
d’un grand diamètre , sont droits et remplis de la
même argile ou du même grès qui les entoure.
J ê 11e connais aucun fait de ce genre plus intéressant que
celui que j’ai moi-même observé, en 1801 , en Saxe, et que
j’ai déjà consigné dans le Journal des Mines (t. X X V I I , p. 43).
« En allant de la petite ville de Hainchen aux houillères qui
sont dans le voisinage , le chemin passe devant une grande carrière
taillée dans le grès, et présentant une coupe verticale.
Sur cette coupe, j’ai vu comme quatre ou cinq troncs d’arbres
verticaux, de g à 12 pouces de diamètre, et de 5 à 6 pieds de
long, non compris ce qui est encore enterré dans le grès; ils
sont à quelques mètres les uns des autres, et leur position verticale
, ainsi que leur parallélisme, semble annoncer qu’ils
sont réellement en place , et qu’ils y ont été enveloppés par le
le grès qui s’est déposé postérieurement à leur existence. Dans
un endroit, on ne voit sur la roche que la concavité qui était
occupée naguère par un tronc ; dans les autres, le tronc existe
encore, sa convexité est saillante, et il ne reste plus du végétal
que l’écorce qui est convertie en une légère couche de
houiile ou de bitume minéral ; la masse du tronc est exactement
composée du même grès que celui de la carrière. Ces formes,
le peu d’épaisseur de l’écorce, les noeuds qu’elle présente ,
tout porte à croire que ces plantes étaient de grands roseaux
creux, et que le grès, en se déposant peu-à-peu,etpar sédiments
horizontaux, les aura remplis à mesure qu’il les enveloppait.
W erner a vu, dans le même lieu, des roseaux de deux pieds
de diamètre, droits, et traversant plusieurs couches de grès :
ces fortes plantes, ajoute-t-il, sont restées dans leur position
originaire , tandis que celles qui étaient plus faibles, ainsi que
les feuilles, se sont couchées, ont nagé peut-être dans le
fluide , et ont été enveloppées, dans cette position horizontale,
par l’argile schisteuse, sur laquelle elles ont laissé les empreintes
que l’on voit entre les feuillets. M. Voigt, qui a également
observé ces grands roseaux d’Hainchen , pense aussi qu ils ont
été remplis par le grès , à l’époque où cette substance s’ est
déposée.
M. de Gallois a vu des faits analogues à celui
qui vient d’être rapporte dans les houilleies du
Forez.
On cite souvent des bois et des troncs de vrais
arbres trouvés dans les houillères ; mais la plupart
de ces faits peuvent être révoqués en doute ;
les auteurs qui les rapportent ne distinguaient pas
suffisamment les houilles des lignites. Il existe cependant
des bois dans les terrains houillers, et
M. Voigt, qui a si bien établi les caractères distinctifs
de ces terrains, fait mention de morceaux
pesant plus de vingt livres, qui ont ete retirées des
houillères de Cammerberg, et qu’il possède lui-
même. Le Journal des Mines ( n° 1 1 , pag. 37 )
cite encore des troncs d’arbres pétrifies, entoures
de houille et pénétrés par cette substance, qu on a
retirés deshouillères de Saint-Etienne. M. Winch
parle aussi d’arbres minéralisés trouvés dans les
houillères de Newcastle.
§ 269. Cette présence continuelle des débris
de végétaux dans les terrains houillers ; 1 analogie
entre les principes constituants des plantes
et des houilles, principes qui, dans les unes comme
dans les autres', ne sont en définitive que du
carbone, de l’hydrogène , de l’oxigène , et quelquefois
un peu d’azote ; l’impossibilité où nous
De l ’origine
des
houilles-.