
Etendue.
D’après cette aptitude à la décomposition, ses
montagnes ne peuvent guère présenter que des
formesetdes cimes arrondies ; à moins qu’elles ne
renferment des roches d une autre nature , tels
que les quartz , les calcaires : celles-ci restant
en saillie, peuvent constituer dans ces terrains
des pics d’un volume considérable. Les Alpes et
les Pyrénées en offrent un très-grand nombre
d’exemples.
§ 1 8 1 . Les terrains de schiste-micacé sont peut-
être les plus étendus des terrains primitifs, au
moins dans les Alpes, en France, en Allemagne
, etc. Dans les Pyrénées , cependant, la formation
du schiste-micacé, principalement composée
de couches de ce schiste , de phyllade et de
calcaire, présente une longue bande morcelee ,
reposant immédiatement sur le granité, et bien
moins étendue que lui. Dans la partie la plus septentrionale
de l’Europe, lé schiste-micacc est presque
aussi abondant que le gneis : il parait qu il est
en moindre quantité en Angleterre, quoique cependant
il ait été remarqué sur plusieurs points,
notamment en Ecosse. On le retrouve en divers
lieux des montagnes des Etats-Unis d’Amerique.
M. de Humboldt l’a observé auprès de Cumana.
Cet illustre voyageur l’y regarde comme appartenant à la
formation de micaschiste ( schiste-micace ) proprement dite. Il
admet, pour l’Amérique équinoxiale , les cinq formations, ou
grandes assises, qui, d’après M. de Raumer, constituent les
montagnes du Riesengebirge, en Silésie, et que cet habile minéralogiste
désigne, suivant les roches qui les composent, sous
les noms de granité, granité-gneis, gneis, gneis-micaschiste et
micaschiste. Les parties des Alpes, des Pyrénées et de la
France que j’ai été à même de voir et d’étudier, ne m’ont présenté
aucune indice d’une division de ces formations.
ARTICLE QUATRIÈME.
DU PHYLLADE,
Thonschiefer des Allemands.
Clay slütE des Anglais.
Schistus mensalis, tegularis, durits, de Vall.
Ardoise, schiste de Saussure et des anciens minéralogistes.
Schiste argileux de M. Brochant.
§ 182. La roche , objet de cet article , était désignée par les
anciens minéralogistes français sous le nom vague de schiste ,
et lorsqu’elle se divisait aisément en feuillets plats, de manière
à pouvoir être employée a couvrir les toits ou a faire des
tables , ils lui substituaient la dénomination d ardoise. Le nom
de schiste ayant été donné ensuite a toutes les roches d une
texture fissile, n’a pu être , plus long-tems, celui d’une roche
particulière ; et pour le faire servir a cet usage on y a joint
l’adjectif a rg ileu x , traduisant ainsi, autant que l’esprit de
notre langue le permett. t , le mot allemand thonschiefer ( ar-
gila schistus). Mais outre que la traduction est imparfaite, et que
l’usage général n’a point attaché le nom schiste-argileux a une
roche particulière, deux inconvénients majeurs exigeaient sa réforme.
1* Nous avons, en géognosie, une autre substance connue
sous le nom iYargile schisteuse ( schieferthon')] or il faut
presque de la subtilité pour maintenir une différence entre ces
deux noms, et dans la pratique, il y a de continuelles méprises.
a0.Le mot argileux éveille nécessairement l’idée d argile, et
Dénomination.