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o60 DKLIMITATION DES ESPKCES.
esl qn'il laut un peu plus de 18" pendant le mois le plus chaud (juillel)
pour que le vin soit potable. A Potsdam, la moyenne serait de 18», selon
M. de Humboldt, en prenant Berlin pour exemple ; mais outre que cette dermere
vdle paraît avoir une moyenne de juillet légèrement plus élevée (a)
Potsdam est un peu au midi de Berlin et présente des expositions plu.
avantageuses. Au surplus, M. de Humboldt regarde cette localité comme
en dehors de la véritable limite. « On y récolte, dit-il, du vin non potable
que l'on boit. » '
M Boussiiigault {Econ. rur., ÎUh, v. H, p. 67/i), tout en c i t ant i , de
Humboldt, modifie ses conditions comme suit : « Pour jiroduire du vin
potable, il Jaut qu'un vignoble ait non-seulement un été et un automne
fiulïisamment chauds; mais il faut, en outre, qu'à une période donnée, celle
<{ui suit l'apparition des grains, il y ait un mois dont la température
moyenne ne descende pas au-dessous de 19°. )) Or, le tableau ci-dessus
montre qu'à Paris, à Dresde, à Prague, le mois qui suit l'apparition des
grains n'a pas 19- en moyenne, tandis que cette condition se présente à
Cracovie et à Tambow, où la Vigne ne mûrit pas. M. Boussingault avait
ete plus heureux en déterminant les conditions d'une bonne récolte en Alsace
{Comp.-rendus de l'Acad. desse., 1837,v. i, p. 371). L'observation
ui avait montré à quel point la température moyenne pendant la durée de
la vegetation, et la chaleur de l'été, inlluent sur la proportion de matière
sucree du raisin. Ces laits et d'autres plus nombreux, examinés par M. de
( x a s p a r m ( ^ o . . r . , f a ^ n c . , 1 8 / , 8 , v . IV, p. 632), sont très intéressants
pom-1 agriculture , mais ils s'éloignent de la question des limites dont je
m occupe spécialement ici.
Une autre métho.le, celle de M. de Gasparin, n'a pas été essayée dans
plusieurs localité, et ne peut pas être vérifiée dans l'état actuel des connaissances
météorologiques. Comme elle touche aux conditions d'existence
<le la Vigne, il est bon de l'indiquer, d'autant plus que certains chiffrer
pourront nous servir dans les recherches dont je parierai tout à l'heure.
W. de Gasparin a suivi, près d'Orange, la végétation d'une variété de
vigne appelée Aramon. Il a observé la pousse du printemps, l'époque de la
vendange, les minima de chaque jour à l'ombre, et les maxima donnés par
un thermomètre placé au soleil, mais recouvert d'un millimètre de terre La
moyenne entre ces minima et maxima donne, suivant lui, une moyenne plus
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LIMITES POLAIRES DES ESPÈCES CULTIVÉES, 301
satisfaisante que les autres, et en multipliant le nombre des jours de la
végétation par cette moyenne particulière, il obtient une somme totale de
chaleur, qui varie peu d'une année à l'autre sous le climat d'Orange. Elle
a été :
En 1844 de U^ïy"
1845 4203
En 1846 de 4057'
1847 4100
La durée de la végétation a varié de 132 à 166 jours, et il s'agit cependant
d'un pays ou l'on vendange quand le raisin est mûr, sans être influencé
par la crainte du froid, de la pluie et de la pourriture, comme cela arrive
souvent plus au nord.
M. de Gasparin d'agrie., édit., v. í í ,p. 2/il) examine aussi les
conditions des Vignes de raisin blanc près de la limite, savoir, à Paris,
Brtixelles, Mannheim et Berlin. Selon lui, la Vigne fleurit quand la
moyenne de température est arrivée à 17" ou 18% et l'on vendange quand
elle est de 12%5, chifl'res qui, pour le dire en passant, ne sont vrais que
dans le nord de la France, et ne peuvent pas servir de base à une règle
générale. Il calcúlela somme de chaleur, à l'ombre, et, d'après la proportion
des jours clairs, celle ajoutée par le soleil entre le jour où la moyenne est
17" et celle où elle devient de 12^,5 dans chaque localité. 11 arrive ainsi à
dire qu'il faut pour les espèces les plus précoces de raisin blanc, 2600° de
chaleur totale' (atmosphérique et solaire) entre l'époque de la floraison el
celle où la température descend à 12%5.
On peut contester les termes de 17° et 12%5 ; on peut trouver la comparaison
de quatre villes, dans le centre et l'ouest de l'Europe, insuffisante ; on
trouvera peu certaine l'appréciation de l'influence du soleil, par les jours
clairs et par des thermomètres placés au soleil ou recouverts d'un millimètre
de terre; on doutera que Taction chimique des rayons du soleil, la
plus importante probablement, soit proportionnelle à l'action calorifique
dans la lumière diffuse et au travers des vapeurs; toutefois, il faut le reconnaître,
cette méthode présente des avantages évidents. Elle ne laisse pas de
côté l'influence du soleil, toujours importante, et qui l'est en particulier sur
les coteaux bien exposés où l'on cultive la Vigne dans les pays septentrionaux.
Cela vaut mieux que la méthode des moyennes qui adonné ci-dessus
un résultat satisfaisant, mais en apparence seulement, et, dans le fond,
assez incertain.
J'ai indiqué déjà ce grave défaut que la moyenne fondée sur la période
d'avril à octobre suppose, dans toutes les localités surla limite, une végétation
de la Vigne commençant le avril et cessant à la fin d'octobre. La
plus simple observation prouve ({u'il n'en est pas ainsi. Aux environs de
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