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^ ^ ^ DELIMITATION UES ESPÈCES.
cou et à Casan, où le froid est rigoureux, on peut présumer que l'exclusion
tient bien à celte cause, d'autant plus que les moyennes d'été
et de la saison de la végétation en général, sont souvent plus élevées'
dans la Russie centrale, au nord de la limite, que, par exemple, sur
les rives de la Baltique, en deçà de la limite.
Si l'on admet l'exclusion de l'espèce en Russie par des hivers de
—8° à —9", ou par des moyennes de janvier de — 9° à — ] 0", la partie
occidentale de la limite devra s'expliquer par les températures de la belle
saison.
Le tableau qui précède montre à quel point la méthode des moyennes est
vicieuse pour expliquer les faits de végétation. Quelle que soit la saison
que 1 on envisage, il y a des moyennes plus fortes au delà de la limite de
espece qu'en deçà, même en laissant de côté l'intérieur de la Russie et si
1 on veut la Livonie, où le froid de l'hiver joue un rôle plus ou moins prépondérant.
^
Voyons si la méthode des sommes, à partir d'un certain degré, s'appliquerait
mieux. En essayant plusieurs minima, de 5» à 10", j e trouve :
VILLES,
En dedans de la limite ou sur la limite.
Edimbourg (a)
~ Mitau (b)
-L- Fcllin {b}
Hors de la limite.
Ullensvang (Norwége) (a)
Stockholm (a)
Je^elecht près Reval
SOMMES A PARTIR DE
2623
2529
2052
2506
2331
2051
8°
2482 2149
UIO 2324
1981 1848
u n 2269
2268 2104
1970 1830
10<
4859
2140
1641
2130
1978
1636
Le calcul comprend des villes situées à l'ouest et à l'est, sur la limite, ou
près d'elle, dans toute la partie du trajet où le froid de l'hiver n'exclut pas
1 espece, et j e trouve régulièrement, à partir de 5« et de 6% des sommes plus
elevees au delà qu'en deçà. Il n'était pas nécessaire de calculer les sommes
pour l'Ecosse, au nord d'Edimbourg, car la marche de la teîîipérature est la
meme, et évidemmentles sommesdoivent être inférieures; mais on nepouvait
pas devmer si la température totale est plus forte à Ullensvani? qu'à Edimbourg,
a Mitau, où croît l'espèce, qu'à Stockholm ou près de Reval, où elle
( t i m T Î ^ ^ ^ ^ ^ ^ des concordances, p. 63, ou d'après les mêmes origines.
{0} iviexnes documents que pour les moyennes mensuelles, p. 167.
LIMITES POLAIRES DES ESPÈCES SPONTANÉES, 16 9
manque. Le calcul, fondé sur des moyennes exactes, a prononcé. Je puis
même ajouter, à l'appui de cette méthode, qu'après avoir mal compris les
indications de localité, données par M. Ruprecht, pour les côtes du golfe
de Finlande, et avoir tracé la limite d'une manière fautive sur ma carte
(pl.Ijfig. 2), c'est la comparaison des sommes qui m'a averti de l'erreur. Il
m'a paru que l'espèce ne devait pas pouvoir vivre près de Reval, à cause du
défaut de chaleur totale au-dessus de 5®, et en lisant attentivement les
auteurs russes, j'ai vu qu'on ne la citait pas au nord de Dorpat. Quelques
auteurs anciens l'ont indiquée en Finlande, mais le fait est considéré
comme douteux, et quand il serait exact, il s'expliquerait par la circonstance
des expositions chaudes et abritées qui se trouvent sur la côte septentrionale
du golfe de Finlande, et qui manquent à la côte méridionale.
Helsingfors paraît avoir un été légèrement plus chaud que celui de Jegelecht,
près de Reval, car il serait de 15%1, d'après des observations peu
complètes citées par M. Trautvetter {Pflanz, geog. Verh., p. Zi7); Sveaborg,
dans une île près de Helsingfors, a le même été que Jegelecht, et la
ville d'Abo (Kamtz, Lehrb.^ v. II) a des moyennes mensuelles un peu plus
élevées. L'été de Jegelecht diffère à peine de celui de Fellin, au nordouest
de Dorpat (a), qui est de l/i%8; ainsi l'Esthonie est décidément un
pays froid, j e veux dire, ayant peu de chaleur totale en été, relativement à
la Finlande méridionale. Les îles d'Aland et d'OEsel ont un climat amélioré
par l'eifet de la mer. Il n'est donc pas surprenant que la limite passe de
l'île d'Aland au midi de l'Esthonie et à Dorpat, en laissant de côté le littoral
au midi du golfe de Finlande. Si l'espèce existe véritablement dans
quelques localités de la Finlande, ou si on la découvre sur la côte d'Esthonie,
ce doit être l'effet de circonstances exceptionnelles et locales (6).
Au nord de la limite, en Russie, on remarque certaines sommes supérieures
à celles de Mitau, par exemple à Moscou (sur 5%257/i); il en résulte
une démonstration complète que l'espèce est arrêtée dans l'intérieur de la
Russie par le froid des hivers, plutôt que par le manque de chaleur. Les deux
causes sont réunies à Pétersbourg et à Casan ; mais quand on se rapproche
davantage de la limite, on voit que la rigueur de l'hiver existe encore là où
(a) Je regrette de n'avoir trouvé, pour Dorpat, que des données insuffisantes ou contradictoires.
Les résumés ordinaires n'en parlent pas.
(¿i) La ville de Koenigsberg, située fort au midi de la limite, et autour de laquelle on
trouve l'espèce, offre des températures totales plus faibles qu'à Ullensvang (voy. le tableau
des concordances, p. 65), où manque TEvonymus, mais elles sontinférieures aussi à Mitau,
où il existe, et qui est plus au nord. Comme les moyennes de Mitau reposent sur une
longue série d'observations récemment calculées, j e soupçonne une erreur dans celles de
Koenigsberg, ou l'influence d'une cause locale propre, à l'observatoire de cette ville. J'ai
lieu de croire, au contraire, les observations d'Ullensvang un peu trop élevées, parce
qu'elles sont d'une date déjà ancienne^ antérieure aux procédés actuellement employés.
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