
croscope, à distinguer la forme cristalline de chaque grain
pris isolément (1).
Déjà, depuis long-tems, Deluc avait regardé les grès comme
un produit de la cristallisation : c’était ses palvicules élémentaires
simplement Concrétionnés ; et les sables de la West-
phalie , de la Libye , etc., n’étaient à ses yeux que le dernier
précipité des mers qui avaient formé nos couches minérales.
Je n’irai pas si loin, mais je partagerai l’opinion de M. Voigt
sur la nature de plusieurs roches, regardées aujourd’hui comme
des grès , et qui ne sont que des quartz grauuleux. 11 y a
long-tems que j’ai avancé que le minéral connu sous le nom
de grèsjlexible du Brésil, était l’objet d’une pareille méprise;
je l’ai répété dans cet ouvrage ; et maintenant que nous avons
quelques détails sur son gissement, qu’on nous dit qu’il fait
partie de montagnes d’un grès à couches verticales, composé de
grains de quartz liés par un ciment chloritique, reposant sur
des couches dechlorite, renfermant des topases, et traversé par
de grands filons de quartz aurifères (2) , je ne doute plus que
ce ne soit un quartz granuleux , et très-vraisemblablement de
formation primitive ou intermédiaire.
Je dois remarquer qu’en citant tous les divers terrains
dont j’ai parlé dans cet article, j ’ai eu moins pour objet de
les classer que de les faire connaître, et de montrer les rapports
qu il peut y avoir entre eux, tant dans la composition que dans
le gissement: car, d’ailleurs, nous manquons encore de données
pour faire une classification géognostique des grès ; plusieurs
minéralogistes regardent les deux grès de la Thuringe comme
appartenant à une seule formation , dans laquelle le zechslein
serait un lit subordonné i et la majeure partie d’entre eux ne
voient, dans le dernier grès , le quader-sandstein, que l’assise
supérieure du second. 1
(1) Ireiesleben. Geognostisch Beytragzur kenntniss der kupfer
schiefergelirges, tom. IV, pag. 286.
(2) Mawe et Eschwège , Annales des Mines, tom, II.
Indépendamment des trois formations principales
dont nous venons de parler, il en existe certainement
un grand nombre de locales et de partielles
, dit Werner.
§ a85. Avant de terminer ce que nous avons a
'dire sur les grès , examinons un instant une circonstance
assez singulière de leur position. Etant
formés de d é b r is , souvent assez gros, d’anciennes
roches, charriées par les eaux ou par une force mécanique,
ils paraîtraient devoir se trouver continuellement
au pied des montagnes, et dans des
bas-fonds. Us y sont même ordinairement; mais
comme pour contredire les idées trop générales
et les systèmes que nous pourrions nous faire à
cet égard, la nature nous les montre quelquefois
sur les plus grandes hauteurs que nous ayons atteintes.
M. de Humboldt, étant sur la montagne
de Santa-Barbara, dans le Pérou , à 4400 mètres
au-dessus de la mer, marchait sur des poudin-
gues calcaires et des grès quartzeux. On les tiouve
sur les passages les plus eleves des Alpes . au
centre de ces montagnes , près du Mont-Blanc,
au passage des fours , a plus de a 500 mètres d e-
lévation, Saussure a observé des bancs de grès alternant
avec des bancs de poudingues : les fragments
ou noyaux qui les composent sont arrondis
comme s’ils eussent été long-tems battus et roulés
par les eaux ; ils appartiennent à des gneis, à
des roches euritiques , etc., et sont agglutinés
Niveau
qu’attei-
enent les
grès.