
Fossiles. g 268. Au milieu des immenses produits végétaux
que présentent les terrains houillers , il
est assez remarquable d’y trouver si peu de vestiges
du règne animal ; ils y sont très-rares , et
le petit nombre de coquilles qu’on y a vues , sont
des coquilles fluvialiles. On en a trouvé quelques
unes dans les mines de Newcastle, et dans
d ’autres lieux de l’Angleterre , qui ressemblent
à des moules d’eau douce ; elles sont plus fréquentes
dans les couches de minerai de f e r ,
que dans celles d’argile. Tous les naturalistes qui
ont observé les grandes houillères de la Flandre,
de Liège et d’Aix-la-Chapelle , ont été frappés de
l’absence totale des coquilles , corps qui abondent
dans les terrains environnants. Cependant,
encore ici , il se présente des exceptions , et
M. \oigt possède un échantillon d’argile schisteuse
, seul à la vérité, sur lequel on voit quelques
petites tellinites et muscuîites. M. de Schloltheim
a observé également des fragments de ces dernières
coquilles dans les pays houillers de Rothemburg et
de Suhl, où il a trouvé aussi, par familles, des my-
tulites, qu’il a appelés en conséquence mytulites
carbonarii ; d’ailleurs il n’y a pas vu la moindre
trace d’animaux marins; et encore remarque-t-il
que ces mytulites et muscuîites pourraient bien
être des coquilles d’eau douce.
Les vestiges reconnaissables du règne végétal
sont bien plus nombreux. Les impressions de
plantes abondent dans un grand nombre de couches
d’argile schisteuse , et je n’ai pas vu encore
une grande houillère dans laquelle elles ne se
soient trouvées. Elles se rapportent à des plantes
monocotylédones principalement aquatiques ,
telles qu’à de grandes sortes de roseaux ou de
bambous : on y voit en outre une Lrès-grande
quantité de feuilles de fougères. Les botanistes
n’ont pas encore déterminé les espèce^ auxquelles
ces plantes appartiennent ; et quelques-uns pensent
qu’elles sont étrangères à nos climats, et ont
plus de rapport avec celles qui croissent dans les
régions équinoxiales , notamment dans l’Inde.
On cite parmi ces^ plantes houillères, des espèces
de lycopodium , polypodium , equisetum , d euphorbia
, casuarina, etc. On cite même des empreintes
de tiges et de fruits de palmier.
Quelques nombreux que soient les vestiges de
ces végétaux , dans les terrains houillers , ils sont
extrêmement rares au milieu des couches de
houille même : vraisemblablement les agents qui
ont réduit les plantes en houille, en ont opéré
l’entière décomposition. C’est dans l’argile schisteuse
, et notamment dans la partie qui avoisine
le charbon qu’elles abondent ; leurs vestiges ordinaires
sont des feuilles ou des troncs aplatis ,
compris entre des feuillets d’argile schisteuse,
où ils sont quelquefois réduits en houille ; mais
d’autres fois, les roseaux, sur-tout lorsqu’ils sont
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