
tage. Le travertin est dun blanc jaunâtre, son
grain est terreux e t sa cassure inégale ; il se trouve
en couches horizontales. Il présente fréquemment
des cavités dont plusieurs ont été , postérieurement
a leur formation, remplies par des stalactites
plus blanches , d’un grain plus fin et plus dur,
qui forment comme des taches sur la pierre : ces
cavités proviennent, en grande partie, des plantes
ou fragments de bois qui ont été enveloppés par
les tufs, et qui se sont entièrement décomposés.
On a établi de grandes carrières de pierre de taille
dans ce travertin, et la plupart des grands monuments
de Rome , tant anciens que modernes, en
sont bâtis. Cette pierre exposée à l’air , y prend
une teinte rougeâtre qui ne contribue pas peu à
donner aux monuments antiques ce caractère de
majesté qui nous frappe en eux(i).
J ai vu, dans les Alpes , au -dessus de Cogne , à trois mille
mètres de hauteur, et sur une montagne de schiste calcarifère,
une bande de tuf qui semblait l'affleurement d’uue des couches
de ia montagne. A 2600 mètres , sur Je haut du co l, qui sert
de communication entre les vallées d’ Aoste et de Locana, j’ai
observé une couche de tuf qui paraissait intercalée dans la
masse de la chaîne. J ai regardé ces apparences comme trompeuses
, et ces tufs ont été pour moi des formations très—
récentes analogues à celles du Saint-Bernard. Cependant le
plus exart des observateurs, Saussure, a vu sur le Mout-Cer-
viu, à 35oo mèt., une couche de tuf de deux pieds d’cpaisseur,
comprise entre les strates d’un schiste-micacé ; il s’est assuré
( i j Breislak. Vojrages dans la Campanie, tom. I I ,
qu’elle était intercalée ; et après avoir essayé diverses hypothèses
pour expliquer ce fait, pour résoudre d autres questions
de géologie, il dit : « Mais qui pourrait, du moins par des con-
» jectures probables, pénétrer dans celte nuit des tems ? Placés
» sur cette planète depuis hier , et seulement pour un jour ,
» nous ne pouvons que désirer des connaissances que vraisem
» blablement nous n’atteindrons jamais. » ( Sau$s., §§ 2261
et 2262 ).
§ 34o. A-peu-près de la même manière que les
eaux qui traversent les contrées calcaires don
nent, par leurs dépôts , naissance aux bancs de
tuf, celles qui coulent dans des régions abondantes
en molécules ferrugineuses , produisent des lits
de minerai de fer.
On sait que ce métal est une des substances les
plus généralement répandues dans la nature , la
destruction des roches ferrifères , la décomposition
des végétaux , etc. , et peut-être d autres
causes encore, en ont presque imprégné toute
la surface du globe ; la couleur brune des terres,
des argiles, des sables lui est due. Sa grande division
Minerais de
fer d’allu-
vion.
, jointe à son affinité avec 1 eau, fait qu il y
est presque toujours à l’état d’hydrate (1).
Les eaux qui coulent sur les terrains qui con- 1
(1) Vu l’ affinité du fer oxide avec l'eau, il est assez singulier de
voir des fleuves rouler des eaux rouges, c’ est-à-dire chargées d oxide
non combiné; j’ai eu cependant occasion de m assurer que de l’ eau
dans laquelle on délayait de la terre rouge, au bout de quelque
tems, finissait par déposer une vase entièrement jaune ; l ’ oxide
s’était hydraté.