autres prennent pour celles de la
ville de Th ifoa. {D. J.)
RINCEAU, f. m. ( Archit. ) efpece de branche
qui prenant ordinairement naiüance d’un culot, eft
formée de grandes feuilles naturelles ou imaginaires,
& refendues comme l’acanthe & le perfil, avec fleurons
, rofes , boutons 6c graines, 6c qui fert à décorer
les frifes, gorges 6c panneaux d’ornement. Il y a
dans la vigne de Medicis à Rome, des rinceaux anti-«
ques de marbre d’une finguliere beauté. {D. J.)
Rinceau , {Jardinage/) ornement de parterre formant
une efpece de ramage ou de grand feuillage ,
qui prend naiflance d’un culot, 6c 1e porte vers le
milieu du talleau, en rejettant d’efpace en efpace des
palmettes, des fleurs, des graines , & autres orne-
mens.Les rinceaux ne font plus fi à la mode. On leur
préféré les mafiifs de gafon qui forment des compar-
timens 6c des cartouches, rendent la broderie plus
légère , & en interrompent le trop de longueur.
RINCEAU , terme de Blafon; lorfqu’on voit des
branches croifées 6c enlacées fur un é cu, on le bla-;
fon ne aux rinceaux pafles en fautoir. {D . J.)
RINCER, v. z6k.{Gramm.) c’eft nettoyer un vaif-
feau avec de l’eau ; on rince un verre, un p o t , une
terrine, fa bouche , &c.
Rincer , terme ujité dans les ports de Paris, pour
fignifier l’aûion de changer une marchandife d’un bateau
en un autre.
RINGARD , f. m. {Forgerie.) barre de fer dont on
fe fert pour manier de greffes pièces à forger, comme
une enclume. On le dit aufli d’un, gros bâton
ferré, Dicl. des Arts. { D. J. )
RINGCOPING, (Géogr. mod.) petite ville de Danemark
dans le Nortjutland, au diocefe de Rypen ,
fur la côte occidentale. {D. J.)
RINGEAU, ou RINJOT, f. m. {Marine.) c’eft
l'endroit oii la quille 6c l’étrave d’un vaiffeau fe joignent.
RINGSTEDT, ou RINGSTAD, {Géogr. mod.)
ville de Danemark dans l’île de Sélanda, chef-lieu
d’un bailliage de même nom ; il y avoit autrefois un
monaftere où Waldemar I. & Erric le Pieux, ont eu
leur fépulture. Long. 29, 44. laùt. 55. 2 Cf. {D. J.)
RINTLEN, {Géogr. mod.) ville d’Allemagne dans
la Weftphalie, au comté de Schawenbourg fur le
"Wefer, entre Menden & Hambourg. Erneft, prince
de Holftein, établit en 1612, une académie en cette
ville , à laquelle l’empereur Ferdinand II. accorda
des privilèges. Long. 26'. j.5 . latit. 5u. 16.
Henichiusv(Jean) théologien, naquit à Rintlin en
1616 , 6c mourut en 16 7 1 , à 5 5 ans. Ses principaux
Wùvfàgcs font des inftifutiôiis tlîêôlôgiqiîês ; Scitïiè
hiftoire èccléfiaftiqüe & civile, en latin. {D. J.)
RIO-AQUADO b {Géog. mod.) riVierë d’Afriquè
dans la Nigrifie , du royaume de Gôja. Ellé prend fa
fource au pays des Houdos -, & fe jette dans la mer
à neuf lieues de Câbo-Monte. Elle eft large & profonde,
mais elle n’eft pas havigttablè à càùfé des
écueils qui interrompent fon cours. {D . J .)
RIO-BLANCO, {Géog.fpod.) nvicte d’Afriqlië»
dans le Bilédulgérid. Elle fort des moiitagiVes près de
la L yb ie, 6c fe jette dans l’oèéari par plufieurS ém-
bouchures. {D . J.).
■ RIO-BLANCO, {Geôg. nibd.) riviere de l’Amérique
méridionale. Elle a deux fources, une appellee
Parirna, & l’autre T acuta•, dans la Guyane. Elle
pafte fous la ligne, Sc fe rend dans R io-Négro, âù-
deffus dü fort des Portugais. {D . J.)
RIO-BUS, ( Hifl.Tnod-.fuperflit.) c’eft chez les îa-
ponois le nom d’une feéle de la religion du Sinfos
qui a adopté les pratiques fuperftitieilfes dés religions
étrangères, & fur-tout celles du Budfdoïfme
ou de la religion de Siaka. Voye^ Sia k a *
RlO-CHIARÔ, {Gcog. modi) petite riviere d’Italie
, dans le patrimoine de S. Pierre, qu’elle fépare
de l’Orviétan. Elle fe jette dans le Tib re, un peu
au-deflùs de Grafignano; ( D . J.)
RIO-DA-VOLTA, {Géog. mod.) rivieré d’Afrique
en Guinée, dans le pays appellé la Côte d^rfSon
embouchurê dans la mer eft à vingt lieues du village
nommé Sinco. {D.
RIO-de-JUNEKO, {Géog. mod.) petite riviere
d Afrique,'dans la Guiiiee. Son embouchure eft à
9 d 10' de long. 6c à 5d <jô' de lai. nord; ( D. J.)
RIO-de-la-GARTOS , {Géog. mod ) riviere de
l’Amérique feptentriona!e,.dans l’Yucatan. Son embouchure
fe ..trouve preiqu’à moitié .chemin"- entre
le cap CâtOche 6t le cap de Condécéno. Cette ri-'
viere eft petite, mais aftez profonde pour les cahots;
d’ailleurs l’eau en eft bonne, & l’on né côn-
noît point d’autre riviere ni ruifteau d’eaü dôucè
fur cette cote, depuis lé cap Catoche jufqu’à trois
ou quatre lieues de la ville de Campêche. {D. J.)
RIO-de-la-HACHA , ( Géog. mod.) nom j 1 °, d’uh
gouvernement de i’Amériqùè méridionale j dans 1§'
nouveau royaume de Grenade: 2°, de la capitale
(fx l’on peut parler ainfi) de ce gouvernement: 30. de
la riviete qui l’arrofe;
Le gouvernement eft borné au' feptentrioh par ia
mer du nord ; à l’orient, par un gtand gOlfé qüi le
fépare du gouvernement de Venezuelot;àu midi par
l’audience de Santa-Fé ; & à l’occident par lé gouvernement
de Sainte-Marthe.
--------- - . . . ---- - . . . . — ~ ~ v i t i c u c lu ii n u i
cette capitale ne contient pas cent maùpns'; cepei
dant on trouve dans fon vifinage des veines d’o:
& des falines. Lat. iii
La riviere de la Hacha mouille ce haméaù ■ 6c
jette dans la mer du nord au fond d’une grande bai
RIO-DOLCE, {Géog. mod.) riviere de l’Amériqt
feptentrionale dans la nouvelle Efpagne ; au »01
versement de Vera-Pax. Elle fe perd dans un pel
golfe qui communique au golfe de Honduras. ( D J
RIO-FORMOSO, {Géog. mod.) riviere des lndi
dans la prefqu’île de Malacca. C’eft Une riviere pr.
fonde, dont la fource eft avant dans les terres <
dont l’embouchure eft dans le détroit de Malacca,
l’onent de la ville de ce nom. (D . J.)
- RIO-GRANDE j {Géog. modi) nom commun
trois rivieres.
Ç’eft, I», nne rivière confidérabfe fiVr ja cÔfé
occidefttale d’Afriqtle. Son cours eft de I’eft ÎU’oueft
jufqu’à l’île de Biflague qtf elfe'foçme* & v * fe' ren-
§rè dans la mer-,/entre l’îlè/dè Bulam 6c iê cap île
Tucublaÿ. Elle eft haviguable jùfqü’à céht lièü'éi 'de
fon embouchure. Ses bords foiît dôûvëïts de grôs hr-
bres, dont on conftruit dés canôts;
a0'. Rio-Grande éff une riviere de l’Amérique méridionale
j au nouveau royaume de Grenade. On lui
a donné ce nom, à catife de la'grandeur de foii cahaî‘.
Ses fources font dans le Pôpàÿàn; & après avoir
traverfé plufieurs provinces, elle va fe jetter dans
la mer du hórd par deux ou trois embouchures:
Elle porte de petites barques jufqu’ à cinquante
lieues dans les terrés'.
30. Rio-Grande eft uïie rivieré de l’Amérique méridionale
au Brcfii. Elle âtrofe la capitainerie de ce
nom, laquelle a le dixième rang parmi celles dii
Brefil. Voyez ( articl£ fuivant. ( D. J.)
R iÖ-Gr a n d e ' ( Géogr. mod.) capitainerie dé
l’Amérique méridionale au Brefil, bornée àu nord
par le pays des Pètàgüay, au midi par là capitainerie
de Tâmaraca ; au levant par la mer du nord ; 6c aii
couchant par la naftoii des Tapuye’s; Elle n’eft
peuplée que d’un petit riombré de Ponugais, & il
y à fort peu d’indiens. Cette capitainerie tire fon
nom1 d’une rivieré qui la traverfê , & dont nous
avons parlé précédemment {D . J.)
R1QJA, {Géog. mod.) ville de 1*Amérique méridionale
, prefqu’à l’entrée d’une plaine qui s’étend
julqu’aù vôifinâge de la Cordillère de Chili, 6c aflèz
près de l’endroit ôù étoit auparavant une autre
ville qui n’â pas long-téms fubfifté, & qui portoit
lë nom de tous les Saints. Rioja fut fondée vers l’an
1 796 par Dom Juan Ramirez,gouverneur de Tucu-
ma'n-. Latit. mérid. 3 0'. (D . J.)
RIO-LONGO ou RIO-MORENÖ, ( Géôg. mod.)
riviere d’Afrique1 ail pays de Bénguela. Son enib^uf
chure ëftàcinq lieues de là baie de Büenguela-Viel-
la , fôus le 1 1. 4. de latit. méridionale. (D . J.)
RIOM , ( G éog. mod. ) en latin Ricornagiim bu Ri-
co'm'âgus ;. enfuite par corruption , Rtiomum 6c Rio-
mùnijà’oii eft vénu le nom de Riom ; ville de France
dans lh baffe Auvergne , ail diocèfe & à 1 lieues de
Clernioiit, à 20 fud-éft de Moulins, & à 9b au midi
dé Paris;’
Philippe-Aijguftè s’en feiïdif niaîtrë par càpititlà-
tibn / oc elle devint fort peuplée fous les ducs d’Au-
verghe, qui y établirent leur cour 6c leur domicile:
Aujoiird’hiii Riom eft confidérable pair fa f'éncchauf-
fée', par fon préfidial ; dont le reffort eft étendu, par
fon bureau des finances , par une chambre des.mon-
noiës & par trois chapitres ; dont l’iïn porte le nom
de S. A ma b le, patron de la ville; Les PP. de i’ôrà^
toire y ont le college. Long. 2 ô: 4. lat. J.5.'-5b,
La ville dé Riom a été le berceau de quelqué’s per-
fônftes illuftres par leur fayoir ou par leur êfp'rit.
Grégoire de l ’ours {Georgius-Florentins Gregorius),
eft le premier dont il faut parler , à caillé dé fbn ancienneté;
On l’a nommé Grégoire de Tours ; parée qu’il
fut évêque de cette v ille en 573. On en a fait tin faint,-
parce qu’il a lui-même écrit pliilieurs livres des miracles
des faints ; parce qu’il s’oppôfa eoufareufe-
ment aux .projets de Chilpéric 6c de Frédégonde ; enfin
parce qu’il fut lié d’amitié avec S. Grégoire le
grand, 6c qu’il vint à Rome vifiter le ioriibeau des
apôtres. Il eft mort en 595. Dom Ruinard a donné
la meilleure édition de fes oùvrages en 1699 ; mais
le feul qui foit utile ; eft fon hiftoire de France en dix
livres, depuisTétablifi'ement du Chriftianifme daiis-
lesGatiles, jufqu’à l’an 595* Cette hiftoire eontiènf
des faits împortans ,• qiïôiqüe le ftyle en foit dur 6c
groffier ,• 6c que l’auteur foit extrêmement fimplë 6c
crédule.On à remarqué qu’il s’eft trompé en plufieùrs
points 6c que plufieurs de fes pàfl'ages veulent être
corrigés. Son lilenee fur lé miracle de la fàintë à'mr
poule eft iiné forte objëâiôh ëontrë là êéraiüdé âé ë£