
Il #
'li i
.1 1
1
! 1..
• n (î
i i i .
1 rJI
. ' itlii ì
1 i
4 8 6 DE L'AIRE DES ESPÈCES.
mieux connues. Au contraire, si les plantes du Cap nous semblent presque
toujours propres à ce pays, c'est un peu, vraisemblablement, à cause de
l'ignorance complète où nous sommes sur la région la plus voisine, celle
du centre du continent africain.
Pour rendre ces faits palpables, je supposerai deux régions, A et B,
ayant, l'une, 12 espèces en tout ; l'autre, 16 (il est inutile pour le raisonnement
d'en supposer davantage). Ainsi :
A contient les espèces : a, c, d, e, f, g, h, i, k, m. — Total, 12.
B contient : n, o, p , q, r , a, 6, c, d, s, t, u, v, x, y, z. — Total, 16.
On remarquera qu'il existe à espèces (a, d) communes aux deux
régions, soit : ^ | pour A, et ^ =: ^ pour B.
Si les deux régions sont entièrement connues, les proportions se trouvent
nécessairement exactes.
, Si, à une certaine époque, la région A est entièrement connue et la
région B entièrement inconnue, on croira que toutes les espèces de A lui
sont propres.
Si les deux régions sont également connues (à moitié, par exemple), on
aura trouvé probablement en même proportion dans chacune, les espèces
des deux catégories, et un calcul de probabilité composée, fera connaître
jusqu'à quel point on sera tombé sur les mêmes espèces, de façon à constater
leur identité. Dans Tune, on aura pu trouver a et b, dans l'autre c et d,
çe qui laisserait dans une erreur complète ; mais si l'on a trouvé a et è
dans les deux, on'aura les vraies proportions.
Enfin, si les régions sont inégalement connues, le problème sera plus
compliqué encore, et la probabilité de se tromper sera ordinairement très
grande. Si l'on distingue 50 régions environ, et qu'il y ait des espèces
communes à deux, d'autres communes à trois régions, etc., le problème
présente de quoi exercer un mathématicien de première force. Je me hâterai
d'ajouter, pour m'excuser de ne pas recourir à un calculateur, que nous
ne pouvons point fournir une des bases qui seraient indispensables dans de
pareils calculs, savoir : le nombre absolu des espèces. Nous l'ignorons, en
effet, pour presque toutes nos régions; nous ne pouvons même pas l'estimer
approximativement pour plusieurs. La proportion actuelle d'espèces
propres à l'ensemble d'une région ou communes avec d'autres, serait
impossible à donner pour l'ensemble d'une Flore. Tout au plus la connaissons
nous pour quelques genres ou familles dont je parlerai plus tard.
A défaut de calculs précis sur cette matière, on serait tenté de chercher
comment la proportion d'espèces avarié, par régions, pour des familles qui
auraient été étudiées soigneusement à deux époques différentes. J'y ai
renoncé, parce que les familles qui sont dans cette condition se trouvent
AIRE RELATIVE MOYENNE DES ESPECES. A87
avoir trop peu d'espèces dans certaines régions et ne sont pas encore assez
connues. On ne serait arrivé, d'ailleurs, qu'à des résultats obscurs et
incertains, après de longues recherches sur quelques centaines d'espèces.
Heureusement, les calculs relatifs aux espèces considérées, non par régions,
mais par classes ou familles, comme je le disais précédemment, n'offrent
pas des doutes aussi fâcheux (a). Je vais donc aborder ce genre de considérations
et ensuite je parlerai des espèces classées par régions, seulement
à l'égard de certaines familles mieux connues que d'autres et avec
toute la réserve que l'état de la Science impose à cet égard,
ARTICLE ÏII.
AIRE RELATIVE MOYENNE DES ESPÈCES SUIVANT LES CLASSES
DONT ELLES FONT PARTIE.
La plupart des procédés par lesquels on découvre l'étendue relative des
espèces, ne peuvent pas s'appliquer quand on considéreles plantes comme
phanérogames et cryptogames, monocotylédones et dicotylédones. l\ n'y a
pas de Species moderne qui comprenne à la fois ces grandes classes. Le
Prodromus ne renferme pas encore toutes les familles de Dicotylédones,
et quant aux Monocotylédones, VEnumeratio deKunth n'est pas terminée.
Aucun ouvrage de ce genre n'est même commencé à l'égard des Cryptogames.
D'ailleurs, les diverses monographies et Species ne donnent pas les
localités avec le même soin. Pour les Cryptogames, en particulier, chaque
espèce existe si souvent dans des pays nombreux et de vaste étendue, que
l'on a pris l'habitude d'indiquer les patries par des termes très généraux
(l'Europe, l'Amérique septentrionale, etc.), ce qui empêche de comparer
avec les Phanérogames. Enfin, il y a des familles cryptogames si peu connues
sous le rapport des espèces, qu'en vérité, il serait absurde de fonder
aucun calcul sur les données actuelles à leur égard, et, par conséquent, sur
l'ensemble des espèces de la classe.
Le seul moyen de comparer, en gros, les aires d'espèces cryptogames et
phanérogames, puis monocotylédones et dicotylédones, est de voir les listes
(a) Les mathématiciens pourraient envisager les régions et leurs espèces sous la forme
d'une loterie. Les 50 régions seraient représentées par autant de boîtes renfermant un
nombre de numéros, tantôt inconnu, tantôt connu approximativement. Parmi ces numéros,
il y en a de communs à deux boîtes, d'autres à trois, à quatre, etc. En tirant au
sort les numéros, on en trouverait quelques-uns de communs à deux, trois ou plusieurs
boîtes. Sur ce thème on peut se poser une foule de problèmes, en supposant des nombres
connus ou inconnus pour le total des numéros, des nombres connus à moitié, au
tiers, etc.; puis, des proportions diverses de numéros communs soit dans chaque boite,
soit parmi ceux que l'-on tire.