
pierre calcaire qui exhale une odeur très-fétide
lorsqu’on la frotte , ce qui lui a fait donner le
nom de pierre puante, ou de pierre de porc (stink-
stein )(i). Elle est d’un brun noirâtre ; ordinairement
elle est divisée en plaques minces et planes
, qui lui donnent quelquefois un aspect schisteux
; d’autres fois, elle est compacte , et sa cassure
est alors un peu grenue. Exposée à l’a ir ,
elle s’y décolore et s’y délite aisément.
Elle forme une assise dont l’épaisseur varie depuis
un jusqu’à trente mètres. Dans certaines parties
, sa masse devient argileuse et presque sans
consistance : dans cet état, elle renferme une
quantité plus ou moins considérable de morceaux
de calcaire fétide, compacte et dur, tantôt
de forme prismatique , tantôt semblables à des
disques, ayant au plus huit pouces de long ou
de large, et un pouce ou un pouce et demi d’épaisseur
; mais toujours anguleux et à arêtes vives ;
ils sont placés dans toutes sortes de directions :
on croirait voir une brèche des mieux caractérisées
; mais M. Freiesleben observe que tout porte 1
(1) Cette odeur est semblable à celle de l’hydrogène sulfuré.
M. John s’est occupé de la recherche du principe fétide : il a analysé
un grand nombre de pierres puantes et de marbres noirs , et
il a trouvé dans tous un peu de carbone et de soufre. Il a donné
à cette pierre le nom de lucullane ; Lucullus avait introduit à
Rome l’usage des marbres noirs, et on les y appelait en conséquence
lucullei marmores.
à croire que ces morceaux de calcaire ne sont
point des fragments de roches préexistantes, quoiqu’ils
en aient l ’aspect jf et qu’ils auront été formés,
au milieu de la masse qui les enveloppe, par
un rapprochement et une reunion de molécules
calcaires : ils sont presque entièrement composés
de carbonate de chaux, tandis que la masse environnante
et friable est de l’argile ils doivent
leur origine au départ des deux matières.
Quelquefois la désagrégation est complète , et
la couche présente, principalement dans ses parties
inférieures, une substance absolument semblable
à de la cendre , et qui porte effectivement
ce nom ( asche ) dans le pays. Lorsqu elle est
mouillée , elle a un peu de consistance ; mais des
quelle est sèche, la plus légère pression suffit
pour la réduire en une poussière extrêmement
fine , de couleur grise , et dont les molécules sont
des lamelles cristallines : quand elles acquièrent
plus de volume, elles forment un sable rude au
toucher, dont les grains, vus à la loupe, sont cristallins
; enfin , si ces grains ou parcelles adhèrent
ensemble , ce qui arrive quelquefois, il en résulte
une vraie pierre calcaire. Au milieu de la matière
pulvérulente, on trouve encore des parties de
calcaire dur, comme dans la masse friable ; et
M. Freiesleben, remarquant de nouveau qu ils
sont un effet de la formation primitive , cite à ce
sujet un fait intéressant : il a observé , dans une