
Stratification.
parties ou des cristaux de feldspath , de grenat,
de tourmaline , de fer oxidulé , de pyrites , etc.
§ 187. Le phyllade est peut-être la roche la
plus distinctement stratifiée ; les feuillets y sont
parallèles aux fissures de la stratification ; mais
quelquefois ils sont tellement contournés ou plissés
, et les plis se conservent, dans un même sens,
sur une si grande étendue, qu’une portion des
feuillets est inclinée ou même perpendiculaire à
la stratification, dans une portion de la couche.
De là une grande partie des irrégularités que
présentent si souvent les strates de phyllade , et
qui ont fait émettre des opinions extraordinaires
sur leur division en feuillets : telle serait, par
exemple , celle de M. Voigt. Ce géognoste, justement
célèbre d'ailleurs, pense que les phyllades
ont été déposés en couches à-peu-près horizontales
, et qui sont encore dans cette même position
; mais qu’elles se divisent en feuillets, faisant
ordinairement un angle droit avec leur plan ; ce
qui leur donne l’apparence d’une stratification
verticale. Il observe que si la division en feuillets
perpendiculaires ne se voit pas en plusieurs
lieux , c’est que les couches étant très-épaisses ,
on 11’aperçoit point les faces qui les terminent,
et qu’on ne peut ainsi juger de leur vraie position.
Il fonde son opinion sur des couches horizontales
qu’il a vues dans le Thüringerwald alterner avec
des couches calcaires, et qui étaient divisées en 1
feuillets à-peu-près perpendiculaires à la stratification
(1).
Sans admettre l’opinion de M. Voigt, je n’en
dois pas moins remarquer qu’il y a réellement des
cas où la roche présente des feuillets obliques
au plan des couches. J ’en ai vu un exemple frappant
en Saxe , à quatre lieues au nord de Frey-
berg : la montagne consistait en couches bien
distinctes mêlées de beaucoup de calcaire , alternant
avec d’autres couches imprégnées de carbure
de fe r , ce qui rendait la stratification bien visible.
Les premières se délitaient très-nettement,
èn faisant avec la surface de superposition un angle
d’environ 6o°. Ce fait, qui nous frappa beaucoup
( j’étais avec M. Mohs ) , est, d’après W er-
ner, une suite du double feuilletage que présente
quelquefois le phyllade. M. le comte de Bournon
a remarqué que plusieurs schistes se délitent assez
habituellement sous des angles de 60 à iao° , et il
est tenté de voir ce fait comme résultant de la
présence du mica.
Les strates des terrains de phyllade sont en général
fort inclinées : la majeure partie d’entre
elles a été formée à-peu-près horizontalement, et
elle a été ensuite portée dans sa position actuelle,
par l’effet d’une cause qui a agi sur elles après
leur consolidation ; cela est incontestablement
(1) P maische Gebirgskunde, pag. 56