
Lavages
dam les tufs.
comme le feraient de vraies éruptions boueuses.
N ous avons vu de pareils torrents couvrir , au Pérou , des
espaces de plusieurs myriamètres carrés, d’une vase tufeuse (le
M oya, § 6 9 ) , que nous rappellerons ic i, quoiqu’elle soit
d’ailleurs de nature trachytique. D ’après les observations de
M. de H umboldt, elle est en grande partie composée de fragments
de feldspath vitreux et de petites ponces. Celle q u i, en
1 7 9 7 , détruisit le village de P eliléo , et fit périr quarante mille
habitants , contient un principe charbonneux qui permet
de l’employer comme combustible. K laproth, qui l’a
analysée, en a retiré, indépendamment des substances terreuses
et alcalines qu’on trouve dans la plupart des laves, sur cent
grains :
Eau saturée d’ammoniaque, et contenant un peu d’huile
empyreumatique .......................................................... 11
C a rb o n e............................................... . 5 ^
Gaz hydrogène (en pouces cubes ) ..................... . . i 4- è
Gaz carbonique..................................................................... 1 \
D’après ce que nous venons de dire sur la composition
des tufs volcaniques, on ne sera point
étonné d’y trouver assez souvent des bois fossiles
et des vestiges d’animaux.
§ 3g3. Les tufs, qu’on pourrait en quelque sorte
appeler les terrains de transport volcaniques ,
renferment, comme les terrains de transport
dont nous avons parlé, des minéraux à qui la
dureté a permis de se conserver au milieu de la
décomposition générale. Tels sont les zircons, les
saphirs, les grenats, peut-être les diamants , etc.,
qui étaient dans les laves, et sur-tout le fer oxi-
dulé qui s’y trouve en si grande quantité. Les
ruisseaux qui traversent les terrains volcaniques,
y dégagent également ces substances de la terre
qui les entourait ; ils les lavent et les laissent à nu
sur leurs rives ; assez souvent ils y coulent sur un
sable presque entièrement ferrugineux.
Les flots de la mer opèrent eux-mêmes quelquefois
un pareil lavage : c’est ainsi que , sur la
côte des Champs-Phlégréens, entre jNaples et
Pouzzole,ils étendent sur le rivage une couche
de sable ou gravier principalement composé de
cristaux octaèdres de fer oxidulé , étayant, en
quelques endroits, jusqu’à huit ou dix pouces
d ’épaisseur; il a été, pendant quelque lems ,
fondu dans des forges construites au voisinage
pour son traitement.
§ 3g4- Les terrains volcaniques présentent encore
des pierres lancées par les volcans , et non
altérées par l’action du feu : elles ont été vraisemblablement
arrachées des parois des cavernes
souterraines (§ 60).
Aucun volcan n’en présente autant que l’ancien
Vésuve. Dans presque toutes les coupures de cette
montagne (la Somma), on trouve des morceaux
plus ou moins volumineux d’un beau calcaire cristallin,
quelquefois à gros grains, quelquefois presque
compacte ; ils sont souvent mêlés de beaucoup
de mica vert dont les lames sont groupées entre
elles ; et dans ces groupes, ainsi que dans les
cavités du calcaire, on a des cristaux de feldspath,
39.
Pierres
étrangères
aux volcans.