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terrains de transport qu’il occupe seulement des
espaces d’une étendue assez considérable. Nous
aurons a en distinguer deux sortes , celui qui date
delà première origine de ces terrains , et que peut-
etre quelques géologues regarderaient comme
appartenant aux terrains tertiaires ; et celui qui
se forme encore continuellement sous nos yeux ,
a la surface des continents.
Les tufs de la première espèce paraissent s’ê tre
déposes dans des lacs d’eau douce qui existaient
dans des terrains calcaires, et qui ont disparu
depuis long-tems. La Thuringe nous offre , en un
grand nombre de lieux , des exemples d’une pareille
formation. Le tuf y repose tantôt sur des galets
, tantôt sur des roches qui constituent les formations
de ce pays : il y fait des assises qui ont,
en quelques endroits, plus de cinquante pieds
d’epaisseur, et qui sont composées de strates de
tuf compacte et de tuf friable ou caverneux , alternant
à un grand nombre de reprises : on y
trouve aussi quelques minces couches d'une terre
bitumineuse brune. Lorsqu’il n’y avait point de
plantes dans les lacs ou marais, les strates qui se
déposaient étaient compactes, et elles ont été au
contraire poreuses lorsqu’elles ont enveloppé les
roseaux, les joncs , les conferves qui croissaient
dans ces eaux stagnantes. On trouvé, dans ces tufs
de l’Allemagne, une grande quantité d’ossements
fossiles d’éléphants, de rhinocéros, de megalhériums,
de cerfs, etc. : on y a encore observé une
quantité considérable de coquilles d eau douce et
d’hélices analogues aux espèces actuellement vivantes
, ainsi que des empreintes de plantes indi-
gènès. Mais ce qui est le plus remarquable, ce
sont des crânes humains, que M. de Schlottheim
assure en avoir été retires, et qui y étaient bien
réellement enveloppés par le tut (1).
Les eaux qui coulent à la surface du globe , et
qui sont chargées de calcaire , le déposent sur
les terrains qu’elles traversent, et y forment ainsi
des tufs tantôt poreux, tantôt solides ( § 52 ). J ai
été témoin d’une pareille formation, sur les Alpes,
au petit Saint-Bernard ; le chemin y traverse un
torrent appelé les eaux rouges, qui, en se répandant
sur le sol environnant, 1 a recouvert d un
tuf ayant plusieurs mètres d’épaisseur, ainsi qu on
le voit, par ses nombreux blocs, dans le voisinage.
Mais l’exemple le plus remarquable d une pareille
formation est celle du travertin de Rome ,
pierre qui couvre la plaine entre cette cité et Tivoli,
et qui est un dépôt formé par 1 Anio et par
le lac de la Solfatare dans leurs débordements
sur les terres voisines : l’Anio , sortant des Apennins,
est très-chargé de calcaire , et les eaux de
la Solfatare, qui sont chaudes et imprégnées d hydrogène
sulfuré, en contiennent encore davan- 1
(1) • Leonliard’ s. T a s ch en b u ch ju r die gesammte minéralogie.
1816.