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222 DÉLIMITATION DES ESPÈCES.
On voit clairement qu'à Trieste la pluie n'est pas assez fréquente. Si elle
tombe avec abondance, dans la plupart des mois, l'humidité qui en résulte
ne suffit pas.
A Venise, les quantités et les jours de pluie sont, en général, un peu
plus faibles qu'à Milan; mais des observations de sept ans et de cinq ans
ne suffisent pas pour préciser la différence. Milan est, à tous égards, sur la
limite des conditions observées ailleurs pour l'espèce. La multiplicité des
canaux et des rizières dans la Lombardie doit lui être favorable. Elle détermme
une humidité plus grande que celle dont la pluie donne la mesure.
L'exemple d'Udine, où l'humidité ne manque certes pas, même en été,
montre que l'espèce ne peut pas supporter une chaleur d'un certain degré.'
En Allemagne, où elle fleurit en été, elle ne rencontre pas des moyennes
mensuelles supérieures à 19°. De même à Toulouse, à Milan, où elle
achève sa vie avant l'été, et plus au midi, où elle végète pendant l'hiver.
A Udine (a), la moyenne de mai est déjà de 21°, celle de juin 23°, de
juillet 28°. A Venise, elle est seulement de 17° en mai.
Les conditions de l'espèce seraient donc, pour l'ensemble de son habitation
:
1° Une température mensuelle de 6° au moins et de 20» au plus. Audessous
du premier chiffre la végétation serait suspendue ou arrêtée complètement;
au-dessus du second elle serait empêchée, même lorsque l'humidité
est suffisante.
2° Une somme de chaleur (en plaine et sous des latitudes moyennes)
de 2200° au moins, entre deux époques faisant obstacle.
3" Dans une série de mois offrant ces conditions de température, au
moms 25 millimètres et sept jours de pluie dans chaque mois (Strasbourg,
Ratisbonne, en avril) sous 9 à 10° de température; au moins 51 milli-=
metres et dix jours de pluie sous 18 à 19° de température (Paris en août).
§ IV. ESPÈCES VIVACES.
A. Exposition détaillée des limites équatoriales de quelques espèces.
3* Dianthus carthusîanorum, LD.
aîroruhens, AU.
L'OEillet des Chartreux ne croît pas aux îles Açores (Seubert, FI. ; Wats in
Lond. Journ. BoU v. II[ et VI), ni à Madère et Porto-Santo (Lemahn, cat. mss )
m en Portugal (Brot., Fl.), ni en Algérie (Desf., F/. : Mmhj, Fl. Alger
M. Boissier ne a pas trouvédans le midi de rEspagne(Foy. Bot. EspX ni M K -
laart, a Gjbra tar (F/. Calpensis), ni C.-A. Fischer, aux environs de Valence
{Descr. de Val.). 11 manque aux îles Baléares (Cambess., Enum.) Asso le oite en
(a) Schomv, Clim. [tal., part, ii, d'après cinq ans d'obs.
y.
LIMITES ÉQUATORIALES DES ESPÈCES SPONTANÉES. 223
Aragon (Syn, stirp, Arctg,^ p. 53), mais dans une localité peut-être élevée (en la
modorra de Baldenas). M. Willkomm (Fîoîtî, i 851, p. 603) le cite dans une
localité dont l'élévation ne m'est pas connue, entre Molina d'Aragon et Pardos de
laNouvelle-Castille. M. Colmeiro {CataL pl. Catal.^ p 22) ne l'indique en Catalogne
que dans les montagnes. Il n'en parle pas en Galice [Recuerd. Gal., 4 850).
Vandelli paraît l'avoir trouvé en Portugal [Fl. Lus. spec.^ p. 29); mais il ne
donne aucune localité, et j'ai dit que Brotero ne mentionne pas l'espèce. Il est
donc très douteux qu'elle croisse dans la péninsule ibérique, hors des montagnes
et plateaux.
Il n'en est pas de même de l'autre côté des Pyrénées. On trouve le Dianthus
carthusianorumdans ledépartement de ,1a Gironde (Laterr., Fl. Bordel, édit.,
p. 96), à Toulouse (Noulet, Fl. soìis-Pyrén., p 79), où il est même commun.
Si on ne l'indique pas autour de Montpellier (DC., Cat. h. Monsp.), ni de Marseille
(Castagne, Fl. Mars.), il faut remarquer qu'il est près de Toulon (Rçbert,
Catal^ p. öl) et deFréjus (Perreymond, Pl. Fréj., p. 29). Turio l'indique près
de Chiavari [Specim. plant. Clav.^ p. 12), et M. De Notaris sur la côte de Ligurie
en général (P7^osp. Fl. Lig., sub nom. D. atroriibens, AU.). M. Bertoloni (F/.
Ji., IV, p. 544) cite diverses localités du nord et du centre de l'Italie. Ni lui, ni
les auteurs de Flores françaises ne mentionnent la Corse. M. Moris n'a pas trouvé
l'espèce en Sardaigne (F/., vol. I). Elle manque aussi à l'île de Capraria (Moris et
De Not., Fl. Caprarioe). M. Tenore l'indique dans les collines de Calabre [SylL,
p. 207, sous le nom de D. atroritbens)^ mais dans le royaume de Naples (Ten.,
Syll., p. 367), il ne descend peut-être pas dans la plaine, et en Sicile (Ucria in
Guss., Syn., p. 495), il est rare, même douteux.
Sibthorp, D'Urville, ni l'Expédition française enMorée, ne l'ont rapporté de la
Grèce. M. Margot ne l'a pas trouvé à Tîle de Zante [FL Zant,). Il est pourtant
sur le littoral de Dalmatie (Ebel, Zwölf Tage im 3fonten., p. xxx) ; mais M. Ebel
ne l'a trouvé dans le Montenegro que sur une montagne (¿ò., p. 72). Sibthorp
l'indique à Constantinople (Sni., Prodr., I, p. 283), mais je ne le vois ni dans le
cat. mss. de M. Castagne, ni dans Griseb. {Spicil)., ni dans un herbier assez complet
pour les environs de cette ville, que M. Thuret a bien voulu me donner.
M. Frivaldskî l'a envoyé de Koumélie à M. Boissier, sans indiquer si c'est de la
plaine ou des montagnes. On le trouve aux environs d'Akkermann en Bessarabie
(D. atroruhens, Tardent, Essai Hist. nat. Bessar.^ Lausanne, 1 84'I, p. 83), et près
de Sévastopol enCrimée(D'ûrv., Enum.,^. 45). Dans le Caucase occidental, on ne
le cite pas au-dessous de 200 toises d'élévation (C.-A. Mey., Enum., p. 21 '!), et
M. C. Koch ne le mentionne dans l'Asie Mineure que sur une montagne (Lf/mc^a,
184i, p. 7^0). Ledebour [Fi. Ross., I, p. 275) l'indique d'après Sokoloif, à
l'embouchure du fleuve Oural dans lamer Caspienne.
La limite méridionale, en plaine, serait donc : le pied des Pyrénées du côté de
France (43® degré lat.), le littoral français de la mer Méditerranée (avec quelques
exceptions peu importantes, comme les environs de Montpellier et de Marseille),
le littoral de la même mer en Itahe jusqu'aux limites des États de Rome et Naples
(41® degré environ), la Dalmatie (43^ au 44^ degré), Constantinople? (41degré),
et d'une manière plus sure peut-être les bouches du Danube (45'^ degré), la Crimée
(45® degré), les bouches de l'Oural (47® degré).
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