
ri
<1
4
if
SiffH .1 il
Mi 4 I
N i ' ' I
2 3 0 DÉLIMITATION DES ESPÈCES.
5 . itScliciiiilIn vjalgaris, L. — Voy. p. 224.
Voici les conditions de température dans le voisinage de la limite méridionale
:
VILLES.
TEMPÉRATURES MOYENNES.
Juillet. Été. Mai à août. Mai à sept. Avril à oct.
1" Près de la limiie.
pp.n/nnr.o (a) ,
1 8 , 8
19,0 1
2 0 , 0 ?
8,7
0
15,8
18,0
15,1
19 ?
7,6
17,2
17,9
17 ?
5,9
iÙ
1G,9
1 7 , 3
1 6 , 7 ?
7 , 3
o
. Pnris [b] 13,7
15.1
15.2
14,1 ?
4 , 3
StLUtgard(ft)
— Kiow (c)
Nain, en Labrador (a)
S'' Alt midi de la limite.
La llochello ia) 19,()
18,9
20,0
47,0
I P , 5
19,2
18,1
20,0
1 5 , 5
19,/^
1 8 , 3
17,0
1 8 , 3
13,8
1 8 , 3
18,0
10,G
18,1
13,6
1 7 , 3
16,0
1 4 . 5
15.6
11,4
13,9
Genève (d)
Odessa (e)
Fort Sidlivan (a) États-Unis
Ponipeia (New-York) 215 t. d'élév. (a).
Comme l'Alchemilla vulgaris croît en Islande, au Labrador, au Groenland,
en Laponieet dans la Russie arctique (Ledeb., Fl. Ross., v. II);
mais non au Spitzberg (Beilschm., Flora, 18/i2, p. /Ì81), et à l'île Melville
(Br., Chi. Melv.), on peut se faire une idée du minimum de chaleur
qui lui est nécessaire et du maximum de froid qu'elle peut supporter, circonstances
qui influent peut-être sur toute son habitation, même sur la
limite méridionale. Ainsi, au cap Nord (/), la somme de chaleur à partir
de est d'environ 565°; à partir de 3», d'environ 520" ; àEyafiord, dans
le nord de l'Islande, c'est 990° à partir de 2", indépendamment des efi-ets
directsdusoleil,quisontimportants, j'en conviens, sous ces latitudes boréales.
Nous ne pouvons pas supposer que la plante commence à végéter
au-dessous de 0°, et si elle commençait à 5 ou 6" seulement, elle ne trouverait
en Laponie cette moyenne que dans quelques jours du mois d'août,
ce qui n'est cependant pas la seule époque de sa végétation. Du reste, ce
(a) D'api-ès les tableaux de Kamtz, Meteor., v. II, p. 88.
Moyenne de 1806 à 1834, calculée par Bouvard, Poisson, Théor. math, chai,
(e) J'ai estimé la température de Kiew d'après Odessa ot Koursk.
(d) Observations de 1826 à 1841, calculées par G. Picot, Mém. soc. Phys. de Genève,
A, p. 269.
(e) Observations inédites de Wilkins et Morozow, à neuf heures du matin et neuf heures
élu sou-, corrigeas pour le calendrier, d'après le procédé de Kupffer, vov p 65
(/) Voyezp. 66,
LIMITES ÉQUATOlUALES DES ESPÈCES. SPONTANÉES. 23 1
pays n'étant pas l'extrême limite possible de l'espèce, on doit se borner à
dire que 500° est à peu près le minimum, sous le 71" degré environ, où
la longueur des jours d'été, combinée avec l'absence de neige, ajoute le
plus peut-être à la température observée à l'ombre. L'espèce reçoit plus
de chaleur que cela en Labrador et aussi dans le nord-est de la Russie. Au
Spitzberg et à l'île Melville, la durée de la neige réduit tellement l'été que
la chaleur devient inutile et insuffisante. D'ailleurs, la somme, à partir de 2°,
n'est plus que 256°.
Quant au maximum de chaleur, on peut croire, d'après le tableau cidessus,
qu'il n'est pas exprimé par un chiffre absolu et nécessaire. A Kiew,
par exemple, où existe encore l'espèce, il y a des moments de forte chaleur.
A Moscou (a), on a observé une fois 32°, cà Saint-Pétersbourg (a),
33°,/!; à Nain (a), en Labrador, 27%8. Ces extrêmes se présentent rarement,
même sous des latitudes moins boréales, et influent probablement
fort peu sur les limites. La température du mois le plus chaud, qui est
20^ environ à Kiew, n'exclut pas l'espèce; ainsi, elle devrait s'avancer au
midi de Paris si ce genre de cause influait nécessairement.
. Dira-t-on que la somme de chaleur est plus essentielle à considérer?
Voyons les faits. La température moyenne supérieure à 2 ' dure toute
l'année dans le midi de l'Angleterre, et la moyenne annuelle s'y trouve de
11«; la somme annuelle est donc de /lOiS«. L'Alchemilla vulgaris croît
encore à Jersey, où la moyenne (b) est de 11°,7, et où chaque jour de
l'année aune température supérieure à 2", de sorte que le produit s'élève
à Zi270o. A La Rochelle (c), la moyenne annuelle est aussi de 11",7, et
tousles mois sont supérieurs à 2° ; l'espèce ne croît pourtant plus dans cette
partie delà France. En marchant vers l'est, il devient plus évident encore
que la somme de chaleur n'est pas la cause ordinaire de la délimitation de
l'espèce. Elle ne dépasse pas Paris, où le chiffre de température au-dessus
de 2» est de 3922°. Elle manque à Genève, Rude, Odessa, où ce chiffre est
de 3Zi88", 3911°, 3521° (d). Même dans le nord delTtalie, où l'espèce est
loin de descendre dans les plaines, le chiffre est quelquefois inférieur à celui
de Jersey, car à Milan il est de /i231°.
La sécheresse paraît la cause essentielle, ainsi qu'on va le voir. Je citerai
seulement les mois d'été, après m'être assuré que les autres sont inutiles
à considérer dans le cas actuel.
(a) Ch. Martins, Cours de météor., p. 168.
(b) Observations de cinq ans, par Hooper, dans la Revue britannique, juillet 1839.
(c) Kamtz, Meteor., v. II, tabl., p. 88.
(d) Voyez Ictableau des concordances, p. 65.
^iir-....^..-: .-Ili
si; m i; I ' f^
I.
;
i
I Ì 1 i
ihll^
/'il
••'i.i"';'^ .
îir ;
<
h'