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distingue de la précédente, ne se produit, suivant
cet auteur, que dans les eaux basses, telles
que les marais; les plantes qui la constituent,
par l’assemblage et l’enlacement de leurs tiges,
racines et feuilles, sont des graminées a racines
ligneuses, telles que les roseaux, les joncs, les
scirpes, les carex, etc. ; végétaux dont la plupart
plongent leurs racines dans un terrain inonde ,
et élèvent leurs tiges dans l’air. Diverses mousses
, et particulièrement Yhypnum et le sphag-
num, concourent puissamment à la formation de
ces tourbes ( i ).
L ’homme produit, en quelque sorte, à volonté, la tourbe
dans certaines localités. Dans le JJevits moor, dont nous avons
parlé , on fait, à la surface de la tourbière , des creux d’environ
vingt pieds de côté en carré, et de six pieds de profondeur. La
première année, l’eau qui les remplit se pénètre de nuages
verdâtres , lesquels, l’année suivante , se forment en filets
très-déliés (conferves, e tc .), garnis de leurs feuilles et fleurs.
La troisième année, ce canevas de tourbe se tapisse de mousse,
qui devient un sol sur lequel croissent des joncs, dès roseaux,
des gramens, etc. Les années suivantes on à de nouvelles croissances
des mêmes plantes • le tout forme un lit flottant dans
l’eau ; mais qui, en augmentant continuellement d’épaisseur,
finit par toucher le fond du bassin. La matière prend toujours
de nouveaux accroissements à sa surface ; elle se tasse,
et aubout d’une trentaine d’années, le creux se trouve plein
d’une éponge ferme , dont la surface solide nourrit la bruyère
et tous les autres arbustes qui croissent sur le reste de la
(i) Journal de physique, tom. LIX.
tourbière. Au reste, cette tourbe est loin de valoir , comme
combustible , celle qu’elle remplace, et peut-être d’un siècle
ne l’égalera-t'elle pas en qualité ; il lui manque les végétaux
ligneux qui forment la bonne tourbe (i).
Mais quelles sont les conditions nécessaires
pour qu’il se produise de la tourbe dans un lieu?
D’abord la présence d’une eau stagnante : mais
cela ne suffit pas encore : souvent, dans des
fossés pleins d’eau, à côte des grandes tourbières,
il ne se forme point de tourbe , quoique la végétation
y soit très-forte ; les plantes, en s’y décomposant
, ne produisent qu’un terreau vaseux.
Quelques naturalistes pensent que la qualité de
l’eau est une condition essentielle : par exemple,
que celle qui aurait séjourne au milieu d arbres
abattus, s’y serait chargée d’un principe tannant,
qui, en préservant les plantes de la putréfaction,
donnerait lieu à leur conversion en tourbe.
D’autres croient que la nature de certaines
plantes décident cette formation: telle serait la
conferva rivularis, d’apres M. vanMarum.
c ) Fossiles du règne animal.
La même révolution qui a recouvert de terrains
de transport les parties basses de nos continents,
qui a enfoui dans ces terrains les forêts
qui couvraient, à cette époque, l’ancienne sur-
(i) Voyez de plus grands détails dans les Lettres de Deluc a la
reine d’Angleterre.