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en l’enfouiffant dans du charbon ou dans du '
terreau. /
Les acides végétaux, diffous dans l’eau, confer-
vent auffi, pendant un affez long efpace de temps,
les viandes qu’on y plonge 5 on applique furtout
le vinaigre à cet objet dans notre économie do-
meftique. •
Le confervateur par excellence des matières
animales eft l'alcool ou efprit de vin j mais on
ne peut plus confommer fans dégoût celles qui
y ont été plongées.
Dans les plantes, la Pourriture fuit une marche
analogue à celle que je viens de mettre feus les
yeux du ledteur ; mais les phénomènes qu'elle
préfènte font fort différens.
J'ai décrit aux mots C arie,'Gouttière., Moisissure,
C hancissure, les principales circonf-
tances qui accompagnent la Pourriture des plantes
vivantes, & indiqué les moyens d’en retarder
les effets.
Après ‘leur mort,, tous lès végétaux & toutes
les parties de végétaux font dans le cas de fe pourrir
& de fe changer en terreau ; mais il y a une
grande différence entre le moment où cela arrive
chez chacun d'eux, foit qu’ils reftent expofés a
l’air, foit qu’ils.foient mis à l'abri de fon aét-ion.
Quoique j'aie eu foin de noter à chaque article
les moyens de conferver plus long-temps exempts
de Pourriture les produits de nos cultures, je
crois devoir les reproduire ici d’une manière
générale.
La marche de la Pourriture dans les bois coupés
eft extrêmement lente, même à l'air, dans quelques
efpèces, & extrêmement rapide dans d’autres.
Prefque tous pourriffent plus 'promptement
dans l’eau qu’à l’air ; cependant le chêne 8e l’aune
s’y confervént davantage, témoins les pilotis de
certains ponts, les fafcinages de certains terrains.
;î-v,iv
Un des moyens les plus employés pour empêcher
les bois de pourrir, c’eft de les couvrir d’une
couche de goudron ou de terre colorée, mêlée
avec de l’huile ( peinture à l’huile).. Un commencement
de carbonifation , comme on le pratique
dans tant de lieux pour les pieux, loin de retarder
leur décompofition, l’accélère au contraire,
comme Duhamel l’a prouvé par. des obfervations
irrécufables, obfervations dont j’ai vérifié la
plupart.
Les écorces dès arbres, qui font fréquemment
réfineufes ou gommeufes, fe confervent plus longtemps
que les bois.
Il eft des feuilles d’une décompofïtion fort
lente, d’autres- qui pourriffent aùffitôt qu’elles
font féparées de la tige qui les portoir. Tantôt
on peut les- conferver en les mettant dans l’eau,
tantôt ce moyen hâte leur deftruérion félon les
efpèces. Gellès qui, fer vent à la médecine fe def-
lèchent ordinairement pour en avoir toute l’année
fous la. main 3 . il en eft de. même de .celles, ramaffées
pour la nourriture des beftiaux. ( Voye^
Pra ir ie . ) La plupart de celles que l’homme
mange habituellement, principalement l’ofeille,
fe cuifent & fe gardent dans des pats; d’autres,
comme les choux, font mifes à aigrir pour être
rendues d’une plus longue confervation. Voye^
C hou-croute.
Un grand nombre de racines charnues, comme
les raves, les carottes, les panais; & c ., quelques
plantes feuillues, comme les efcaroles, fe
mettent à l’abri de la Pourriture en les tenant dans
une Serre a légume (voye[ ce m o t), ou autre
lieu qui ne foit ni trop fec ni trop humide , 8c
où la température foit conftamment la même. La
même pratique a lieu pour certains fruits, tels
que les poires & les pommés, les coings, &c.
Il eft un commencement de Pourriture (appelé
hlofijfement) , qui eft propre aux poires, aux
azeroles , aux nèfles , 8e qu’on fait naître pour diminuer
leur âcreté & pouvoir les, manger.
Je dois obferver que la Pourriture fe gagne par
communication avec une racine ou un fruit déjà
attaqué, & qu’il convient par conféquent de les
ifoler tous.
La Pourriture attaque d’autant plus facilement
les fruits, que l’année a été plus froide 8e plus humide
, c’ett-à-dire, que le. principe fucré y eft
moins développé..
Les autres fruits peuvent fe ranger en deux fériés
: l’une renfermant ceux qu’on appelle graines
comme celles des plantes céréales, légumineufes ,
textiles, huileufes , &c., qui ne craignent l’humidité
que lorfqu’ils font dans un lieu très-humide
, ou qu’ils ont été fouvent ou fortement
mouillés, l’autre comprenant les fruits pulpeux,
qui, comme les abricots, les pêches, les figues,
les prunes, les cerifes, les fraifes, S e c., font
très-aqueux , 8e rie peuvent fe conferver qu’au
moyen de la defliccation ou de l’immerfion dans
une liqueur alcoolique, ou par leur union avec
le fucre. i . ..
Les réfultats de la décompofïtion de tous les
végétaux eft encore de l’humus ; mais il eft bien
moins fertilifant & bien moins foluble que celui ^
fourni par les végétaux. La plus grande quantité
qui s’en produit chaque année compenfe cet avantage
& bien au-deîà. On peut dire , en général ,
que la végétation naît de la V égétation. oye£
ce mot. ( Bosc. )
Pourriture des pieds- des moutons.
Voyt\ Pesogne & Fourchet.
POUSSE (Médecinevétérinaire):maladie propre
au cheval & à l’âne , & qui eft cara&éri fée par
une refpiration pénible,, & accompagnée d’une
forte contention des mufcles abdominaux : tantôt
l’animal touffe, tantôt il ne touffe pas ; il eft fans-
fièvre ; fes nafeaux laiffent fouvent fluer une matière
floconneufe. Lorfqu’il court ou monte, fon
expiration devient fonore.. _ -
Cette maladiej.plus marquée.dans certains jours.
que dans d’autres, eft une de celles qui a été
prévue par la loi, c’e ft-à -dire , qui autorife à
rendre l’animal qui en eft affeélé. V"oye% Rédhibitoire.
C’eft en le faifant courir en montant qu’on apprend
fi un cheval qu’on eft dans l’intention d’acheter
eft poufîif, parce que, comme je viens de
l’obferver, cette maladie développe fes fymptô-
mes à la fuite d’un violent exercice.
La Pouffe peut être héréditaire ou acquife,
mais dans l’un ou l’autre cas elle eft incurable. On
ne peut qu’en adoucir les fymptômes 8e les pallier
par des délayans 8e des béchiques, tels que les décodions
de mauve, de guimauve, de bouillon-
blanc, de bourrache, de pas-d’âne, de lierre ter-
reftre, d’hyffope, la gomme adragant, la gomme
ammoniaque, le favon, la térébenthine, l ’oxymel
fcillitique, des fêtons, des véficatoires, &c.
Les chevaux au vert font moins pouffifs que
ceux qu’on nourrit à l’écurie avec du foin & de
l’avoine.
Au refte, fi ces chevaux pouffifs ne peuvent
être employés à des fervices de luxe, à des travaux
forcés, ils font toujours propres à traîner
des charettes, à porter du bois, 8ec. ( Bosc. )
POUSSE DES PLANTES : commencement ou
renouvellement de la végétation.
Sans Air , fans C haleur & fans Humidité , il
n’y a pas de Pouffe dans les plantes. La T erre 8e
la Lumière font également indifpenfables à toute
bonne végétation, à quelques exceptions près.
Les plantes herbacées n’qnt qu’une Pouffe par
an, mais la plupart des ligneufes en offrent deux,
celle du printemps & celle d’automne-: toutes deux
concourent à l’augmentation en groffeur & en longueur
du tronc, des branches & des racines j cependant
la première fe porte davantage fur les
branches, & la fécondé davantage fur les racines.
L’époque où les plantes commencent à pouffer
varie dans toutes les efpèces. Il en eft qui fe développent
même pendant l’hiver, les jours de gelée
feuls exceptés. C’eft cependant au printemps que
le plus grand nombre montrent leurs premiers
Bourgeons. Voye^ ce mot.
L’inftant où les plantes commencent à pouffer
décide ordinairement de la vigueur qu'élles doivent
montrer dans tout le cours de leur végétation.
Les cultivateurs doivent alors craindre la Gelée
8e la Sécheresse. Voye^ ces mots.
Outre la gelée, les jeunes Pouffes font expofées
à être froiffées ou détachées par les vents dans les
pépinières, par les animaux, &c. 8ec. ; on les attache,
en conséquence, fréquemment à un T uteur.
V^oye^ ce mot.
Des complémens à cet article fe trouveront à
ceux Germination, V égétation , T u rio n ,
A outer. (B osc.)
POUSSIER DE FOIN. On appelle ainfi, dans
les environs de Paris, les fragmens de tiges & de
feuilles, mêlés avec les graines mûres ou non, qui
fe trouvent dans les fenils 8^'dans les grenieis
après qu’on en a retiré le foin.
Ce Pôuffier, ou fe donne aux poules, ou fe jette
fur le fumier, ou fert à femer ou regarnir les
prairies naturelles.
Les poules y trouvent généralement peu à manger.
Réuni au fumier, il porte dans les récoltes
une quantité de mauvaifes herbes qui nuifent à la
beauté de leurs produits : employé au femis des
prés, il remplit très-imparfaitement fon objet,
j i°. en ce que la plus grande partie des graines
qu’il renferme ne font pas mûres 8e ne lèvent que
par places 5 2°. en ce que fouvent ces graines font
celles de plantes qui appartiennent à un fol tout
différent de celui où on les place 5 30. en ce qu’elles
•font toujours mélangées de graines d'efpèces inutiles
& même nuifibles.
Un bon cultivateur fe contentera de mêler ce
Pôuffier avec les criblures de fes céréales pour
en faire des Prairies momentanées. ( Voyeç ce
mot.) Lorfqu’il voudra femer un pré naturel, il
réfervera une partie de pré, renfermant le plus
poffible de'bo'nnes plantes, ne la coupera qu’après la*
complète maturité de leurs graines, en vahnera 8e
nettoiera le plus poffible la graine, &c. Voy. Pré.
POUSSIÈRE. On donne ce nom à toute matière
extrêmement divifée, 8e que le vent peut
facilement tranfporter d’un lieu dans un autre,
mais plus généralement à la terre très-defféchée 8e.
réduite en poudre impalpable.
En avalant continuellement de la Pouffière, les
hommes & les animaux domeftiques font expofés
.à la T o u x , à I’Inflammation de la go rge,à
l’AsTHME,àla PhThisie, &c. ( Voye[ ces mots.)
Parmi les agens de l’agriculture, les Batteurs &e
lesSERANCEURS font les plus expofés à ces incon-
véniens.
Les arbres plantés fur le bord des routes n’ont
jamais une auffi belle apparence que les autres,
parce que la Pouffière bouche les pores de leurs
feuilles & s’oppofe à ce qu’elles rempliffent leurs
fonctions. Voye^ Feuille.
Il eft bon d’enlever tous les jours, & par la
même raifon, la Pouffière qui s’eft fixée fur le corps
des animaux domeftiques. Voye-{ Pansement à la
main.
Beaucoup de cultivateurs ne touchent jamais à
la Pouffière de leurs écuries, de leurs étables, de
leurs bergeries, de leurs granges, &c., 8e cependant
cette Pouffière, portée fur les fourrages,
altère leur faveur 8e nuit à la fanté des beftiaux
qui les confomment. Je dois donc leur confeilier
de l’enlever au moins deux fois par an, au moye.n
d’un nettoyage général & rigoureux.
Par la même raifon on doit conftamment battre
lé foin & la paille, cribler l'avoine, au moment
où on lés donne aux beftiaux, afin d’en faire fortir
la Pouffière.
Mêlée avec une grande quantité d’eau, la Pouf-
fière devient delà Boue. V’oyer ce mot. (B o s c .)
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