
58 TEK K AINS PRIMITIFS.
§ 162. Près d’Auerbach , dans le Voigtland, en
Saxe, on voit un rocher assez considérable, connu
sous le nom deSneckenslein(pierre des limaçons);
il présentait autrefois un pic considérable , qui
est aujourd’hui abattu.
Il est principalement composé de quartz, dç
tourmaline, de topaze et de lilhomarge. Il est remarquable
non-seulement par la nature des substances
qui le composent, mais encore par sa
structure. Il consiste en un assemblage de petites
masses de la grosseur du poing , terme moyen ,
et qui ontl’aspéct de fragments,.quoique Werner
les regarde comme les grains d une roche grani-
toïde. Chacune est formée de lames minces de
quartz, de tourmaline et, de topaze, lesquelles
alternent entre elles, et sont bien distinctes ; elles
ont une direction différente dans les diverses
masses, et chaque espèce de minéral forme sa
lame particulière. Le quartz y est grenu à grains
fins : la topaze y est également grenue et amorphe;
elle se distingue par sa cassure lamelleuse et
par sa dureté ; enfin, la tourmaline est en petites
aiguilles noires.
Entre les masses dont nous venons de parler,
il se trouve fréquemment des vides ou druses dont
les parois sont tapissées de cristaux de quartz, de
topaze, et fort rarement de tourmaline; au milieu
de ces cristaux est la lilhomarge ; sa couleur est
blanchâtre, rarement verdâtre, et le plus souvent
d’un jaune d’ocre. 11 esta remarquer que , dans
les diverses parties de la roche , la couleur des
cristaux de topaze, ainsi que son intensité, dépend
de celle de la lilhomarge voisine , comme si l’une
et l’autre de ces substances avaient le même principe
colorant, ou même comme si les cristaux de
topaze étaient colorés par de la lithomarge qui
serait entrée dans leur composition.
La stratification du Sneckenstein est assez distincte
, et les strates en sont épaisses. Le rocher
repose sur le granité, et, dans une partie de son
étendue , il est recouvert par du phyllade.
Il existe encore , continue Werner , dans nos
montagnes , près de Seiffen, une roche composée
de quartz et de tourmaline noire : elle ne contient
pas, il est v ra i, de la topaze ; mais elle n’en
paraît pas moins avoir beaucoup de rapports géo-
gnosliques avec celle dont nous venons de parler.
Werner regarde comme analogue au Schnec-
kenstein la roche d’Oudontchalon, dans laDaou-
rie , d’ou l’on tire de belles aigues - marines :
elles y sont accompagnées de quartz , de topaze
et de lithomarge. Cependant, d’après les rapports
de M Palrin, il paraîtrait que cette roche
constitue des filons plutôt que des masses de
montagnes. La tourmaline y serait remplacée par
l’aigue-marine.