
chytes, paraît être dans le même cas; la séparation
entre les deux roches est même mieux prononcée
: on dirait qu’elles se repoussent, suivant
l’expression de M. de Humboldt. J ’ai vu des basaltes
superposés au trachyte , liés même avec
lui, car ils me paraissent avoir pris naissance
dans sa masse , et s’être ensuite répandus en
courants sur sa superficie ; mais je n’en ai point
observé de positivement intercalés. MM. de
Buch, Weiss et Beudant, ont fait la même observation
en Auvergne ; cependant M. Bamond
admet dans le Mont-Dore l’alternative entre les
deux roches, et il les regarde comme des productions
d’une même époque (i).
MM. de Humboldt et Beudant ayant fait en
Amérique et en Hongrie des observations sür des
terrains plus variés, ont été à même d’y reconnaître
des parties distinctes et de différents âges,
ainsi que nous le verrons dans un instant.
§ 365. Nous avons encore trop peu de données
pourpouvoir indiquer l’âge du terrain de trachyte,
par rapport aux autres formations minérales. La
majeure partie de ceux qu’on a observés , ne sont
point recouverts, ou ne le sont qu’a leur pied,
ou dans quelques parties, par des terrains très-
nouveaux. C’est ainsi que MM. Brongniart et
Le Coq ont vu le pied du Cantal et quelques autre s
( i ) Mémo ires de V Institut, 18 1 5 .
parties du trachyte de l’Auvergne sous un calcaire
d’eau douce analogue à celui de Paris ;
que M. Beudant a trouvé le pied du terrain tra-
chytique de Hongrie recouvert par le calcaire
à cérites parisien ; que M. de Humboldt a vu sur
quelques trachytes de l’Amérique des couches
de calcaire compacte, de gypse et même de grès.
En Auvergne, le trachyte repose sur le granité
et le grès, ôu du moins il en est entouré sans intermédiaire.
En Hongrie , il est le plus souvent
sur le porphyre siénitique (§ 19 6 ) ; mais
il s’étend aussi sur d’autres terrains, et en particulier
sur du calcaire alpin, lequel est ainsi de
formation antérieure. Cette observation, et ce
qui a ete dit sur la nature des substances qui le
recouvrent dans quelques parties , me portent à
croire qu’il est d’une formation fort récente.
Cependant M. de Humboldt, le voyant très-souvent,
en Amérique comme en Hongrie, superposé
au porphyre siénitique, et en quelque sorte
lie avec lu i, tant par sa nature que par sa position
, le rapproche beaucoup de ce porphyre ,
qu’il place , ainsi qu’on l’a vu ( § 248 ) , dans les
terrains in termédiaires.
§ 366. Je tons un coup-d’oeil sur les localités où
l’on a observé le trachyte en grandes masses.
En Auvergne, il constitue le fameux Puy-de-
Dôme, montagne isolée d’environ cinq cents mètres
de haut au-dessus du plateau granitique qui
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