
Notice
historique.
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ARTICLE SECOND.
DU GNEIS.
GneiS des Allemands et des Anglais.
Gneis et granité veiné de Saussure.
§ i 63. Le gneis n’étant d’aucun usage particulier,
et ne servant guère que dans la bâtisse des
édifices que l’on construit dans les lieux où il
constitue le sol, ne paraît pas avoir attiré d’une
manière particulière l’attention des minéralogistes
anciens, ni même celle des modernes ,
qui jusqu’à ces derniers tems ne l’ont regardé
que comme une variété de granité , ou comme
une sorte de schiste.
Le nom qu’il porte aujourd’hui n’a d’abord été
qu’un terme technique , par lequel les mineurs
de Freyberg désignaient la roche adjacente à
leurs filons , lorsqu’elle était altérée et d’une
apparence stéatiteuse et verdâtre , quelle que
fût d’ailleurs sa nature ; granité , porphyre ,
schiste-micacé , etc., ou véritable gneis. Dans la
suite , on a étendu l’acception du mot , et on
l’a donné à toute la roche qui compose le sol des
environs de Freyberg. Par un passage de la
Pyritologie de Henkel (i) , on voit que du tems
de ce métallurgiste , en 1725 , on désignait, à
(1) Page 347 de la traduction,française.
Freyberg , sous le nom de gneiss, ou kneiss, ou
kneus, une roche plus dure et plus noire que le
schiste ordinaire : c’était vraisemblablement un
gneis très-chargé de quartz et de mica.
Ferber paraît être le premier minéralogiste
qui ait employé ce mot dans une acception générale
; il le donne à une roche composée de quartz,
de mica, et d’une argile durcie blanchâtre qu’il
rapporte à l ’argile désignée par Cronstedt sous
l’expression de terra porcellanea phlogisto aliis-
queheterogeneis, minirnâportione, mixta : c’est le
feldspath décomposé dont Ferber a certainement
voulu parler (1). En 1775, Werner, dans le premier
cours de géognosie qu’il fit à Freyberg ,
détermina la composition du gneis ; il mit, au
nombre de ses principes intégrants, le feldspath,
qui avait jusqu’alors échappé aux minéralogistes,
quoiqu’il fût la partie dominante de la plupart
de ces roches, notamment du gneis de Freyberg ,
que l’on avait en quelque sorte pris pour le type
de l’espèce. Charpentier , dans sa Géographie
minéralogique de la Saxe, publiée en 1778, voulut
concilier l’ancienne et la nouvelle détermination :
« Le gneis , dit-il, consiste en quartz, mica et
» feldspath, auquel se joint le plus souvent une
« plus ou moins grande quantité d’argile, de 1
(1) Ferber, Bejriroege zuder mîneral-gesehichle vonBoelimen ,
page 2 3 . 1774. _