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38/4 DKLIMITATIUA DKS Ktil'KCES.
i\ous retrouvons ici, eiilre les Carpallies et les Alpes, et entre les diverses
parties de la Suisse, les rapports observés dans les limites d'espèces spoiitajiees.
ÎMusles positions se trouvent méridionales et les limites élevées, plus
il semble que l'espèce s'accommode d'une faible somme de température,
plus, eu réalité, elle reçoit d'impulsio)i chimique et calorifique des rayons
du soleil, relativement à la température à l'ombre. L'élévation absolue
exerce dans le cas actuel une inllnence régulière et prononcée, les différences
de latitude et de durée des jours étant peu considérables.
Il y a de l'intérêt à comparer ces chiffres avec ceux obtenus dans le
nord (p. 353). Lorsque la limite s'élève sur nos montagnes, la somme
de température à l'ombre diminue, de même eu avançant vers les régions
arctiques. Le complément d'action chimique et calorifique est
donné dans un des cas par la rareté de l'air qui rend le soleil plus
intense; dans l'autre, par l'allongement extraordinaire des jours d'été. Si
l'on considère les sommes de 5" ou plus, la hauteur de 1300"' dans la
Suisse centrale correspond, sous ce point de vue, au 62® degré 1/2 environ,
celle de 1500"' dans la Suisse bernoise, au iW- ou 69"= degré; celle
de 2050"' n'a plus de correspondant au nord de l'Europe, parce que la
position serait au delà de l'extrémité du continent. Si l'on considère les
sommes de 8", ou plus, les relations sont différentes. Les Alpes offrent en
s'élevant une égalité croissante des saisons qui n'existe pas dans le nord;
tl'où il résulte que plus on s'élève, plus les sommes à partir d'un degré de
chaleur un peu fort sont réduites rapidement. L'intensité des rayons directs
du soleil augmente en sens inverse ; toutefois les phmtes qui ont besoin
d'un mininmm un peu élevé de température pour végéter se trouvent, en
quelque sorte, exclues de la région alpine supérieure.
Ceci me ramène à une question sur laquelle je n'avais pu me décider au
moyen des faits de délimitation de l'Orge dans la plaine, la question de
savoir SI 5", 6°, 7" ou 8° sont le minimum nécessaire pour une végétation
active de l'espèce. MM. Scblagintweit (Unlers. phys. Alp., p. 529), après
de nombreuses études dans les Alpes, estiment que dans cette chaîne et en
excluant le revers méridional, on sème les céréales d'été entre 3000 et
5000 p. d'élévation, du 15 au 2/i avril, au moment où la neige disparaît
(ib., p. 526). A /lOOO p. (1299-, disons 1300'"), limite des céréales dans
la Suisse centrale, le semis serait du 19 au 20 avril, et à cette époque,
d'après les moyennes qui précèdent, la température à l'ombre est de 3°,
et d'après la planche IX de l'ouvrage cite, de h" environ. Le terrain est
alors imprégné d'une eau dont la température est voisine de 0" ; mais le
soleil réchauffe la surface et active la végétation, dès le moment où les
jeunes plantes sortent de terre. Si son effet complète celui de la chaleur à
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l'ombre, on ne peut guère cependant supposer qu'il vaille plus de 2"; de
sorte que la température moyenne qui, dans la plaine, sans cette forte insolation,
permettrait à la plante de végéter, serait de 5o à 6°, et non de 8°.
La récolte se fait, d'après MM. Schlagintweit, le 2 3 août, à 1300'» d'élévation,
ce qui suppose 8° à 9" de température moyenne. Évidemment l'Orge
pourrait, d'après cela, être semée un peu plus tard, à son extrême limite, ou
la limite pourrait s'élever plus haut ; mais le cultivateur ne peut pas entrer
dans ce genre de considérations, parce qu'il redoute les chutes de neige à la
fin d'août qui empêcheraient la moisson dans les années exceptionnelles, et
que, d'ailleurs, il cultive ordinairement dans les mêmes champs d'autres
plantes qui exigent plus de chaleur, comme le Seigle, le Blé d'hiver ou
l'Avoine, que l'on récolte un peu plus tard. Il ne serait pas facile d'avoir,
au maximum d'élévation, des terrains arables consacrés uniquement à
rOrge, les cultures étant liées les unes aux autres par plusieurs motifs.
En définitive, avec le minimum possible d'action solaire, par exemple
en Écosse et dans le nord-ouest de l'Allemagne, il faut à l'Orge une somme
de 2000" à 2100° de chaleur à l'ombre (p. 351) : de là en marchant vers le
nord, où les jours d'été s'allongent ; vers le midi et vers l'est, où le soleil a
plus d'intensité ; enfin, en s'élevant sur les montagnes, la somme de température
à l'ombre diminue,tandis que l'effet chimique et calorifique du soleil
augmente. Près d'Alten, en Norwége, sous le 70"= degré latitude, 1250° à
partir de 5" suffisent; dans les Alpes pennines, revers italien, à 2050™
d'élévation, 900" à l'ombre suffisent encore. Aux îles Feroë, pays occidental,
brumeux, il faut 2000"; au contraire, à Yakoutzk, même latitude, pays à
ciel plus clair, 1730" suffisent.
Je ne crois pas que dans une recherche compliquée, où des causes secondaires
se croisent et échappent à nos investigations, on puisse arriver à
un résultat plus satisfaisant par d'autres méthodes, en particulier par celle
des moyennes mensuelles, dont on se servait constamment il y a quelques
annees.
2. Vîsne.
La culture delà Vigne n'est pas comme celle des céréales; elle est
mieux adaptée aux pays accidentés qu'aux plaines. Les pentes bien exposées
lui conviennent, ainsi que les terrains rocailleux si communs au pied
des montagnes. La probabilité est donc, en général, qu'on pousse l'établissement
des vignobles aussi haut que possible. Voyons si les conditions sur
les limites concordent avec celles reconnues dans la plaine.
.le m'attacherai, comme d'ordinaire, aux maxima extrêmes, et pour ne
pas allouiier inutilement, je laisserai de côté quelques localités dont les
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