
contestablement (i). Ces roches, ou plutôt ces
montagnes dont elles font partie, sont-elles primitives
? Malgré quelques apparences, regardons-
les comme telles , jusqu’à ce que des faits positifs
les fassent passer dans une autre classe.
L’incertitude qui règne à cet égard se reproduit,
lorsqu’il s’agit de classer la plupart des porphyres
aphanitiques, par exemple , le beau porphyre
antique connu des artistes sous le nom de
serpentino verde antico, appelé ophite par Wallé-
rius et la plupart des minéralogistes, et désigné
par VYerner sous le nom degi ünporphyr (porphyre
vert). Sa base est une aphanite compacte , à cassure
égale et quelquefois écailleuse , d’un vert
foncé, et contenant des cristaux allongés d’un
feldspath presque compacte , vert clair, ayant
toutes sortes de directions , et se croisant en différents
sens ( ce croisement se fait vraisemblablement
sous un angle dépendant des lois de la
cristallisation ; et l’apparence compacte des
cristaux provient de ce que leurs lames très-serrées
les unes contre les autres , ne sont pas discernables).
Werner et la plupart des minéralogistes
le placent dans les terrains primitifs , et
malgré les pyrites qu’il contient et qui semblent
caractériser les amphibolites de ces terrains :
(i ^Geologische Beschreibung der Thüringer Waldgebirge s, t. III,
pag. ix3 et 117 .
ce n’est qu’avec défiance que je suis l’exemple
de ces savants : il serait possible qu’il fut du
domaine volcanique. J ’ai vu, dans les monts Cantals
, en Auvergne , des masses porphyroïdes d’un
vert noirâtre , renfermant des cristaux d’un vert
clair et ayant la plus grande ressemblance avec
l ’ophite. Ces masses, comme tout ce qui constitue
lesCantals,me paraissaient volcaniques: mais
M. Beudant présume que la base de ces monts
est de nature analogue au porphyre siénitique de
Hongrie , et que c’est à un porphyre analogue
qu’appartiennent les masses sus - mentionnées.
D’un autre côté , M. Cordier croit avoir des raisons
minéralogiques de regarder la pâte de l’o-
phite comme appartenant à la dolérite, et non à
l’aphanite ou à la diabase.
Non - seulement le premier de ces deux minéraux
constitue la base de quelques amygdaloïdes
et de quelques porphyroïdes , mais encore celle
de plusieurs variolites, et en particulier de celle
de la Durance , donnée habituellement comme le
type de ces sortes de roches ( § 104 ). Sia pâte est
d’un vert noirâtre, d’une cassure compacte et
écailleuse, assez dure, pesant 2,9, et fondant au
chalumeau en émail noir: elle contient des noyaux
de feldspath à rayons divergents et quelquefois à
couches concentriques, d’un blanc verdâtre, d’un
éclat un peu gras et qui fond en un verre blanchâtre.
Saussure après avoir porté une attention