
498 terrains de transport.
La plupart des arbres que l’on trouve dans les tourbières
paraissent avoir crû sur le sol mênae où ils sont étendus : quant
à leur nature , ceux qui se présentent le plus fréquemment dans
les tourbières du nord de l’Europe, et en particulier de l’Ecosse,
sont : i ° les conifères (pins, sapins, mélèzes, etc. ) ; ils dominent;
on en rencontre qui ont cent pieds de long ; ils sont
quelquefois ramollis. 2° Les chênes, ils abondent dans les tourbières
des basses contrées; ils sont très-souvent sans écorce ,
ce qui semble indiquer qu’ ils étaient morts depuis long-tems ,
avant d’avoir été recouverts par les tourbes : en desséchant le
territoire d’Hartfeld, dans le comté d’Yorck, on en a trouvé
qui avaient jusqu’à cent vingt pieds de long, douze pieds de
diamètre à une extrémité et six à l’autre. Ils étaient noirs
comme de l’ ébène et fort bien conservés : on en sort des
tourbières de la Hollande qui sont dans le même état, et qui,
quoique charbonnés en apparence, sont assez bons pour être
employés aux constructions navales. 3° Des bouleaux : ils
sont moins bien conservés que les pins et les chênes ; l’écorce
l ’est plus que le reste dé l’arbre , vraisemblablement parce
qu’ elle est plus résineuse. On a encore trouvé dans la tourbière,
des aulnes, des saules, des frênes, et quelques autres
espèces ; on y rencontre fréquemment des fruits de comferes
et de noisetier ( i).
Les arbres sont en telle quantité sur le sol qui porte quelques
tourbières, que plusieurs naturalistes les y ont regardés
comme la cause prochaine de la formation de la tourbe; cette
substance aurait été d’abord une mousse qui aurait crû sur les
troncs renversés.
Age des § 348. Si les arbres bien conservés, et d’espèces
tourbières. ________________ ___________ __________ _
du pays d’un moyen de défense , ou plutôt d’attaque, qu’ elle leur
prêtaitJ Bioliothèque britannique, tom. IX.
(1) Jameson’s mineralogïsche reisen, chap. i 4>
TERRAINS DE TRANSPORT. 499
analogues à ceux qui végètent encore aujourd’hui
.dans les mêmes contrées, prouvent le peu d’ancienneté
des tourbières dans lesquelles ils se
trouvent, d’autres corps qu’on en a retirés, et
dont nous allons parler, le prouvent encore plus
incontestablement.
Onatrouvé, dans les tourbières d’Essonne etdela
Somme, des ossements de boeufs, des bois de cerf,
dechevreuil, desdéfensesdesangliers,elbeaucoup
de coquilles fluvialiles. Ces mêmes fossiles ont
été retrouvés, dans les tourbières de l’Irlande et
de l’Ecosse, avec des cornes d’aurochs ; M. Cuvier
observe qu’ils appartiennent à des espèces
connues, et dont les vestiges ne se trouvent que
dans les terrains récents , qui reçoivent ou peuvent
recevoir journellement ,de nouvelles augmentations
, qui sont ainsi de formation postérieure
à la masse générale des terrains de transport,
et dans lesquels on trouve des ossements du
genre de 1 éléphant et du rhinocéros, dont les
espèces n'existent plus aujourd hui.
Des monuments de l'industrie humaine prouvent
encore ce peu d’ancienneté. On a trouvé,
dit M. Poiret, dans les tourbières de la Somme ,
des barques provenant vraisemblablement des
navigations qui se faisaient sur des lacs ou étangs
de cette contrée, aujourd hui remplacés par les
masses tourbeuses. Sous les tourbes d’Ecourt-
Saint-Quentin, en Artois, on dit avoir trouvé