
Décomposition.
particulière sur cette pierre , a donné à sa pâte
qu’il regardait comme analogue à celle de l’ophite,
le nom d ophibase. ( Saussure, § i 53g. ) Je l’avais
adopté, il y a quelques années (i), pour désigner
1 aphanite , mais ce dernier nom, récemment introduit
en géognosie, me paraît plus convenable.
§ 208. Les amphibolites, ainsi que toutes les
roches contenant une quantité notable de feldspath
, se décomposent aisément. Elles se recouvrent
, par l ’effet de la décomposition, d’une
croûte terreuse , roussâtre , dont la couleur est
due à l’oxide de fer passant à l’état d’hydrate.
Quelquefois des roches noires, et qu’à leur aspect
on eût pris pour de l’amphibole pur ou presque
pur, se décomposent en une terre grisâtre comme
le feraient des eurites : ce sont effectivement de
vrais eurites , mais ils étaient, en quelque sorte ,
masqués par un principe colorant particulier et
qui est étranger à l’amphibole, peut-être par le
carbone : ces pierres essayées au chalumeau y
blanchissent et se fondent en un verre blanc ou
peu coloré.
L ’amphibole cède, en général, moins facilement
à la décomposition que le feldspath; et cette
différence met quelquefois à même de distinguer
ces deux éléments, dans des amphibolites ou apha-
nites qui se présentent sous une apparence par-
(1 ) Journal des Mines , tom. X X IX , pag. 3io. 181 1 .
faitement homogène et sous une couleur verte
uniforme. Dans les échantillons qui ont resté long-
lems exposés à l'action de l’atmosphère, le feldspath
â pâli, et l’amphibole paraît, au milieu de
la masse , sous forme de taches plus foncées. Au
reste, il est des variétés où le feldspath, par l’effet
d’une formation particulière, résiste plus à
la décomposition : c’est le cas de plusieurs vario-
lites ; les globules blancs de feldspath restant alors
en saillie sur une masse plus colorée, présentent
l’image de grains de petite-vérole ; de là le nom
de variolite.
Les amphiboles, en se décomposant, prennent
très-souvent la forme de boules. J ’en ai vu un
exemple assez singulier en Bretagne , à trois ou
quatre lieues au nord de Poullaouen : le sol y est
formé par un aphanite d’un tissu peu serré, les
chemins semblent pavés de petites boules de cette
pierre, ayant trois ou quatre pouces de diamètre:
j’ai cru même pendant un instant qu’il en était
ainsi ; mais un examen plus attentif m’a évidemment
montré que je marchais sur la roche en
place, et que c’était la décomposition qui , en
pénétrant par les fissures, l’avait ainsi divisée et
façonnée. En traitant des diabases globuleuses,
dans le chapitre suivant, nous verrons de nouveaux
exemples de cette division. Je me borne à
citer un fait très-remarquable observé par M. de
Humboldt aux enyirons de Venezuela. Dans un