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22/1 DÉLIMITATION DES ESPÈCES.
A- Lycbuls alpina, L.
Cette espèce a été trouvée en Écosse, mais seulement à 2000 pieds au-dessus
delà mer et dans quelques localités isolées (Wats., Cybele, I, p. 204). Elle n'existe
pas aux îles Feroë (Trevelyan, Veget. /^-er. ; Martins, Essai vég. Fér., p. 372)
quoique les montagnes s'y élèvent à la hauteur de 915 mètres (Martins ib
p. 354). '
Elle croît en Laponie et se prolonge vers le midi sur les montagnes de la péninsule
Scandinave (Wahlenb., i^L Suec., I, p. 286). Elle ne descend guère du côté
de la Norwége (Wahlenb., l. c.). M. Lessing (Martins, Voy. Norw., p 47) l'a
trouvée au bord de la mer dans les îles Loifoden, de la Laponie norwégienne
(68«au69= degré lat.); maisM. Martins ne l'a pas rencontrée plus au midi sur cette
côte,_ par exemple, à Bodoe et à Drontheim. En Suède, on la trouve dans les
plames deHelsingie et Dalécarlie (62= au 60edegré),et même dans la province de
Blekmge, à l'extrémité sud-est de la Suède et dans l'île d'Oland, qui en est voisine
(Wahlenb., l. c.). Malgré ces localités basses et méridionales, elle manque aux
Flores d'Upsal (Wahl., FL Ups.) et de Stockholm (Wikstr., FL Stockh. Theden
Siockh. Traci.).
Elle manque aux provinces de Livonie, Courlajide et Esthonie (Fleischer, FI •
Ledeb., F/./?oss.)età Saint-Pétersbourg (Gorter; Sobol. ; Ledeb.); mais on la
cite en Finlande (Ledeb., FL Ross., I, p. 329, sans indiquer toutefois si c'est
près de lamer). Elle se prolonge en Laponie le long de lamer Glaciale. Elle manque
a Wiatka(C.-A. Mey. Beitr. Fl. Russi., 5-= livr.) et à Casan (Wirtz, PL Cas.
distr.) ; mais de ce cote, la limite n'est pas connue. L'espèce croît dans les montagnes
autour du lac de Baikal (Georgi cité dans E. Mey., Labr., p. 30), et en
Dahurie (Ledeb., l c.), probablement aussi dans les montagnes
En Amérique, elle croît au Labrador (E. Mey., Labr., p. 90 ; Torr. et Gray,
I, p. '194), et au Groënland (E. Mey., ibid.). Enfin, elle existe en Islande
(Bab., Trans. Bot.Soc. Edinb.,m,p. 17).I1 estvraimentsingulier qu'elle manque
au reste de l'Amérique et aux îles Aloutiennes.
La limite méridionale en plaine se trouve en résumé : Labrador (56« degré
lat.), Islande (64''-65« degré), Laponie norwégienne (68«-69<^ degré). Suède méridionale
(56-= degré), Finlande (61= degré), Russie arctique et Sibérie arctique
(lat. ?).
B. Alcbcmilla vulgaris, L.
Cette espèce manque aux îles Açores (Seubert, FL), et à Madère (Lemann, cat.
mss.). ^
On la trouve dans les îles Britanniques jusqu'aux provinces les plus méridionales,
par exemple, à Cork, dans le midi de l'Irlande (Power, FL, p. 21 ) et dans
le Devonshire (Wats., Cyb. BriL, I, p. 361). Elle est aussi dans l'île de Jersey
(Babingt., Prim. FLSarn., p. 33). Je ne la vois cependant pas dans la Flore du
Calvados de MM. Hardouin, Renou et Ledere, ni dans celle du département
de la Loire-Inférieure de M. Lloyd. Elle est près de Rouen (Turquier,
N . , I, p. 84), On la cite comme une plante rare au nord de Paris (Coss. et Germ.,
M. Par., p. 476). Si on la retrouve plus au midi dans les départements
du centre de la France (Boreau, FL centr. Fr., Il, p. 133; Lor. et Dur,,
LIMITES ÉQUATORIALES DES ESPÈCES SPONTANÉES. 225
FL Côte-d'Or, I, p. 299), ce n'est que dans des endroits frais et plus ou moins
élevés. A Genève, elle ne descend pas dans la plaine, à moins de quelque hasard
momentané; mais il n'en est pas de même dans le reste de la Suisse ; ainsi, elle
est autour de Bale (Hagenb., FL, l, p. 156) et autour de Zurich (Koll., Verz.,
p. 132). Elle est aussi en Lorraine, dans la plaine (Godron et Gren., i l . , I,
p. 223), en Wurtemberg et en Bavière, où, il est vrai, les plaines sont assez élevées
au-dessus de la mer. Près de Vienne, elle ne descend pas des montagnes
(Neilreich, FL, p. 629), de même en Transylvanie (Baumg., Fi., 1, p. 95);
mais on la voit assez communément en Moravie (Rohrer et Mayer, FL, p. 37),
et dans toute la Galicie (Zawadski, F/., p. 18). Elle est à Kiew (Güldenst, in
Ledeb., Fl. Ross., II, p. 29), mais non en Bessarabie (Tardent, Essai Hist,
nat. Bess.,). En Crimée et dans le Caucase, elle ne vient que dans les montagnes
; mais on la voit encore en plaine, dans le désert de la mer Caspienne, la
Russie méridionale (Clauss in Ledeb., l. c.), et plus loin en Sibérie, jusque dans
l'Altaï. Elle n'a pas été trouvée dans la Sibérie orientale. En Amérique, elle
existe seulement au Groënland et au Labrador (Torr. et Gray, FL N. Amer., l,
p. 432), puis en Islande (Martins, Vég. Feroë, p. 395), comme aux îles
Feroë et Shetland (¿d.).
Sa limite méridionale, en plaine, est en résumé comme suit : Dans l'ouest,
49 à 49 degrés 1/2 de latitude (île Jersey, Rouen, Beauvais) ; plus loin, dans les
plaines un peu élevées de la Suisse et de l'Allemagne, 47 à 48 degrés; dans la
Russie méridionale, 49 à 50 degrés; enfin, au Labrador, 57 degrés latitude.
B. Discussion de ces limites équatoriales.
3 . Dianthus carthiisianorum, L. — Voy. p. 222.
Nous avons vu (p. 130) que sur sa limite polaire, l'OEillet des chartreuxredoute
la grande humidité de l'ouest, et exige 2500° environ de somme,
entre le jour où commence et celui où finit la moyenne de 6°,
Il fleurit sur sa limite méridionale : en été, à Bordeaux (Laterrade, Fl.
Bordeaux, k" édit.); au commencement de l'été, près de Toulouse
(Noulet, Fl. sous-Pyr.)- en juillet, près de Toulon (Robert, Fl.)-, en
été, en automne, et même en hiver, dans diverses localités d'Italie (Bertol.,
Fl. it., v. IV).
La distribution des pluies paraît influer beaucoup sur la limite méridionale.
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