
très, il est plus tenace , il résiste à la décomposition,
et est employé avec succès aux constructions
et en architecture : de là le nom quader-sandstein
(gies pour pierre de taille) qui lui est donné par
Werner et par les minéralogistes allemands.
Il forme seul des masses de montagnes assez
considérables. Quelques très - petites parties de
minerai de fer, quelques minces couches de houille
de loin à loin interrompent à peine l’homogénéité
de ces masses.
Elles sont distinctement stratifiées, mais en
strates souvent épaisses. Elles sont en outre traversées
fréquemment par des fissures verticales
qui, se coupant sous des angles droits , divisent
la roche comme en pierres de taille ( § 1 15). On a
encore des grès en boules ; la majeure partie de
celles qu’on trouve à la superficie du sol me paraissent
être de simples effets de la décomposition
; cependant MM. Reuss et Jameson en ont
observé quelques-unes qui leur semblent être de
formation primitive,r de vraies concrétions globuleuses.
Les fossiles qui paraissebt appartenir plus particulièrement
au grès de cette formation, sont,
d après M- de Schlottheim, des musculites , des
mytulites et des tellinites. Au reste, ils y sont
rares. On y a observé, dans les environs de Blan-
kenburg, des empreintes de feuilles d’une grandeur
extraordinaire, etqui ontquelques rapports
avec celles des palmiers. Près de Carlsbad, en
Bohême, on trouve, d’après M. Reuss, dans un grès
quartzeux , des arbres entiers avec leurs racines
et leurs branches ; on y voit aussi quelques fragments
de bois biluminisés et des empreintes de
feuilles qui ressemblent à celles du saule.
1 a83. Celte formalionse trouve en S O axe, au sud Localités.
de Dresde,notammentauxenvironsdePirna : elle
y forme les montagnes de Koenigstein et de Lilien-
stein; ensuite elle entre en Bohême, et va se terminer
dans le comté de Glatz. Les contrées qui en
sont formées présentent les sites et les vallons les
plus pittoresques. Ils doivent leur existence aux
fissures ou fentes verticales qui traversent ces
grès : la décomposition, en élargissant ces fentes,
à-peu-près également dans toute leur hauteur ,
les transforme en vallées profondes et encaissées,
et le voyageur qui les parcourt, s’y voyant comme
enfermé entre d’immenses murailles , croit être
au milieu de hautes montagnes : et cet aspect
a valu le nom d'Alpes de la Saxe aux contrées
voisines de Koenigstein, ^Schandau , etc. , situées
sur les bords de 1 Elbe , près la frontière de Bohême
: la plus belle végétation vient y adoucir la
sévérité du tableau , et elle lui prête un nouveau
charme. Mais nulle part les rochers de grès ne
présentent un spectacle plus singulier qu’à Aders-
bach en Bohême : nous avons déjà parlé (§ 87)
de cette étonnante multitude d’énormes colonnes