
fleuve, sur-tout de ceux qui coulent dans les
plaines, sur les rives ou dans le lit duquel on
n’ait trouvé des os d’éléphants et d’autres animaux
étrangers au climat mêlés avec des coquilles
marines. Les régions élevées en manquent, tandis
que les pentes inférieures et les grandes plaines
limoneuses ou sablonneuses en fournissent partout
, aux endroits où elles sont rongees par les
rivières et les ruisseaux ; ce qui prouvé qu on n y
en trouverait pas moins dans le reste de leur
étendue, si on avait les moyens d’y creuser. Dans
la mer glaciale, les îles abondent en pareils ossements;
au bord de l’embouchure de la Léna, les
îles Liaikof en sont en grande partie formées ; ce
sont des amas de sable et d’ossements d’éléphants,
de rhinocéros, de buffles, etc. On les
retrouve , plus au nord encore , sur la côte de la
Nouvelle-Sibérie, contrée qui tient peut-etre au
continent américain ; ils y sont au milieu d une
couche de sable, d’argile et de bois fossiles (i).
Les pays de l’Amérique qui ont été parcourus
par les naturalistes, ont également offert des vestiges
et des squelettes d’animaux, dont quelques-
uns sont très-remarquables, ainsi que nous le verrons
bientôt.
Les ossements fossiles sont en general dis-
(i) Malte-Brun , Précis de la géographie universelle, tom. III,
pag. 367 et 3g5.
persés, et ce n’est que dans un petit nombre
de lieux qu’on a trouvé des squelettes entiers ,
comme dans une sorte de sépulcre de sable , dit
M. Cuvier.
Souvent ils sont fracturés, mais quelquefois
aussi on les trouve tout entiers, conservant leurs
arêtes, leurs apophyses et autres parties délicates
; preuve manifeste qu’ils n’ont point ete
roulés. Quelques-uns même, quoique rarement,
tiennent encore à des lambeaux de chair et autres
parties molles ; on a même trouvé des cadavres
entiers. Quant à leur nature, ces os sont
peu altérés, et il en est très-peu assez imprégnés
de sucs lapidifiques pour pouvoir être regardés
comme pétrifiés.
Mais ce qui est remarquable, c’est qu’on les
trouve souvent dans ou sous des couches contenant
des corps marins, coquilles , glossopetres et
autres ; ce qui indique que la mer a recouvert
les terrains qui les contiennent.
S 351. Relativement aux espèces d’animaux auxquels ils appartiennent,
nousavonsàdistinguerdeuxsortes de terrains de transport
: ceux qui se forment journellement sous nos yeux, ou que
tout indique avoir été formés d’une manière analogue par des
alluvions de la mer actuelle et de nos fleuves j en un mot, ceux
qui sont postérieurs à la dernière révolution qu a éprouvée le
globe , et ceux qui sont antérieurs à cette même époque.
Les premiers doivent renfermer les débris des animaux qui
vivent et meurent continuellement à la surface de nos contin
en ts : ils ne sauraient présenter rien de remarquable. Mais
Espèces.