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2 6 6 DÉLIMÍTATION DES ESPÈCES.
cessifs et de plateaux. Les nuages se condensent souvent sur les montagnes
isolées qui s'élèvent à une hauteur un peu grande, comme le pic
de Ténériffe et l'Etna. Dans les pays généralement montueux, certaines
chaînes reçoivent les premières, en raison de leur position, les vapeurs
humides, et de là une distribution inégale des pluies. Lorsque des montagnes
sont groupées ensemble ou par séries parallèles, les vallées offrent
des abris contre les vents froids; quelquefois, au contraire, elles forment
des réceptacles de neige où le soleil du printemps a peu d'action. Toutes
ces causes modifient singulièrement les lois de géographie physique selon
les localités.
Ajoutons enfin que, sur une montagne isolée, certaines espèces peuvent
avoir de la peine à se maintenir, parce qu'elles sont rares et qu'elles ne
reçoivent pas comme renfort des graines venant de montagnes voisines.
Au sommet du pic de Ténériffe, il y a quelques espèces réduites à un très
petit espace de terrain et devenues très rares. Survienne un accident, une
cause momentanée de destruction, et l'espèce disparaît. Dans une grande
agglomération de montagnes, les accidents se réparent au moyen du transport
des graines d'une localité à l'autre.
§ X. DURÉE DE LA KEIGE.
La limite des neiges perpétuelles, sur les diverses chaînes de montagnes,
est indiquée dans une foule d'excellents ouvrages de géographie physique,
enparticulier dans ceux de MM. de Humboldt(a), deBuch (b) et Schouw (c).
Il est bien prouvé maintenant que cette limite ne dépend pas uniquement
des conditions de température, mais aussi de la quantité moyenne de neige
qui tombe chaque année et de la sécheresse de l'atmosphère environnante.
La moyenne annuelle de température, sur cette limite, n'est donc pas 0%
si ce n'est par hasard, dans certaines localités. La moyenne des mois d'été
peut se trouver aussi très différente. Par conséquent, les conditions de
température dans le voisinage de la limite peuvent être plus ou moins favorables
à la végétation et offrir d'assez grandes différences d'une chaîne
de montagnes à une autre.
Les mêmes circonstances variées déterminent la limite des neiges à
(a) Prolegomena, p. 50; Voyage, i, chap, n, Ann. phys, et chimie, XIV, p. 20
Fragments asiat., p. 366, 531, etc., et surtout : Asie centrale, v. III, p. 233 à 259
où se trouve le résume des faits connus en 1843.
(b) Dans Gilbert, Ann., XLI, p. 4 ; Voyage enNonoège, et Ann. de phys, et chimie. Il
p. 183.
(c) Specimen geographioe physicoe comparativoe, br. in-4, Hafnia3, 1828, p. 59
Europa, 1 vol. in-12 et atlas in-4, t. VI, Copenhagen, 1833.
LIMITES SUPÉmEURES ET INFÉRIEURES DES ESPECES. 267
chaque époque de l'année sur une montagne. Malheureusement, on a
moins fait attention à ce genre de limites, qui a cependant aussi son importance.
MM. Schlagintweit sont, je crois, les seuls qui aient étudié directement
ce phénomène, et heureusement dans la chaîne des Alpes, dont la
position géographique rend toutes les comparaisons plus faciles et plus
utiles. On trouve dans leur ouvrage (a) un tableau indiquant la hauteur de
la limite des neiges de deux en deux mois, et en même temps les
moyennes mensuelles de température. Il arrive que dans certains mois la
chaleur serait insuffisante pour plusieurs végétaux à une certaine élévation,
mais que la neige n'a pas encore disparu ; inversement, la neige laissant le
terrain libre, la température se trouve quelquefois insuffisante. En janvier,
et même en février, la moyenne de 0« coïncide avec la limite des neiges,
qui est alors au pied des montagnes dans cette partie de TEurope. Au printemps,
et jusqu'au mois de juillet, il faut beaucoup de chaleur pour fondre
la masse des neiges tombées en hiver; la limite se trouve alors au-dessous
du point où règne la moyenne de 0" ; elle coïncide à peu près avec une
moyenne mensuelle de 5". L'inverse arrive plus tard. La chaleur diminue,
mais la neige ne tombe pas encore, et si elle tombe, c'est en petite quantité,
sur les sommités les plus élevées. En septembre, la limite des neiges est
presque la même qu'en juillet; mais sur cette limite, la température n'est
plus que d'un demi-degré au-dessus de 0". En novembre, la température est
de — sur la limite des neiges. Enfin, la neige augmentant, on revient à
l'état de janvier. Il ne suffit donc pas d'étudier la température à chaque
hauteur, selon les lois de décroissement bien connues, il faut s'assurer
aussi que le terrain est libre à telle hauteur et depuis combien de temps.
En d'autres termes, la somme de chaleur utile, depuis la disparition de la
neige jusqu'à son retour, est la chose essentielle à considérer dans chaque
point particulier. Les tableaux de MM. Schlagintweitindiquent ces faitspour
les Alpes ; mais on est loin de posséder de pareils documents à l'égard
des autres chaînes de montagnes.
§ XI. IMPORTANCE RELATIVE DES CAUSES QUI INFLUENT SUR LA LIMITE
DES ESPÈCES EN ALTITUDE.
Les causes d'action que nous venons d'énumérer ont une importance
relative assez différente.
Quelques-unes sont impossibles à constater, tant elles agissent peu, si
même elles ont un effet. Je veux parler de la densité de l'air, considérée en
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