
nopibre d autres arrivèrent de tous côtés comme
pour en affermir la conséquence. MM.Brongniart
et Omalius virent aux environs de Cherbourg un
granité siénitique, et même un vrai granité, alterner
avec un phyllade qui paraissait identique avec
un autre place a peu de distance , et renfermant
des empreintes végétales et même des fragments
d’entroques.M. de Raumer, mu par des analogies,
rapporta au granité sieniliqne de Meissen et
de Dohna, superposé auxphyllades (§ i55), une
gi ande partie des granités de l’Allemagne , et on
les porta dans le terrain de transition (i). M. de
Buch croit maintenant devoir y mettre les gneis
de Martigni et de Saint-Maurice , en Suisse.
Quelques personnes y rapporteraient même
toute la masse des Grandes-Alpes. Enfin, dans le
moment actuel, on ne sait plus où s’arrêter pour
trouver même un granité incontestablement primitif;
et il semblerait, comme le dit très-bien
M Rrongniart , qu’il n’y a presque plus que les
terrains granitiques et porphyriques peu connus,
qui restent encore dans les terrains primitifs.
Telle est la marche de 1 esprit humain : on s^empresse autour
d’une nouveauté , et lorsque l’impulsion est donnée , sur de
simples aperçus , sur des rapports même éloignés , on renverse
l’ancien édifice , et on s’empresse d’établir un nouvel
ordre de choses. Mais cette marche, ces grands mou-
(i) Geognostiche Fragmente, 18 11.
vements oscillatoires, ne conviennent nullement aux progrès
de nos connaissances, sur-tout de celles qui, comme la géogno-
sie , ne sont, en quelque sorte , que des sciences d observations.
Tenons nous toujours près des faits ; attendons qu une
observation bien positive et bien constatée , ait prouvé directement
ou indirectement la superposition d un terrain à des
couches renfermant des débris d’êtres organiques, avant de le
sortir de la classe où les observations laites jusqu ici 1 ont placé,
c’est ainsi que je crois qu’on doit en agir , et que j en ai agi
dans l’intérêt de la science. Parce qu’à Christinia on a trouvé
un granité siénitique superposé à une assise coquillière, et que
par conséquent il est secondaire, il ne faut pas conclure que
le granite siénitique des Alpes n’est plus primitif : je me suis
déjà expliqué à cet égard ( page ig 3 ). Depuis assez long-tems
les géologistes sont accoutumés à voir des calcaires primitifs et
des calcaires secondaires ; il en sera de même du granite , du
gneis, etc.
§ 232.Quelques géologistes, déterminés en partie
par ces nouveaux faits, pensent qu’on pourrait
supprimer la classe des terrains intermediaires.
Je suis loin de partager cette opinion ; l’idee de
Werner, en l’établissant, a été très-heureuse : elle
laisse , je pourrais dire , dans toute lapurete possible
, les deux autres classes, celles des formations
cristallines , et celles des formations sédi-
mentaires. Elle se rapporte à l’époque ou le
mélange de ces deux sortes de formations a
commencé à se faire , et à une époque où il
s’est opéré dans la nature une révolution qui ,
d’après les nombreux indices que nous en voyons,
est peut-être la plus violente de celles qui sont
Circonscription
des
terrains iai
termédiai •
r«s.