
Grandes
masses sa-
lifères.
blement le cas de quelques très-grandes masses
gypseuses que l’on voit dans le pays de Salzbourg,
et qui y paraissent postérieures au calcaire alpin.
On trouve , dans quelques-uns de ces amas , un
gypse pulvérulent ( gypserde ) semblable à une farine
d’une blancheur parfaite, et que tout indique
avoir été formé dans cet état.
§ 31 1 . Passons au sel gemme , et faisons connaître
quelques-unes des grandes masses salifères
dont la nature et le gissement ont été l’objet de
l’examen des géognostes.
Le plus grand des dépôts de sel que nous connaissions,
est celui qui se trouve au pied des
Monts-Crapacs, et qui, sous forme d’une grande
bande , traverse la Pologne et la Transilvanie | il
occupe, dans ce dernier pays, d’après Fichtel ,
une étendue d’environ deux cents lieues de long
sur quarante de large ; son épaisseur est quelquefois
de plus de deux cents mètres. C’est à son extrémité
occidentale qu’on exploite les célèbres
mines de Wieliczka et de Bochnia , près de Cra-
covie.
Il consiste en argile et en gypse contenant des
masses ou amas aplatis de sel. A Wieliczka, on
en a trois placés les uns sur les autres : ils sont
traversés et divisés par des masses et veines d’argile
: les deux premiers ont soixante mètres d’épaisseur,
et le troisième en a quatre-vingt-dix.
On a poussé sur ce dernier , dans le sens de la
direction des couches, des galeries qui ont près
de trois mille mètres, etquinze cen ts dans une direction
perpendiculaire ; l’on y a atteint une piofon-
deur de trois cent douze métrés. Le meme etage
présente deux cent trente excavations ou chambres
d’exploitation ; une d’elles a, dit-on, soixante
mètres de large , et plus de cent de hauteur. A
mesure qu’on s’enfonce le sel est plus pu r, il est
moins mélangé de veines et rognons d argile et
de gypse. Au-dessus de ces trois amas , ou plutôt
de ces trois étages d’amas, on a un grès mêlé
d’argile et d’oxide de fer (i). Ce dépôt renferme
des coquilles marines | même dans les masses de
sel; on y trouve des ammonites, des madrépores ;
M. Beudant en a retiré des bivalves qui lui ont
paru appartenir au genre telline , ainsi que beaucoup
de petites univalves microscopiques. Les bois
fossiles y sont encore très-abondants : on trouve,
dans le sel même , des troncs, des branches , des «
fruits plus ou moins bituminisés , et quelquefois
passés à l’état de jayet. M. Beudant pense que la
formation saline est recouverte par un grès qui
forme les montagnes voisines , et qu il rapporte
au grès avec argile. L’examen des localités et des
fossiles le porte en outre à conclure qu elle est
•'postérieure au calcaire alpin, et qu’elle ne saurait
être regardée comme lui étant subordonnée (2). 1
(1) Journal des Mines , tom. X X I I I , psg- 280 281.
(2) Bulletin de la. société phylomatique. Mai 1819.