
lies saillantes, sur les angles et les arêtes, elle tend
à arrondir et finit par arrondir les masses ; elle
produit ainsi les boules de basalte qui sont en
si grand nombre dans des terrains basaltiques. Je
sais bien que Werner et quelques autres naturalistes
les ont regardées comme un effet de la
formation primitive ( voy. § 1 1 8) ; je sais encore
que M. Grégory Watt croit avoir trouvé dans ses
belles expériences sur le refroidissement gradué
de la matière des laves, des motifs d’attribuer
aux circonstances du refroidissement la division
globuleuse qu’affectent plusieurs basaltes; mais,
ayant observé moi-même, et avec soin, un grand
nombre de ces boules, je n’ai vu dans leur formation
et dans la division à couches concentriques
de leur croûte décomposée, qu’un simple effet
de la décomposition (§§ 118 et i 5g). Je ne reviendrai
pas sur cet objet, et je vais me bornera
exposer un seul fait qui me paraît décisif dans
cette discussion.
J ’ai souvent vu, principalement en Bohême, des boules de
basalte récemment partagées par le milieu. Quelques - unes
avaient plus d’un pied de diamètre ; le noyau était noir, frais,
dur, compacte, sansle moindre indice de division, sans aucune
strie. Il était entouré d’une écorce roussâtre ou grisâtre, et
d’aspect terreux, divisée en couches concentriques, et qui avait
environ deux pouces d’épaisseur. La décomposition n’avait pas
fait sentir plus avant son action sur la masse basaltique ; mais il
n’en était pas de même sur les grains d’olivine qui y étaient
renfermés. Ceux qui avaient été dans l’écorce altérée n’existaient
plus, leur emplacement était vide ; ceux qui étaient immédiatement
au-dessous de l’écorce , se trouvaient désagrégés
et décolorés; cette désagrégation et cette décoloration s’avançaient
vers le centre, en diminuant cependant, et elles s’arrêtaient
entièrement à deux ou trois pouces de ce point ; de sorte
que, dans la partie centrale, l’olivine conservait toute sa fraîcheur
et toute sa solidité. La décomposition n’avait pénétré ici
en aucune manière ; dans la partie au-dessus, elle avait exercé
son action sur l’olivine seulement; enfin, dans la couche extérieure,
elle avait désagrégé le basalte et détruit l’olivine. Il était
évident, au moins à mes yeux, qu’elle devait finir par décomposer
et détruire toute la boule, et que l’écorce avait été autrefois
comme était maintenant l’intérieur , sans aucune division
à couches concentriques.
Si je ne puis voir dans ces boules de basalte et dans leurs
couches superficielles un effet de la formation primitive, je n’en
dirai pas de même de la structure à pièces grenues distinctes.
Quelques prismes basaltiques de l’Auvergne me l’ont montrée
d’une manière très-remarquable : leur cassure présentait un assemblage
de globules mal formés, ayant' quelques lignes et
dans des endroits jusqu’à un pouce de diamètre. La décomposition,
en attaquant le basalte, lui avait donné un aspect sale et
grisâtre, elle avait presque entièrement rompu l’adhérence entre
les globules, la moindre percussion les détachait les uns des
autres, et le sol environnant en était couvert. Us se divisaient
tantôt en couches concentriques, tantôt en globules plus petites,
qui, à leur tour, présentaient quelquefois une division pareille
: la décomposition avait bien fait ressorti] cette structure,
mais elle ne l’avait pas fait naître. Peut-être laut-il en chercher
la cause dans quelque circonstance d i refroidissement,
analogue à celle que rapporte M. Watt, lorsqu’en observant
une grande quantité de matière basaltique qu’il venait,
de fondre et qu’il laissait refroidir, il dit que la tendance à
Pièces grenues.