
Les mines les plus riches que nous connaissions*
celles du Mexique , sont en énormes filons dans
un porphyre siénitique. Celles de la Hongrie,
les plus considérables de l’Europe, qui livrent
annuellement cinq ou six millions d’or et d’argent,
se trouvent de la même manière dans un
pareil porphyre , lequel justifie bien ainsi le nom
de saccum meialliferum qui lui avait été donné.
Il paraît que c’était dans des roches porphyriques
que les anciens avaient leurs fameuses mines de
cuivre dans l’île de Chypre (i). En Saxe, c’est
dans un porphyre euritique que sont les exploitations
de Mohorn : je ne parlerai pas de celles
d’Altenberg , qui fournissent une quantité considérable
d’étain, le porphyre qui les renferme
étant d’une nature particulière. Les nombreux
filons de plomb, cuivre et argent qu’on a exploités
ou reconnus à Giromagny , dans les Vosges, sont
encore dans un terrain porphyrique (2).
§ 2o3. Quoique le porphyre , sous le rapport
de son essence , puisse être regardé comme une
simple modification du granité , il est cependant
loin d’occuper sur notre globe | dans les terrains
primitifs, une aussi grande étendue que lui. Il
( 1) C’est de l’île de Chypre que le cuivre a pris son nom ( cupmm ).
M. Buch, d’après des échantillons d’euphotide venant de Fa-
magusta dans cette île , pense que les gîtes cuprifères y étaient
dans cette roche.
(2) Journal des Mines, nos 3g et 4<>.
PORPHYRE.
semble restreint à certaines localités particulières.
Pris dans son ensemble , et d’après les observations
faites jusqu’ic i , il se trouve en moindre
quantité que les rochesdontnousavonsdéjàparlé ;
mais plus abondamment que celles dont il va être
question dans la suite de ce chapitre.
L’indication des lieux où il existe, présente
bien des difficultés. Les porphyres primitifs ressemblent
complètement à desporphyres intermédiaires
, et même secondaires ; et il est presque
impossible de classer convenablement ceux qu’on
trouve et qui n’ont pas été étudiés sous tous les
rapports de gissement. De plus la ressemblance
avec certains produits de la voie ignée vient encore
augmenter ici l’embarras. Aussi n’est-ce
point avec pleine certitude que nous plaçons tous
les porphyres suivants dans les terrains primitifs.
En France, le porphyre constitue la partie des
Vosges voisine de Giromagny , et il est en général
assez fréquent dans cette chaîne : il forme
encore des montagnes au milieu des granités du
Forez, et il se représente , en Provence , au
noi'd de Fréjus. Je n’en ai point vu dans les Pyrénées
, et je ne sache pas qu’on y en ait trouvé. Il
manque également dans les Alpes suisses , et sur
le revers septentrional de la grande chaîne alpine ;
mais il occupe un espace considérable sur lever-
saut méridional, depuis le lac de Corne jusqu’en
Carinthie et en Carniole ; et peut-être encore ce