
de trachyle. Je remarquerai , a ce sujet, que
souvent des roches de trachyte , en se désagrégeant,
se réduisent en une sorte de terre
ou de sable ponceux, lequel, quoiqu’en étant
encore dans son gîte natal, peut présenter
l’image d’un tuf intercalé dans une montagne
trachytique. Une partie des terres blanches qui
sont au Mont-Dor, ne m’ont pas paru avoir d’autre
origine : peut-être en est-il ainsi de quelques-
unes de celles qu’on voit à la base du mont, qui
semblent s’étendre au-dessous de lui, et qui ont
fait penser à M. de Montlosier, et a d autres savants,
qu’il reposait sur des couches volcaniques.
M. Beudant a vu les brèches et tufs former, en
Hongrie, autour des groupes de montagnes de
trachyte , des ceintures de nouvelles montagnes,
qui s’étendent bien avant dans les plaines. Les
fragments des breches y sont souvent lies au
moyen d’une pâte qui, par l’effet d’une nouvelle
agrégation , a repris une partie des caractères
des roches trachytiques dont elle était un détritus.
Les trachytes, les perlstein, les ponces, sont
quelquefois tellement pulvérisés, tassés et réagglutinés
dans les tufs , qu’il en résulte des couches
semblables à des craies ou à des tripolis. Des
infiltrations siliceuses ont souvent pénétré ces
couches, les ont en quelque manière pétrifiées ,
et y ont formé de petites masses, grains et veines
•d’hydrophane, d’hyalite et d’opale (i). Ces couches
renferment des bois opalisés ressemblant à
des bois de chêne, et des coquilles marines dans
lesquelles M. Beudant a distingué des arches , et
des espèces analogues à celles du calcaire à cé-
rites des environs de Paris. Au-dessus de ces dépôts
ponceux, déjà semblables à des roches en
quelques endroits , on trouve assez souvent des
masses homogènes, à cassure ordinairement terne
et terreuse , il est vrai, mais passant aussi à la
cassure compacte et écailleuse comme celle du
feldspath compacte ; « ces roches, presque infusibles,
ressemblent beaucoup , dit M. Beudant,
au porphyre-meulière ; on y découvre quelquefois
des cristaux de feldspath très-petits, aciculaires
et très-nets, et il faut nécessairement admettre
(i) L a belle opale exploitée à Gzscherwenitza, près de Kaschau,
si remarquable par la douceur de sa couleur laiteuse et par la vivacité
des reflets rouges , bleus , verts et jaunes qu’elle lance , se
trouve principalement dans la pâte des brèches trachytiques : elle
y est en grains, filets et petites masses; la plus considérable qu’on
. ait trouvée ne pesait que l'j onces. Elle est accompagnée d’opales
communes, de veines mi-parties d’opale et d’hyalite, de jaspe-
opale, etc., en un mot, de tous ces produits siliceux, semblables
à une gelée de silice endurcie , et dont quelques-uns ont été trouvés
dans un état de mollesse qui permettait de les pétrir avec les
doigts. L ’ eau qui entre dans ces produits y est-elle à l ’état de combinaison
? Je le crois ; malgré les doutes élevés à ce sujet : elle
les constitue en un état, particulier; car ce ne sontni des quartz ni
des silex; ils ne présentent jamais dans leurs interstices un cristal
de quartz ; on n’en voit point dans les bois opalisés, tandis qu’ils
sont très-communs dans les bois silificiés ordinaires.
\