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puis qu il est clos de digues, l’Elbe a continué ses atterrissements
; ils se sont accrus , en quelques endroits, au point d’y
égaler la largeur du polder : au reste , l’E lb e , tenant son cours
ouvert, mettra toujours un obstacle aux atterrissements qui
tendraient à le lui barrer ; de sorte qu’il y a, à une très-petite
distance, un terme qu’ils ne sauraient dépasser.
Ce terme est moins positivement fixé sur la côte qui est en
face de Groningue, et les atterrissements y ont une étendue
considérable. Les premières digues y furent construites, sur le
bord de l’Ems , en i 5yo : en 1679, environ un siècle après ,
on en eleva de nouvelles, et le polder, ou terrain conquis sur
la mer , avait trois quarts de lieue de large. Deluc , qui a observé
la composition de ce terrain , dans les coupures faites
pour 1 écoulement des eaux , dit qu’il repose sur le sablé de
la mer , et que les couches d’argile qui le constituent sont
séparées les unes sur les autres par les vestiges du gazon qui
a cru sur chacune d’elles : « Ces couches m'ont semblé mar-
» quer des années, ajoute-t-il : à chaque hiver, tems où la mer
» est plus haute, par de plus fréquents vents du nord, et où
» les rivières gonflées charrient plus de Kmon, ces atterrisse-
» ments en reçoivent une nouvelle couche (1). »
Au reste, quoique le terme de ces accroissements ne puisse
être fixé, et qu’il soit pour ainsi dire indéfini, il ne saurait être
à une grande distance : la mer, semblable à Saturne qui dévorait
ses enfants , détruit souvent son propre ouvrage; après avoir
jadis formé, dans le golfe du Zuiderzée ,un terrain qui fut long-
tems cultivé et habité, elle l’a abîmé en 1222 , et une mer a
reparu dans le lieu où était l’ancien golfe. Tous les efforts, toute
l’industrie du peuple le plus laborieux, luttant continuellement
et avec obstination contre la nature, peuvent à peine maintenir
contre elle une bordure de quelques lieues seulement. Qu’est
(i) Deluc. Lettres, sur la théorie de la terre, à la reine d'Angleterre,
lettre 128e.
cette faible largeur en comparaison du continent voisin ? La
difference, entre la naîure et la composition des deux terrains,
prouve en outre qu’ils ne sont pas un effet de la même cause,
et que les plaines du continent ne sont pas une suite d’allu-
vions ouvrage de la mer actuelle.
Substances contenues dans les terrains de
transport.
Les terrains de transport renferment quelques
substances qui leur sont propres, et qui méritent
une attention particulière.
Les unes appartiennent au règne minéral, telles
sont
les tufs calcaires ;
les minerais de 1er limoneux ;
les minerais en grains et en paillettes
( Seijfenwerke ) ;
le sel commun.
Les autres , d origine végétale, sont.
les bois enfouis ou submergés , et
les tourbes.
Enfin le règne anifnal a aussi laissé , dans ces
terrains, de nombreux ossements de quadrupèdes.
Examinons ces diverses substances et leur manière
d être dans les terrains qui les présentent.
a ) Produits du règne minéral.
| 33(> Le tuf calcaire est en quelque sorte une
production de tous les âges ; mais c’est dans les