
une chaussée romaine de vingt-quatre pieds de
large, et un amas de haches, masses et piques
romaines et anglaises (i). Dans les tourbières de
la Meuse, on a découvert de semblables chaussées.
On en a mis une autre à découvert dans
les tourbières de Kincardine dont nous avons déjà
parlé ; elle était faite de pièces de bois couchées
longitudinalement sur la chaussée, et recouvertes
par d’autres pièces transversales : la tourbe se
sera formée depuis la confection des chaussées;
c’est incontestable. On cite une médaille de l’empereur
Gordien trouvée à trente pieds de profondeur
dans les tourbières du nord de la Hollande ;
et cet empereur vivait l’an 240 de notre ere.
Rien de plus commun que des monnaies, des métaux
travaillés, des haches, des clefs, etc., retirés
des tourbières , et qui semblent indiquer que
la tourbe qui les compose est d’une époque
postérieure à leur fabrication. Cependant , ces
témoignages ne sont pas tous egalement irrécusables
; quelques tourbes soçt très-molles apres
des pluies considérables , et il serait très-possible
qu’un outil pesant, une hache, par exemple, s’y
fût enfoncée jusqu’à une certaine profondeur, et
ne pût ainsi donner des indices sur l’âge de la
tourbière.
Mode de g 34g. Re peu d’ancienneté des tourbières doit
formation
des tourbes. --------—— ----------------------— - *
t e r r a in s d e t r a n s p o r t . S o i
peu nous étonner; nous les voyons se former et
croître sous nos yeux.
M. van Marum rapporte qu’ayant fait creuser
dans son jardin | près d’Harlem, un bassin de dix
pieds de profondeur , et dont le fond consistait en
un sable bleuâtre , les plantes aquatiques le couvrirent
bientôt; e t , au bout de cinq ans, en déblayant
la vase dont une inondation avait rempli
le bassin, on y trouva une couche de tourbe de
quatre pieds d’épaisseur. Chaque année, on remarque
sur les tourbières du pays de Brème le
produit de leur accroissement.
Jetons, avec M.Poiret, un coup-d’oeilsurlemode
de formation des tourbes. Les eaux profondes,
telles que celles des lacs, des étangs, etc. , lorsqu’elles
sont stagnantes et à l’abri de fortes agitations
, se peuplent de plantes qui peuvent vegeter
sans se fixer à un sol , et en • flottant dans 1 eau,
telles sont les conferv e s, les bissus , les lemna;
elles se précipitent ensuite, et forment un sol approprié
à la croissance des nombreuses espèces
de chara, myriophylum, potomageton, étc., auxquelles
se mêlent le jonc fleuri, le nénuphar, etc.
Tous ces végétaux, d’une substance pulpeuse ,
tendre et spongieuse, se décomposant aisément,
produisent une vase épaisse , noirâtre, qui s entasse
au fond des bassins ; c’est la tourbe limoneuse
, pareille à celle qu’on retire des canaux de
la Hollande. La tourbe fibreuse que M. Poiret