
grande ténacité la rend très-propre à cet usage.
On T a encore observée en plusieurs endroits de
la Silésie ; elle y fait le corps de la grande montagne
isolée du Zobtenberg, la serpentine en
est la base. Dans la serpentine de Cornouailles ,
M. Berger avait déjà trouvé et signalé cette roche
, il l’avait vue composée de feldspath compacte
et de diallage métalloïde ; et il avait marqué
ses rapports avec celle qui forme les galets
des environs de Genève , et qu’il avait lui-même
observée en place sur le mont Rose.
M. de Bûcha retrouvé son euphotide en plusieurs
lieux des montagnes de la Norwége , et il
1 a en quelque sorte poursuivie jusqu’à l’extrémité
de l'Europe. Près le Cap-Nord , on a , sur
8 un terrain dephyllade, un granité à petits grains
( voyez § 189 ) , chargé de mica et d’amphibole ,
et se changeant quelquefois en gneis; d’autres fois,
1 amphibole augmente , le quartz et le mica diminuent
, et l’on a une diabase ; enfin la diallage
se substitue à l'amphibole , et il en résulte une
euphotide d abord a grains fins, et puis à gros
grains. Elle y est, dit l’auteur , ainsi qu’en Silésie,
a Prato , a Gênes et à Cuba, aux derniers termes
des formations primitives, et elle touche aux formations
intermédiaires.
Si en Laponie elle n’est pas , comme presque
par-tout ailleurs, avec la serpentine, c’est, remarque
M. de Buch, que dans le nord de l’Europe, la
force de la cristallisation paraît avoir agi avec
plus d’intensité qu’ailleurs ; elle y a formé, en cristaux
distincts, les masses qui, dans d'autres contrées
, ont une apparence aompacte ou sédimen-
taire ; par suite, elle a produit une euphotide ,
là où, sans cette intensité d’action , il n’y eût eu
qu’une serpentine : car ce savant regarde cette
dernière roche comme une euphotide à grains
fins ou indiscernables-mêlée de talc. J ’ai dit plus
haut ce qu’était la serpentine des Grandes-Alpes,
un schiste - talqueux compacte : celle opinion
n’est point, ce me semble , en'opposition avec
celle de M. de Buch : dans les roches talqtieuses
de ces montagnes, nohs avons vu la diallage quelquefois
en grande quantité. Si une pareille roche
diminuait, dans la grosseur du grain, jusqu’à être
d’apparence homogène, ce serait encore une serpentine
dans laquelle les éléments de la diallage
seraient fondus avec ceux du feldspath, d'un peu
de quartz et beaucoup de talc : je crois seulement
que ceux-ci dominent dans les serpentines ,
au moins dans celles des Alpes. Je remarquerai,
en outre , qu’il y a une grande analogie entre la
pâte ou 'composition chimique du talc et de la
diallage (1), et par conséquent que la masse qui a
été produite principalement par le talc dans les
(f) Oa jugera de cette analogie, *en comparant les analyses e